‹ Contribution à l'étude des Calculs AmygdaliensChapitre 11 sur 21 · UD · texte numérisé non relu

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chroniques et les calculs amygdaliens sont fréquents chez les goutteux et les rhumatisants. Quoiqu'il en soit, essentielle ou secondaire, l’hyperthrophie des amygdales est pour nous une cause prédisposante sérieuse à la formation des calculs.

Comme nous l’avons établi plus haut, cette affection a pour résultat d’abord de modifier la qualité et la quantité du produit des glandes acineuses. En second lieu, par suite de l'inflammation chronique et de l'hypertrophie de toute la glande, les lacunes augmentent de volume, leur paroi s’indure et tend à ne plus s’affaisser sur elle-même.

Sous ces influences, les sécrétions des glandes acineuses s’'échappant difficilement et séjournant de plus dans une cavité agrandie qui se prête merveilleusement à leur stagnation, ne tarderont pas à subir une transformation qualitative.

De temps à autre cependant, l'orifice des cryptes laissera échapper une partie ou la totalité de leur contenu. Mais ces dernières se trouvant agrandies et la sécrétion acineuse toujours exagérée, le même état réapparaïtra fatalement. Des produits de sécrétion, des leucocytes, des débris épithéliaux constitueront ces masses caséeuses à l’origine, ou bien formeront de véritables abcès enkystés tels qu’en a décrit M. Peyrissac dans son travail inaugural (thèse de Bordeaux, 1893). Quelquefois aussi ces derniers serviront de noyau à nos futurs calculs qui pour arriver à leur état véritable ont besoin d’abord de la transformation du contenu des cryptes, en second lieu de l’arrivée de matériaux venus d’ailleurs.

Nous nous permettrons de citer en premier lieu la salive parce que, étant donnée l'identité des calculs salivaires et amygdaliens, nous croyons qu’il est logique d’attribuer aux derniers une origine semblable. Aussi, nous basant sur le contact de la salive avec les amygdales, nous ferons jouer un

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rôle important aux produits de sécrétions buccales dans la pathogénie des calculs amygdaliens.

D'après les auteurs en effet, ces derniers, comme les calculs salivaires, sont formés aux dépens des mêmes éléments minéraux et organiques de la salive, bien que ce liquide soit pauvre en sels, car si l’on compare la composition des calculs à celle de la salive, on y trouve les mêmes éléments, mais en proportions différentes. Quant à la cause qui amène ce dépôt de sécrétions salivaires, elle est assez difficile à indiquer, et des opinions diverses ont été émises à son sujet.

Faut-il mettre en cause une lésion du tissu glandulaire ou des conduits excréteurs, ou une altération de la salive ellemême ? Cette dernière hypothèse nous semble justifiée par certaines lois chimiques. En effet, la salive est formée par deux sortes de principes : des principes minéraux empruntés au sang et des principes organiques coagulables, formés aux dépens du tissu glandulaire lui-même et désignés sous le nom de ptyaline. Tous ces éléments sont dissous normalement les uns par les autres. Les uns sont dissous dans l’eau, les autres tels que les sels de chaux sont fixés aux substances coagulables. Or, sous certaines influences et par exemple la stagnation existant dans les cryptes, la quantité des éléments minéraux venant à augmenter, l'excès se précipitera et pourra donner naissance à des calculs.

Inversement le véhicule venant à diminuer, le résultat sera identique; ainsi, une diminution dans la sécrétion de la ptyaline, comme cela se produit dans certains états morbides, pourra amener un dépôt de sels calcaires; de même une diminution de l’acide carbonique normal de la salive, aménera un précipité de carbonate de chaux.

Ainsi donc la salive, altérée, soit dans la cavité buccale et

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‘au contact de la crypte arrondie ou enflammée, soit comme nous allons le voir à la suite d’une action microbienne est pour nous une cause occasionnelle probable de la formation des calculs amygdaliens. Si nous nous reportons, en effet, aux travaux de Deschamps et de Gautier, sur cette question, nous apprendrons que le premier a signalé la présence dans le contenu des cryptes et dans les calculs de filaments de leptothrix buccalis assez nombreux. Quant à Gautier, il a publié un travail excellent sur les matières caséeuses des amygdales et il prétend que ces dernières, remplies de pus, de leptothrix buccalis et de micro-organismes de toutes sortes, ne sont qu'une phase de l’évolution des calculs.

Sans être aussi affirmatif que ce dernier, nous nous permettrons de reproduire la note suivante :

M. Milne-Edwards a publié à l’Académie des Sciences une note suivante de Galippe, 1893 :

« En avril 1886, j'ai publié sur le tartre, sur les calculs salivaires en particulier et sur les calculs en général, le résultat d'analyses microbiologiques complétées par des travaux ultérieurs, tendant à démontrer que les parasites obtenus dans ces concrétions n'y existent pas accidentellement, mais sont les agents de phénomènes chimiques ayant déterminé la précipitation des substances qui les constituent. Ces parasites conservent leur vitalité pendant plusieurs années; ils sont cultivables et isolables.

J'ai tenté de réaliser la synthèse microbienne du tartre et des calculs salivaires. Mon expérience commencée en décembre 1885 n’a pris fin qu’en janvier 1891. Au bout de ce temps, j'ai trouvé dans la salive normale saturée d'acide carbonique, un nombre considérable de concrétions calculeuses de densité variable.

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À l’aide de différents réactifs, j'ai pu établir que le squelette organique de ces calculs était constitué par un lacis très serré de micro-organismes ayant déterminé la précipitation des sels terreux.

Les micro-organismes ont conservé leur vitalité et peuvent être cultivés à nouveau au point de vue chimique. Ces calculs sont formés par des phosphates et des carbonates de chaux et de magnésie, comme ceux qui se forment spontanément dans l’économie.

On conçoit que l'accroissement de tels calculs puisse étre indéfini, si les éléments constituants se renouvellent d’une facon continue. »

Des parcelles de tartre ne pourraient-elles pas non plus se détacher des dents et aller se fixer daus les amygdales ? Ces dernières, par leur situation à l'isthme du gosier, dans une région où les matiéres séjournent si fréquemment retenues par les anfractuosités et les cavités multiples qu'on y rencontre, retiendraient facilement, c’est notre avis, les corps étrangers venus du dehors.

Ce quia été dit pour les calculs salivaires pourait bien aussi être appliqué aux calculs amygdaliens. Mais nous ne pouvons affirmer une opinion semblable qui, malgré tout ce qu'elle a de séduisant, demande des examens bactériologiques et nous avons le regret de ne pouvoir compléter notre étude par une de ces analyses. M. le professeur agrégé Auché avait bien voulu se charger de cette recherche, qui pour être complète aurait nécessité un temps trop long pour nous permettre de la publier ici.

Enfin nous admettons que les matières alimentaires, par les sels qu’elles contiennent, et par les divisions et les modifications qu’elles subissent par l'action mécanique etchimique de la mastication, peuvent aussi laisser au niveau des cryptes

amygdaliennes quelque débris destinés à servir de noyau au calcul ou collaborer à leur formation.

Ces corps étrangers n’ont pas besoin d’être durs comme une graine, un noyau, un morceau de bois etc., pour être le point de départ de ces calculs. Il suffit de la présence dans les cryptes amygdaliennes d’une simple matière caséeuse ou même de mucosités desséchées pour être le point de départ d'incrustations calcaires, se produisant à cet endroit, de même qu'elles se produisent dans les fosses nasales pour les rhinolithes. Nous savons en effet que ces productions nasales sont presque toujours liées à la présence d’un corps étranger, soit que celui-ci vienne du dehors, soit qu’il soit formé dans la cavité nasale elle-même. À

En résumé, nous émettrons cette opinion basée sur des nombreux travaux chimiques et sur l'identité de composition des calculs salivaires et amygdaliens, que ces derniers se produisent chez des sujets possédant de larges cryptes permettant facilement le dépôt de sels salivaires et de parcelles de corps étrangers.

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