LL TRE
Armand Gautier a montré que l’arsenic fait partie normalement de l'organisme animal. Il se trouverait, en quantités infinitésimales dans toute cellule et jouerait peut-être un rôle co-diastasique (Achard).
Nous n’insistons pas sur l'azole. Il ne joue qu'un rôle strictement plastique et entre dans la composition de toute matière protéique.
D'après les recherches de G. Bertrand, le bore existe d’une façon constante dans l’organisme animal. On ne sait rien sur son rôle physiologique.
Le silicium existe dans l'organisme, en quantité relativement notable (plus de 6 grammes). On le trouve surtout dans le tissu conjonctif et la peau, mais, d’après Bertrand, il ferait partie de toute cellule vivante.
Nous n'insistons pas sur le carbone. C’est l’élément plastique principal de la matière organique, mais n'oublions pas qu'il joue un rôle hormonal sous forme d’anhydride carbonique, comme excitant du centre respiratoire.
Tels sont donc les métalloïdes qui semblent exister et intervenir dans les processus vitaux des organismes su- . périeurs. Tous ces éléments jouent le rôle d’électrolytes négatifs, d’anions. Les plus importants parmi eux semblent être le chlore, l’iode, le soufre et le phosphore.
Parmi les métaux, il en est dont l’action dépasse
beaucoup en importance les éléments dont nous avons
envisagé les rôles jusqu'ici.
PU
Le sodium est un constituant important des humeurs animales. Il se trouve en quantités bien moins notables dans les cellules. Il semble, d’après les recherches récentes de P. Blum ét de ses collaborateurs que c'est l'ion Na qui joue dans le rôle du NaCI sur l'hydratation et les œdèmes, Le sodium favoriserait la surcharge aqueuse des Lissus.
Le polassium est en quelque sorte l’antagoniste du sodium. Nous montrerons plus bas la façon dont cet antagonisme peut être compris à la lumière des travaux de J. Loeb. Le potassium se trouve surtout à l’intérieur des cellules et il y en a très peu dans les humeurs. Le potassium possèderait d’après P. Blum une action déshytatante.
L'action du potassium a été étudié sur le muscle, en poison du tissu musculaire dont il diminue l’excitabilité. Le pueumogastrique agirait sur le cœur par lintermédiaire du potassium. Cette action de ce métal serait due à sa radioactivité, comme l’a montré Zwaardemaker.
Le lithium a été décelé dans les cenûres de globules rouges par Desgrez et Meunier. On ne connaît pas son action physiologique:
Le calcium est le métal qui a été le mieux étudié au point de vue de la chimie physiologique. Il se trouve dans l’organisme sous de multiples états. La plus grande partie de cet élément se trouve au niveau du squelette sous formes de sels de phosphore et de carbonates. Ce
calcium minéral constitue, en même temps qu’un orga-
ne de soutien, un réservoir où l’économie puise en Cas . de carence.
Le taux du calcium est relativement constant dans les humeurs. Il y joue des rôles catalytiques et co-diastasiques importants : la coagulation du sang ne se fait pas sans calcium. Il facilite également l’action des ferments
pancréatiques et intestinaux.
L'action du calcium sur le muscle et sur le système :
nerveux a été étudiée en détail. Au niveau du muscle, il y à un antagonisme entre le potassium et le calcium. Ce dernier augmente son excitabilité.
Il reste encore de nombreux points obscurs dans cette question, notamment en ce qui concerne la pathogénie de la télanie qui est une manifestation de carence calcique aiguë. L’excitabilité des muscles et des centres nerveux y est exagérée, malgré une diminution du calcium. Il semble d’ailleurs que le calcium existe sous deux formes dans les humeurs de lorganisme une forme inactive et une forme active colloïdale.
Il existe de nombreux points d’un très grand intérêt au sujet du calcium : celui de sa fixation et celui des manifestations pathologiques de sa carence. Nous y re-
viendrons.
Lé magnésium se trouve dans l'organisme en quantité supérieure à celle du calcium lorsqu'on enlève les sels de chaux accumulés dans le squelette. Il n°y a aucun paraletlisme dans l’action de ces deux éléments ; ils ne
sont pas interchangeables.
RE
11 semble qu'il diminue l’excitabilité nerveuse, qu'il puisse activer les ferments digestifs et qu'il fasse contracter la vésicule biliaire.
Les travaux poursuivis par le Professeur Delbet tendent à attribuer un rôle à la carence magnésienne dans la génèse des cancers.
Les travaux récents de G. Bertrand et Benzon, de Javillier, de Delezenne, etc., montrent l'importance particulière du zinc dans les processus vitaux. La carence de zinc entraîne une diminution de la croissance des jeunes animaux. Une addition d’une quantité minime de
‘zinc fait monter immédiatement le taux de l’accroissement.
Le zinc semble jouer un rôle de catalyse. Il active la diastase hémolytique du venin de cobra, comme l'a montré Delezenne. Le sangien contient 0 mgr par litre et tout le corps humain en contiendrait > gr.
On sait depuis longtemps que l'organisme a besoin de fer pour son entretien. Le nouveau-né possède d’importantes réserves de ce métal dans son foie et lorsque cette réserve est épuisée, l’alimentation doit en apporter
sous peine de voir apparaître des accidents de carence.
Le rôle le plus important du fer est celui qu’il joue:
dans les globules rouges où il fait partie intégrante de la
molécule d'hémoglobine..
Son action est loin de s’épuiser là et il semble bien
d’après les travaux de Warburg que le fer soit un cons-
tituant cellulaire et que les oxydations se font grâce à \ : .
son action catalytique. Le fer est donc l'élément catalytique par excellence.
Il semble exister surtout sous forme organique hémoglobine et hématogène découvert par Bunge dans l’œuf.
Les travaux de Bertrand ont montré que le mnganèse existe dans le corps dans une proportion relativement importante (o mgr 5 par litre de sang). Etant donné les faits constatés dans le règne végétal, il semble que le manganèse joue surtout comme catalyseur d’oxydation. Les expériences de Bertrand et Nakamoura montrent que la carence en manganèse entrave la croissance des jeunes animaux.
Le nickel existant en grande quantité au niveau du foie et du pancréas jouerait un rôle important dans l’activité de l'insuline. Les travaux de Bertrand et Machebeuf tendent à montrer que le nickel est indispensable à ce que l’activité de l'insuline se manifestât. I en semble être de même pour le cobalt.
Le molybdène et le {ungstène existent également dans l’économie animale, mais on ne leur connaît pas d’action physiologique.
L'aluminium ne semble pas faire partie de l’organisme animal normal, mais on peut l’y fixer artificiellement. Bertrand attribue à ce métal un rôle dans la pathogénie des cancers.
L'étain et le plomb ont été trouvé dans la muqueuse
linguale des animaux.
Le cuivre semble être un constituant normal des organismes animaux. En dehors de quelques invertébrés chez lesquels le cuivre fait partie du pigment sanguin, il. existe en quantité variable chez tous les animaux (o mer 5 par litre de sang, ro mer par kgr de foie). I semble bien qu'il joue également un rôle catalytique dans certaines réactions. On a insisté ces derniers temps
sur sa carence dans certaines anémies.
Tels nous semblent être les principaux faits concernant les divers éléments chimiques. Ce rapide. résumé de la question nous à permis d'en montrer l’immense étendue et également l’importance des lacunes qui restent encore à combler.
Nous allons dans le chapitre suivant envisager le mode d'action des éléments minéraux dans quelques-
unes des fonctions organiques importantes.