‹ Contribution à l'étude des cancers primitifs du foieChapitre 14 sur 17 · OX | HR · texte numérisé non relu

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contiennent jamais d’albumine, mais sont pauvres en urée, ce qui tient d’une part aux lésions du foie, d’autre part à l’inanition (Robin).

La fièvre est assez fréquente et peut atteindre le soir 39° où 39°5; elle revêt tantôt le type rénitent (Monneret), tantôt le type intermittent avec accès vespéral. Elle est due tantôt à la périhépatite, tantôt à l’hépatite vraie. Ces cancers fébriles sont à marche très rapide. Notre malade présentait le soir une température subfébrile, mais n’a jamais fait de grands accès.

La marche est rapide et progressive. La durée oscille entre un et six ou sept mois. Il est tout à fait exceptionnel qu’elle atteigne dix à douze mois. Le malade meurt en pleine cachexie rapide; souvent même, quand la généralisation est très rapide, la mort semble arriver par une sorte d’intoxication, avant la période de cachexie (Malfilâtre). La phlébite oblitérante n’est pas rare. Parfois aussi la mort survient comme chez notre malade au cours d’une affection intercurrente dont la gravité a été extrêmement accrue par la présence de la tumeur hépatique.

Enfin, on a signalé comme assez fréquente la mort, sinon tout à fait subite, du moins très rapide chez les malades porteur d’un cancer massif du foie. Cette mort rapide par syncope peut survenir par suite de la rupture de la veine cave inférieure, comprimée, déviée et distendue par la tumeur.

B. Cancer nopuLarRE. — Le début est identique à celui du cancer massif: mêmes troubles digestifs, mêmes douleurs peu intenses dans l’hypochondre droit, irradiées sur l’épaule. Il y a quelquefois de l’ictère si des nodosités viennent à comprimer les voies biliaires.

Le volume du ventre augmente assez vite. Le thorax

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s’évase à sa base droite. Le foie déborde les fausses côtes et on le sent, au palper, dur mais inégal, bosselé soit par de nombreuses nodosités de petit volume, soit par des tumeurs arrondies et volumineuses, Dure au début, la consistance de ces tumeurs s’amollit rapidement. Aussi ces nodosités sont-elles parfois très difficilement perçues, même par des cliniciens avertis.

À la période d'état, le tableau clinique diffère assez de celui du cancer massif. Contrairement à ce qui se passe pour celui-ci, l’ascite et l’ictère ne sont pas rares. L’ascite existe dans trois cinquièmes des cas et est parfois hémorragique. Elle est le plus souvent une conséquence de la péri hépatite, plus constante dans le cancer nodulaire que dans le cancer massif.

L'’ictère qui apparaît parfois dès le début, se montre dans un tiers des cas vers la fin de la maladie; quand les nodosités envahissent tout le foie, il se produit, comm: dans le cancer massif, de l’acholie de sécrétion et l’ictère disparaît bien que les selles soient toujours décolorées.

La douleur est très vive, beaucoup plus vive que dans le cancer massif, avec des paroxysmes atroces indiquant l’emploi de la morphine. L’estomac lui-même est douloureux lorsque la tumeur le comprime. Si le pylore est comprimé par une nodosité, ce qui arrive assez souvent, il y a des vomissements extrêmement abondants du type dit pylorique. Du reste, les vomissements sont beaucoup plus fréquents dans le cancer nodulaire que dans le cancer massif.

Dans la moitié des cas environ, on note une hypertrophie plus ou moins considérable de la rate.

Les urines sont rares, pauvres en urée, Des phénomènes de compression du rein droit ont été signalés.

Il est un symptôme qui, dans le cancer nodulaire, prend souvent une importance tout à fait jirépondérante: c’est

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la dyspnée due suivant les cas soit à un épanchement pleural, soit à une métastase pulmonaire, soit à une métastase abdominale, soit à une névrite du phrénique, soit à l’abondance de l’ascite, etc.

Comme dans le cancer massif, la fièvre existe souvent et est un indice de marche rapide. |

La durée du cancer nodulaire est de cinq à six mois. Chez les sujets jeunes, au-dessous de 40 ans, la marche est suraiguë et le malade est emporté en un ou deux mois. Chez les vieillards, la marche est beaucoup plus lente, la cachexie tend plus longtemps à se produire et la maladie peut durer de huit mois à un an.

Hanot et Gilbert, en outre de la forme que nous venons de décrire, ont distingué cinq formes plus rares du cancer nodulaire. Leur simple énumération suffit à les caractériser: ce sont les formes Jébrile, marastique, douloureuse, dyspeptique et ictérique.

Dans toutes les formes du cancer nodulaire, on trouve une anémie extrême confirmée par l'examen du sang. La dégénérescence cancéreuse des ganglions est fréquente. On a noté aussi le prurit, les érythèmes, l’urticaire, et, parfois, des accidents gangréneux des extrémités supérieures ou de la paroi abdominale.

C. CANCER AVEC CIRRHOSE, — L'aspect clinique de cette affection est des plus variés et le diagnostic est loin d’en être facile. Suivant que dominent les symptômes de la cirrhose ou ceux du cancer le diagnostic s’oriente vers l’une ou l’autre de ces deux maladies.

Le début se fait par des troubles digestifs comme dans les autres cancers hépatiques : anorexie, nausées, vomissements ; des douleurs dans l’hypochondre droit se font parfois sentir, le ventre se ballonne, il y a souvent des épis-

æ" 30 — taxis. L’ascite apparaît bientôt, parfois très abondante, en même temps que l’œdème des membres inférieurs. Les veines sous-cutanées abdominales sont dilatées, le purpura apparaît, le liquide ascitique est souvent hémorragique.

Le foie est parfois rétracté. Mais souvent il est hypertrophié et le palper permet de sentir à sa surface des bosselures. La rate est également hypertrophiée.

Les urines sont rares, colorées, contiennent des pigments biliaires et assez souvent de l’albumine.

L’ictère, intense ou faible, précoce ou tardif, est presque constant. Les selles sont peu décolorées. L'état général ne paraît pas très mauvais, il n’y a pas de température, la cachexie est relativement tardive, Les symptômes peuvent rester stationnaires longtemps.

Les généralisations de ce cancer sont très rares, siégeant surtout aux poumons ou aux organes voisins du foie; de même les ganglions lymphatiques ne sont presque jamais envahis.

La faiblesse survenue de bonne heure va en augmentant progressivement; l’amaigrissement est tardif, mais aboutit peu à peu à la cachexie. Vers la fin, la fièvre s’allume. La mort arrive souvent dans un coma qui dure deux ou trois jours. Parfois, elle se produit dans une syncope à la suite d’une hémorragie intrapéritonéale foudroyante (Bruhl) ou d’hémorragies répétées.

La durée totale de la maladie est en moyenne de deux à quatre mois, mais peut atteindre jusqu’à seize mois.

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