CHAPITRE IV
Rôle physiologique des éléments minéraux
L'importance respective de chaque élément n'est nullement proportionnelle à son abondance dans l’organisme et nous ne saurions établir aucune hiérarchie parmi ces éléments. Nous allons donc les étudier selon leur place
dans la classification chimique.
Le chlore fut un des éléments les plus vite connus au point de vue de leur importance biochimique. Bunge, puis Quinton, l’étudièrent et constatèrent la constance de concentration dans le milieu intérieur des Mammifères. Cette concentration est très voisine de celle de l’eau de mer en sel de chlore et ces auteurs en conclurent à l'origine marine probable de tous les organismes actuels.
Malgré des travaux extrêmement nombreux sur la question, on est encore assez peu fixé sur le rôle physiologique du chlore. La plupart des travaux, à l’exception
de ceux de ces tous derniers temps, ont porté sur le chlo-
rure de sodium, ce qui ne nous a pas éclairé sur le rôle
respectif des ions CI et Na. Il semble que dans les questions d’hydratation ce soit surtout l'ion métallique qui intervient.
Parmi les nombreuses actions qu'on a attribué au chlore nous retiendrons son influence sur la pression osmotique des humeurs réglant l'entrée et la sortie de l’eau (Loeper). Par ce moyen, il interviendrait également dans la régulation de la pression artérielle (Ambard). On sait que l'acide chlorhydrique est secrété au niveau de la muqueuse gastrique pour acidifier le milieu et rendre ainsi possible l’action de la pepsine.
Des travaux de pathologie expérimentale de ces dernières années ont montré l'intervention du chlore dans le métabolisme azoté. La carence chlorée pourrait déterminer une azotémie (Blum).
D'un autre côté, les travaux de Hadden et Orr en Amérique et ceux de Gosset et Binet en France ont montré la diminution de la chlorémie dans les occlusions intestinales. L’administration de chlore, sous forme de sérum salé hypertonique diminue le syndrome toxique de l’occlusion intestinale.
Il semble en définitif que l'ion CI à üne action sur la régulation acide-base des humeurs et peut être une action antitoxique.
On connaît très mal le rôle du brome dans la nutrition. Il existe constamment dans certains organes, avant iout dans le corps thyroide, accompagnant l’iode.
L'iode a été tout d’abord trouvé dans les Algues et
dans les animaux marins. Actuellement, on sait qu'il
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existe dans l'organisme des animaux supérieurs, mais né fait pas partie de toute cellule vivante. On le trouve dans le corps thyroïde, en quantités considérables (o DS DAT PA Oo Mgr 21 par gramme de thyroïde fraîche) et on le irouve aussi dans le lait.
Son rôle physiologique important est surtout celui qu'il joue par l’intermédiaire de la secrétion thyroïdienne et la substance cristallisée, isolée par Kendall, sous le nom de thyroxine, en contient quatre atomes. Selon les théories actuelles de la pathologie thiroïdienne, c’est la carence iodée qui détermine la-plupart des troubles æussi bien le goître simple que la maladie de Baseuuw. Nous reviendrons encore sur ces faits en apparence paradoxaux.
La présence constante de fluor dans l'organisme animal a été montré par À. Gautier. Déjà Gay-Lussac en avait trouvé dans les dents et dans les organes de soutien. On le trouve en effet, surtout dans le Lissu osseux où il est associé au calcium et au phosphore. On le considère, pour celte raison, comme un fixateur de calcium et de phosphore. |
Nous dirons peu de chose de l'oxygène. On sait que sa présence est indispensable pour tout processus vital. carence détermine alors l’asphyxie ou mieux l’anoxémie. I} fait également partie de la substince vivante et consti-
tue ainsi l'élément plastique par excellence,
Le soufre fait partie de la matière vivante comme substance plastique entrant dans la molécule des substan-
ces albuminoïdes. Il y figure sous l1 forme d'acides ami-
nés soufrés (cystine, taurine). Ce n’est cependant pas seulement une substance plastique, mais aussi un corps calalytique. Les travaux de Loeper et ses collaborateurs, ceux de Binet et Blanchetière, ont montré le rôle capital du elutathion est un polypeptide soufré. On attribue encore de nombreuses actions au soufre sur lesquelles nous re-
viendrons d’après le travail de Loeper et'Bory.
Le rôle physiologique du phosphore a été très étudié et c’est un des corps minéraux les mieux connus à ce point de vue-là. Le phosphore existe dans l'organisme sous trois formes principales : phosphore minéral dans le squelette, phosphore lipoïdique, faisant partie de la molécule de lécithine et enfin phosphore nucléique entrant dans la composition des nucléo-protéides. Sous ses deux dernières formes, le phosphore est un constituant cellulaire. Les travaux de Mayer et Scaeffer d’une part, et ceux de Javillier d'autre part, ont montré que ta teneur en phosphore organique d’une cellule donnée est cons-
tante.
Le squelcile, constitué par du phosphate de chaux en majeure partie, constitue une sorte de réservoir phosphoré. Les effets de la carence se manifestent en effet, avant tout par des altérations osseuses. L’hypophospha-
témie serait, pour Lesné, un stigmate du rachitisme.
Les autres manifestations de carence puvwsphorée, neurasthénie, fatigue physique et psychique ne s'appuient
sur aucune vérification expérimentale.