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tains cas, quand dans certains autres qui paraissent identiques on perçoit une respiration soufflante très accentuée ? Les gaz, les liquides et surtout les corps solides ne sontils pas, en général, de bons conducteurs du son ?
Il y a donc dans l'interprétation de ces phénomènes un côté insuffisant qui ne satisfait pas complètement l’esprit, une lacune que Woillez a sentie. Nous nous sommes convaincu que nous gagnerions à nous inspirer de ses idées pour compléter ce que nous avons dit précédemment sous l'autorité de Barth, et arriver par un processus rationnel à expliquer le phénomène des cavernes muettes.
Dans les autopsies que nous relatons,avons-nous dit, les poumons étaient très infiltrés, farcis de tubercules crus ou en voie de ramollissement, congestionnés ou hépatisés, augmentés de volume en un mot, si nous voulons conclure. On admettra donc que l’extension pulmonaire, nous ne voulons pas parler encore de son élasticité, est, par Le fait du volume exagéré de l’organe, considérablement gênée, diminuée sinon abolie. Cette diminution de l’extension pulmonaire a lieu de deux manières qui doivent servir de point de départ à l’exposé des faits : 1° l’espace destiné au - poumon dans le cavité thoracique est diminué d’étendue ; 2 le poumon acquiert une augmentation notable de son volume propre.
Dans ces deux circonstances le poumon est dans la poitrine comme les organes abdominaux sont dans le ventre. Il n’est plus soumis en dehors de l’inspiration, comme chez l’homme sain, à une extension forcée qui lui fait occuper un espace plus grand que son volume propre; l’espace occupé par le poumon étant devenu proportionnel à son volume, cet organe n’a plus ses vides aériens
agrandis et dès lors leur lumière est devenue insuffisante ou nulle comme dans le poumon extrait du cadavre.
La cavité destinée au poumon dans la poitrine est diminuée matériellement par le fait de maladies bien différentes; nous citerons rapidement, parce que les faits s’appliquent indirectement à nos cas, tantôt une tumeur intra-abdominale du médiastin, tantôt cértaines difformités du squelette thoracique, tantôt un épanchement pleurétique. On constate alors du côté de l’épanchement, ou du côté comprimé, un bruit respiratoire affaibli, l’expiration prolongée ou la respiration soufflante quand la compression est insuffisante : nous verrons plus tard le pourquoi. Du côté opposé, par suite du refoulement du poumon correspondant par le médiastin, ou d’une partie du poumon par le restant de l’organe du même côté, on entend la respiration puérile, l’expiration prolongée, quelquefois la respiration sibilante ou la respiration rude. Le fait s’explique si l’on veut, autrement que par la théorie qui admet une respiration dite supplémentaire. La pénétration de l'air dans les voies aériennes est simplement passive, suivant les preuves fournies par M. Germain Sée; si elle a lieu avec plus de force dans l’état sain, c’est que l’effort dilatateur de la poitrine est plus grand et plus rapide. Aucune action particulière du poumon ne saurait s’exercer pour donner plus d’énergie au bruit respiratoire. On pourrait donc définir la respiration puérile autrement qu'on ne le fait, puisque dans beaucoup de cas où elle se produit, les efforts musculaires inspiratoires ne sont pas plus énergiques que dans l’état normal, et qu’il n’y a pas pénétration plus rapide de l'air dans les dernières divisions de l’arbre aérien, Quant à la pénétration par l'air
d’un plus grand nombre de vacuoles pulmonaires, on ne saurait non plus l’admeéttre, car le spiroscope démontre que toutes les cavités aériennes se dilatent à la fois par Pinspiration dans un poumon sain.
Pourquoi donc dans les observations I et IT entendait-on aux bases congestionnées où œdémateuses une respiration plus forte que dans les parties supérieures ? C’est que dans ces cas et dans d’autres analogues, comme dans le poumon comprimé par l’'épanchement pleurétique du côté opposé, la pression n’a pas été assez puissante pour éteindre ou atténuer le bruit respiratoire, diminuer les espaces aériens, entraver en un mot l'entrée de l’air ; il n’y a eu. qu’un premier degré de diminution dans le calibre de ces espaces ; le relâchement des paroïs des tubes bronchiques fait vibrer plus largement ces conduits; de là une augmentation d'intensité du bruit respiratoire.
Arrivons aux termes de notre seconde proposition : le poumon acquiert une augmentation notable de son volume propre. Les mêmes modifications du murmure respiratoire dans son intensité et ses caractères se retrouvent lorsque le défaut d'extension naturelle de l'organe résulte de l’accroissement de son volume. Cet accroissement le plus souvent pathologique entraine nécessairement la diminution de la béance des conduits aériens, suivant Pexpression de Woillez. La condition physique de la béance insuffisante se rencontre aussi bien dans l’emphysème pulmonaire que dans l’infiltration tuberculeuse très accentuée que dans la congestion aiguë pour citer des affections bien différentes et par cela même tirer de nos inductions une meilleure démonstration clinique. .
Après ce préambule assez long, mais nécessaire, nous