‹ Contribution à l'étude des cancers Multiples du colonChapitre 11 sur 43 · OBSERVATION N° 4 (P' TAVERNIER · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° 4 (P' TAVERNIER

Cancer double de lanse sigmoïde, de tyres anatomiques différents : squirrhe et encéphaloïde .

« Je vous présente une pièce opératoire qui montre sur une anse ad un pelit Squirrhe atrophique à à sa partie supérieure et, à 5 ou 6 cm. au-dessous de lui, un énorme Cancer végétant, plus gros qu’une grosse orange, qui à envahi le Douglas et ae. est accolé etait

Cette pièce provient d’une femme âgée de 64 ans que j'ai opérée en septembre 1926. Elle souffrait, depuis trois ans, de’ diarrhée parfois sanglante, et de douleurs pelviennes. Un médecin de Châtel-Guyon venait de découvrir par rectoscopie une tumeur à 18 cm. de l’anus." Le toucher ne permettait pas d’atteindre Tulcération, mais montrait le petit bassin occupé par une

grosse masse fixée, si ronde et si solidaire de l'utérus, que je la.

pris pour un fibrome ou un kyste adhérent, et que je pensais le cancer intestinal masqué derrière la lésion génitale.

La laparotomie me montra, en effet, un petit squirrhe atrophique en étoile qui rétractait l’anse sigmoïde à sa partie adhérente à la fois à l’utérus et au rectum, et qui venait saïllir entre les deux viscères, montrant une surface bosselée et rouge violacée.

J'eus l'impression qu'il s'agissait d’une métastase ovarienne du cancer sigmoïdien, el je me dde à enlever, d’un seul bloc, l'intestin, la tumeur et l’utérus. Je terminai par la suture bout à bout extra-péritonéale des deux, bouts de l'intestin, suivant la technique du P' Tixier, suture draînée par le vagin, et au-dessus de laquelle ïe péritonisai le petit bassin.

Les suites opératoires furent très simples, marquées comme d'ordinaire par une fistule stercorale vaginale aui se ferma spontanément le 35° jour. ;

L'opérée m'a donné de ses nouvelles récemment, elle va parfaïîtement bien, plus d’un an et demi après son opération.

L'examen de la pièce me réservait une surprise : la tumeur pelvienne n’est pas ovarienne, c’est un énorme cancer encéphaloïde recto- sigmoïdien, bourgeonnant et ulcéré sur dix cms de hauteur et autant de largeur. Les deux ovaires sains sont d’ailleurs retrouvés entre la tumeur et l'utérus, cette tumeur bourgeonnante est séparée par un travers de main de la muqueuse saine du squirrhe atrophique situé au-dessus, Il semble rationnel

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d'admettre que la Lumeur inférieure résulte d'une greffe sur la muqueuse Sus-jacente — j'ai déjà vu de pareilles greffes dans les cancers du côlon — mais elles sont d’ordinaires petites. Ici, la tumeur’ qui paraît secondaire est infiniment plus volumineuse que la tumeur primitive, et surtout, elle est d’un type anatomique

- tout différent ; c’est ce qui fait la singularité de la pièce.

Au point de vue histologique, il s’agit d’un épithélioma glan-

dulaire typique » (P'. Tavernier).

F: OBSERVATION N° à (A. CHALIER), 1909.

Cancers multiples du segment iléo-cœcal, en ayant imposé à l’opé-

ration et même à l’autopsie pour une tuberculose sténosante et hypertrophique de l'intestin.

R... Joseph, 43 ans, tripier (Lyon), entre le 7 dinde 1907 pour des troubles digestifs.

Début de l'affection il y a 18 mois par de la perte de l'appétit, des douleurs dans le ventre, survenant par crises de 8 à 10 jours environ, et par des alternatives de constipation et de diarrhée. Les douleurs dont il se plaint sont localiséés, semble-t-il,

au niveau.de la région sous-hépatique. Au cours de ces cerises

douloureuses, il a labdorien météorisé, el perçoit de nombreux bruits de «- glou- -glou >» qui se produisent surtout das la F.I.D. E.P. : amaigrissement extrême, teint jaunâtre, perte. des forces. Le malade a renoncé à tout travail depuis 6 mois. Ventre plat, à peine douloureux, sans masse perceptible à la palpation,

TR. négatif. -

Le 920.XII: malade pris de. douleurs abdominales vives, accompagnées de vomissements alimentaires. Abdomen considérablement météorisé, les anses intestinales, distendues, sont visibles sur la paroi, sans mouvement pÉREAnE Obstruction intestinale qui céde à un lavement.

Après l'évacuation de l'intestin, on sent dans la FJD. une masse indurée, à contours mal précisés,

Passe dans le service du D° Bérard où l’on porte le diagnostic de rétrécissement tuberculeux Die PAbie de la région iléo- cœcale. Intervention le 9 janvier 1908 :

Laparotomie médiane sous- “ombilicale avec incision transversale du grand droit du côté droit, On trouve d’abord, à 10 cms du cœcum, un rétrécissement de la partie terminale du grêle, épaissie sur une longueur de 7 à 8 cm. Ce rétréciésement (rés Æserré: est encore perméable cependant, car avec le doïgt, on peut invaginer l'intestin à son intérieur, ce aui explique la circulation encore possible des matières. A lunion du cœcum avec le côlon ascendant, on trouve un nouveau rétrécissement, avec épaississement des parois intestinales et abondante lipomatose périphérique. :

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La nature tuberculeuse de ces lésions ne parait pas faire de doute macroscopiquement. En raison de l’état du malade, on pratique une anastomose latérale au bouton entre l’iléon (à 50 cm. de la valvule de Bauhin) et le milieu du Kane Suture complète de la paroi.

L'état général se conserve excellent jusau’en déc 1908 où l'appétit et les forces disparaissent progressivement ; douleurs abdominales et amaigrissement.

Seconde hospitalisation le 25 février 1909.

Abdomen très distendu, paroi dure, tendue, sillonnée de quelques veines dilatées. Palpation vrofonde imnossible.

L'aspect du malade, les renseignements fournis il y a un an par l'intervention et enfin le météorisme avec matité en damiers firent penser à une généralisation tuberculeuse entéro-péritonéale. |

Le malade mourut le 7 mars 1909, dans la cachexie.

A lautopsie faite le lendemain, la cavité péritonéale est pleine de pus et les anses grêles sont agglutinées entre elles.

Petite perforation irrégulière, déchiquetée, à. la» face jante rieure du côlon ascendant en pleine tumeur. Volumineuse adénopathie mésentérique.

L'ouverture de l'intestin : sur l’iléon à 10 em. de la terminaison, nodules sous-muaueux au nombre de 3 à 4.

—— au niveau du cœcum, rétrécissement très serré et ulcération de la valvule iléo-cœcale ;

— à l’union du cœcum et de l’ascendant, épaississement énorme et induration fibreuse des parois formant sténose assez étroite, avec des ulcérations au niveau de la muqueuse et des franges lipomateuses extérieurement ;

— au niveau du transverse, le bouton anastomotique était retenu à i ou 2 cm. de’ l’anastomose et comme enserré par une couronne de tissu lardacé et épaissi.

La boucle anastomotique, elle aussi, présentait ce même tissu scléreux et épais.

Dans l’ensemble, les lésions même après l’autopsie, faisaient penser à la tuberculose. L’attention fut cependant attirée par l'existence d’une adénopathie mésentérique très volumineuse et! de 2 taches de bougie au niveau du foie.

L'examen histologique (D: Alamartine), montra qu'il s’agis-

sait, dans les trois régions, d’un cancer colloide et nullement de tuberculose,

(OBSERVATION N° 6 (DECOULX ET PAToIR, 1946)

Cancer double de l'angle droit et du cœcum

M. J. 46 ans, douleurs abdominales depuis 10 mois ; douleurs en barre, épigastriques et du flanc droit, sans rapport avec les repas, parfois très vives et prenant depuis quelques semaines,

de type assez net de syndrome de Raene, alternatives de diarrhées et de constipation.

À beaucoup maigri (20 kgs), mais pèse encore 95 kgs.

Palpation : tumeur hépatique, dure, indolore, profonde, du volume d’une orange, assez mobile. La palpation de lan Est négative.

Radiographie : le lavement baryté s'arrête à quelques centimètres au-dessous de l’angle droit du côlon par une image lacunaire nettement néoplasique. Le repas baryté dessine une image sténosante au même niveau s’étendant sur une hauteur de 6 cm. Le cœcum est assez mal rempli, mais on n’y voit aucune image suspecte. :

L'intervention consiste dans un premier temps, le 7 janvier 1945, en une iléotransversostomie par voie médiane. Elle permet de palper une tumeur bien mobile, du volume du poing, sur le côlon droit, ne s’extériorisant pas.

Le second temps a lieu le 29 janvier, Laparotomie verticale droite longue. Hémicolectomie droite, sans aucune difficulté que l’adiposité des mésos et leur friabilité. Section du transverse. On s'aperçoit, pendant la dissection du côlon, qu’en plus de la fumeur de l’angle droit, il en existe une seconde plus petite, plus dure, cœcale, très mobile aui est enlevée sans difficulté. Péritonisation. Fermeture par une mèche,

Revu récemment, le malade est en excellent état, a repris son poids imposant et ne ressent aucun malaise digestif.

L'examen macroscopique de la pièce montre deux tumeurs nettement différentes d’aspect.

La tumeur colique est volumineuse, ulcéreuse sur une grande surface et couverte de bourgeons d'allure végétante. La lumière intestinale est peu rétrécie. La tumeur cœcale est plus petite, plus dure, fortement sténosante, La muaueuse semble adhérente à la sclérose des parois, mais non ulcérée. Les tuniques intestinales sont fortement infiltrées et rétractées. La lumière intestinale est presque complètement oblitérée.

L'examen histologique (D' Houcke), confirme celte dissemblance des deux tumeurs.

Fragment du côlon : prolifération épithéliomateuse du type cylindrique affectant la strueture glandulaire sous forme de végétations en tubes ramifiés ou ectasiés. Les cellules qui constituent

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