‹ Contribution à l'étude des brûlures électriquesChapitre 13 sur 27 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

Maury; — Revue de Chirurgie, 1900, :

Le nommé L. V., âgé de 43 ans, est amené à l’hôpital Bichat le 20 septembre 1899, porteur de brûlures assez étendues. , |

Le 20 septembre 1899, notre malade venait d'arrêter une dynamo Marcel Deprez (à haute tension), il profitait de cet arrêt pour resserrer à la main un boulon de contact au tableau, ce boulon était en connexion avec le pôle positif de la machine. Le pôle négatif de la ligne en activité était à proximité et se trouvait réuni électriquement avec le pôle négatif de la dynamo arrêtée. Un mouvement involontaire amena le frôlement de la main gauche sur la barre négative, la main droite serrant le boulon positif. L'homme reçoit ainsi toute la tension de 2.800 volts courant continu, à travers l'anneau de la machine arrêtée, c’est-à-dire à peu près un court circuit. Il tomba à terre sans connaissance et ses vêtements prirent feu. Il était vêtu d’une chemise de coton flottante et d’un maillot de laine.Ses camarades purent le secourir assez rapidement, on éteignit d’abord l'incendie des vêtements en appliquant des paquets de chiffons sur son

corps, puis on le transporta dans une pièce voisine où il revint à lui spontanément au bout de quelques minutes. Après un pansement sommaire on l'amena à l'hôpital où il fut admis d'urgence,

11 présente sur la‘ face ‘dorsale de J'annulaire et du petit doigt gauche, au niveau du pli articulaire phalangophalangien, deux petites brûlures de la dimension d’une pièce de 50 centiméschacune, taillées comme à l'emportepièce et paraissant constituées par la destruction absolue de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané de cette région

En outre toute la peau de la main et celle de l’avantbras gauche présentent une brûlure uniforme au 2° degré qui occupe toute la région jusqu'au coude. Toute la face antérieure de la poitrine présente le même aspect , à la partie interne du tronc ; au-dessous de l’aisselle droite il existe une vaste brûlure au 3° degré d'une surface environ deux fois plus considérable que la paume de la main ; cette brûlure empiète un peu sur le face postérieure du tronc. Le bras droit porte également sur sa face interne, une vaste brûlure au 2° degré également s'étendant depuis l’aisselle jusqu'à deux travers de doigt au-dessus de l’épitrochlée, et occupant les deux tiers de la surface du bras. Le reste du membre inférieur droit jusqu'aux doigts est uniformément brûlé au 2° degré sur toute sa surface.

Le malade est dans un état de prostration assez accentuée, il répond d’une façon incohérènte aux questions qui lui sont posées ; température : 375.

Pansement à la vaseline iodoformée, enveloppement ouaté, repos au lit.

FR OPENEL NE

= ie

Le-malade se: plaint de douleurs vives au niveau de la région axillaire droite. o Pendant {15 jours environ, le malade reste ns le même état de trouble ST ; tantôt il est complètement affaissé , tantôt, au contraire, il présente un délire et une agitation marqués ; il se lève de son lit sans raison, va tenir à ses voisins des propos incohérents et ne peut donner sur lui-même aucun renseignement. Son délire n'est pas systématisé, il ne présente pas d'hallucinations de l'ouïe ni de la vue, son état représente plutôt un certain degré de confusion mental qui tend à se dissiper de jour en jour. Pas de fièvre, le malade se laisse alimenter et panser sans difficulté.

Le blessé est un ouvrier électricien exercé, il est chargé, dans une usine très importante de force motrice et d'éclairage, de la manœuvre du tableau de distribution.

IL est à remarquer que la seule brûlure électrique que présente ce malade siège précisément à l'endroit où sa main gauche vint frôler le conducteur métallique, un petit lambeau de peau demeura attaché à la barre de cuivre, paraît-il ; la main droite qui formait un bon contact avec l'autre conducteur ne fut pas brûlée, parce que des deux contacts c’est le plus résistant ou le plus mauvais qui provoqua le dégagement de chaleur. Îlest enfin probable qu'un arc électrique jaillit en même temps au niveau des doigts de la main gauche,.et que cet arc électrique détermina:l'incendie des vêtements.

Le blessé affirme ne pas avoir ressenti de douleur au niveau de la main gauche, tandis qu'il aurait souffert cruellement au niveau du côté droit. du tronc et de-la

face interne du bras droit où siègent les brûlures du 2e degré.

Il quitte l'hôpital le 10 novembre et revient se faire penser 2 fois par semaine. Les plaies électriques des deux derniers doigts de la main gauche sont parfaitement cicatrisées. Les autres sont en bonne voie de cicatrisation. La parésie et l’atrophie des avant-bras n'ont aucune tendance à diminuer (10 décembre).

OBSERVATION IT (/nédite) Brülures électriques légères (Maucrarre).

En mars 1901, deux ouvriers employés aux fils téléphoniques et télégraphiques dans les égouts tombèrent sur des fils électriques d'où partaient des étincelles. Tous deux furent conduit à l'Hôtel-Dieu salle St-Landry.

Le premier malade ne présenta que des lésions oculaires, légères conjonctivites et kératites qui guérirent au bout d’une huitaine de jours, sans lésions des membranes profondes de l'œil.

Le deuxième malade avait surtout des lésions de la main droite ayant pris un des fils à pleine main, Au niveau du pli palmaire métacarpien médian et sur la face antérieure des deuxièmes phalanges il y avait une plaie fissuraire transversale, à bords desséchés, cornés, toute la peau de la face palmaire était parcheminée, grisâtre, ratatinée : Les doigts paraissaient effilés.

Pas de troubles moteurs, la sensibilité tactile était légèrement diminuée.

Pansement à la vaseline. Guérison au bout de 8 jours.

OBSERVATION HI (/nédite)

Brûlures électriques graves de la main. — Névrite (D' Maüczaire),

M. X... électricien, entre le 30 janvier 1905 à l'Hôtel- Dieu, salle St-Landry, lit n° 24, dans le service de M. le professeur Le Dentu pour des brûlures électriques de la main. + ae

Le blessé est employé au métropolitain, Le 22 décembre dernier, il faisait des réparations dans une motrice au moyen d'une pince qu'il tenait dans sa main gauche et serrait un fil conducteur de 9/10 dans lequel fut lancé un courant de 600 volts, La main se crispa sur la pince qu’il ne peut lâcher et elle demeura en contact pendant une minute environ. Le blessé perdit connaissance et lorsqu'il repris ses sens, il fut transporté à l'hôpital St- Antoine , les pansements furent faits régulièrement mais sans améliorations, Pendant 15 jours le malade a eu des élancements douloureux dans la main.

Aujourd'hui on voit au niveau de la face dorsale de la 2e et 3 phalange de l'index une plaie atone irrégulière. La peau est terne, parcheminée et l'ongle exubérant. L’exploration au stylet montre que l'os est à nu.

Sur l'annulaire existe une plaie au niveau du premier pli palmaire à l'anneau de la 1" et de la 2° phalange. Ce doigt est effilé et la peau parcheminée est collée sur la 2° phalange.

Page 1