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thoracique. L'hémithorax droit eët fortement rétracté, surtout à sa partie moyenne; les espaces intercostaux sont réduits, le sternum projeté en avant et dévié sur la droite: une notable dépression se creuse sous la clavicule; le rachis présente une forte scoliose dorsale à convexité droite.
L’ampliation respiratoire est presque nulle de ce même côté droit, ainsi qu’en témoignent d’ailleurs les mensurations comparatives des deux hémithorax. À la per-
cussion, toute la partie moyenne de la région postérieure
du poumon droit est mate et, dans cette même zone, on note une abolition des vibrations vocales et une obscurité respiratoire complète. En avant, respiration légèrement rude aux deux sommets.
Cet ensemble de constatations fait conclure à l’existence d’une symphyse pleurale droite totale et nous nous enquérons auprès de la malade de l’éventualité d’un épisode pleural de ce même côté. Voici ce qu’elle nous raconte.
En raison de douleurs lombaires attribuées, dit-elle, à un rein, flottant droit, M°° R..... subit, le 19 mars 1925, une intervention sur la région lombaire droite. Le chirurgien se trouve en présence d’un très volumineux liporne para-rénal qui émet quelques prolongements dans le thorax à travers les insertions postérieures du diaphragme; l’extirpation complète dudit liporne ne peut donc être. pratiquée qu’au prix d’une effraction ouvrant le cul de sac pleural.
Les jours suivants se constitue un hémothorax qui devient. assez abondant pour que soient nécessaires deux ponctions évacuatrices pratiquées les 2 et 4 avril. Le liquide retiré a l’aspect du sang pur; son examen bactériologique reste négatif; sa production a été accompagnée d’une poussée thermique de peu de durée, mais nulle
transformation purulente ne s’est produite. Une réaction exsudative pleurale fait suite à cet hémothorax et nécessite, à son tour plusieurs ponctions, lesquelles ramènent un liquide de moins en moins hémorragique, se rapprochant du type séro-fibrineux. Dès le mois de Juin, alors que, sans doute, en raison de la persistance de la matité, d’autres ponctions exploratrices sont pratiquées, celles-ci ne ramènent plus de liquide, tout exsudat semble dès lors disparu.
À partir d’août 1925, soit cinq mois environ après l’intervention, la malade dont l’état général est redevenu normal s'aperçoit que son thorax se déforme graduellement. Une légère scoliose dorsale qu’elle présentait depuis l’enfance s’est accentuée rapidement et la malade doit recourir à des artifices pour dissimuler son asymétrie thoracique. Néanmoins, malgré la persistance de points douloureux de l’hémithorax atteint, elle peut reprendre ses occupations en septembre 1926.
Voici donc expliquée, par l’histoire précédente, la rétraction symphysaire que présente notre malade. Averti par nos observations antérieures, nous émettons l’idée que pareille symphyse suite d’un hémothorax traumatique, celui-là d’ordre chirurgical, peut se doubler de la présence de calcifications pleurales; et, dans le but de vérifier cette présomption, nous faisons aussitôt radiographier la malade.
Sur le film obtenu, on voit immédiatement qu'il existe en effet, dans l’hémithorax droit, modifié dans sa configuration par la scoliose évidente cliniquement une zone opaque, allongée en fuseau, une plaque en forme d’os de seiche, à grand axe presque vertical, à peu près parallèle à celui du rachis dévié, collé à la paroi postérieure du thorax, s’étendant de la quatrième à la neu-
vième côte, se projetant sur une longueur d’environ 14