RP LEUR
tissu de cellules hépatiques à l’intérieur des vaisseaux portes, ce qui indique que l’adénome devient infectieux » (Dieulafoy). D’après Brissaud, la série des transformations pourrait même être plus complète: la cirrhose veineuse serait la cause de i’adénome et l’adénome se transformerait en carcinome, autrement dit cirrhose; adénome, carcinome seraient les anneaux successifs d’une même chaîne pathologique. Nous reviendrons sous peu là-dessus.
Pour Gilbert, l’association de l’adénome et du cancer doit être autrement interprétée: d’après lui, il ne saurait être question de transformation car cancer et adénome ne font qu’un: « L’adénome tel qu’il a été décrit par MM. Kebsch et Kiener et par M. Sabourin, écrit-il, ne constituant, selon nous, qu’une forme particulière de la carcinose hépatique, ne saurait subir la transformation cancéreuse )).
Pour Hanot, il en est de même : l’adénome est une variété d’épithéliome : c’est un épithéliome trabéculaire, ou adénocareinome, pour lequel il propose aussi les noms de & cylindrome, épithéliome tubulé ou épithéliome acineux ».
Quant aux relations de cet épithéliome avec la cirrhose, elles sont également très obscures. « Elles ont été, écrivent Hanot et Gilbert, différemment comprises par les auteurs. Lancereaux suppose que la cirrhose est la conséquence du développement dans le foie des nodosités néoplasiques ; Sabourin, par contre, place la cirrhose la première par ordre chronologique et considère l’adénome comme une complication de la cirrhose ou comme un accident au cours de la cirrhose. Nous ne pouvons accepter ni l’une ni l’autre de ces explications. Avec MM. Kelsch et Kiener, nous admettons le développement simultané de la cirrhose et de l’adénome; nous croyons que ces deux processus résultent de l’action du même agent irritatif sur le tissu conjonctif et
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sur l’épithéliome hépatique, et de même que la cirrhose peut évoluer seule, de même aussi, par exception sans doute, l’épithéliome trabéculaire peut se développer isolément ».
Rénou, Géraudel et Monier-Vinard ont repris cette question et sont arrivés à des conclusions analogues. Ils ont donné à cette lésion le nom d’hépatome, et la définissent ainsi: € Une tumeur à foyers originels multiples caractérisée par la prolifération exubérante des éléments du parenchyme hépatique suivant le type embryonnaire, avec tendance extensive locale, particulièrement -intravasculaire. Cette tumeur n’est ni un adénome ni un cancer ».