‹ Contribution à l'Étude des Brûlures électriques: Leurs ComplicationsChapitre 19 sur 23 · PAT TT · texte numérisé non relu

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cependant l'ictère se rattache indubitablement à l'accident par une assez longue période de malaises suivis, il faudrait admettre que les brülures électriques légères peuvent s'accompagner ou être l'occasion de troubles auto-toxiques suffisants pour influencer la fonction hépatique.

Notons encore en passant, dans un ordre d'idées différent, la congestion des bases apparue chez le blessé de notre observation IF, disparue ensuite et réapparue le septième jour, congestion qu'on peut très bien attribuer à une action réflexe, mais très bien aussi à une action toxique.

Pour en terminer avec ces complications secondaires, nous allons dire quelques mots des névrites et de certains lroubles nerveux secondaires, d'origine centrale.

Quand nous avons étudié les douleurs en tant que symptômes de la brûlure électrique en évolution, nous nous sommes demandé si elles ne devaient pas être rattachées à des lésions névriliques immédiates résultant de l'action du courant sur les nerfs sensitifs. Et, comme telles, nous les envisagions, ainsi que les névrites qui pouvaient leur donner naissance, comme des complications primitives de la brûlure électrique. IF serait plus exact de dire que la névrite semble s'installer immédiatement, ou tout au moins très vite après la brülure, et, qu'à ce stade, elle ne se manifeste encore que par de la douleur. Mais plus tard, au fur et à mesure que les lésions se constituent par suite de l'évolution anatomo-pathologique, apparaissent alors, en même temps que les dou-

leurs persistantes : le refroidissement, les troubles trophi-

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ques de la peau, des muscles et des os, en un mot, tout le cortège des troubles qui accompagnent en général les névrites.

Et c'est pourquoi la névrite, lésion de début, ne manifeste franchement son existence que beaucoup plus tard, et comme telle prend place dans les complications secondaires, voire même dans les complications tertiaires.

Dans l’obs. XI d'Oliveira Néry, le blessé, dès le premier jour, souffrait au niveau du poignet, légèrement au-dessus de la brûlure ; huit jours après, le coude et le bras étaient douloureux. Cayla (obs. VIT : Mauclaire), cite le cas d'un ouvrier brûlé à la main : pas de douleurs spontanées, mais des fourmillements qui persistent une quinzaine de Jours. Quarante jours après la brülure, les doigts élaient effilés, atrophiés, de même que l'avant-bras et le bras correspondants. Zones d'hypo et d'hyperesthésie. Nerf médian douloureux à la pression sur tout son trajet, de même que le nerf cubital et le plexus brachial. Refroidissement de la main. Quatre mois après, la pression sur ces points était toujours douloureuse et l'atrophie persistail.

Nous reviendrons sur ces dernières lésions dans le chapitre suivant, car ce sont souvent là des lésions définilives qui rentrent dans le cadre des complications terliaires.

A côté de ces phénomènes de névrite, signalons enfin la fréquence de certains troubles nerveux d'erigine cenlrale (convulsions, vertiges, tremblemeut, paralysies passagères) analogues à ceux que nous avons signalés dans les complications primaires ; troubles relevant des mêmes mécanismes, mais apparaissant seulement les Jours suivant l'accident,

À titre d'exemple, nous pouvons rapporter l'observation de M. Vibert où des accès de vertige et de tremblement, ayant persisté de deux à trois mois, sont apparus peu après l'accident.

Enfin, d'une façon à peu près constante, lorsqu'on interroge des sujets avant été atteints de brülures même légères, ils sont tous unanimes pour dire que l’état de grande lassitude, d'asthénie, dans lequel ils se sont trouvés à la suite de leur accident, fut presque toujours le plus gros obstacle à la reprise de leur travail et que cet état s'est constitué dans les jours qui suivirent.

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