‹ Contribution à l'Étude des Cavernes MuettesChapitre 5 sur 16 · ET, À · texte numérisé non relu

ET, À

physique pure. Il y a peut-être exagération de part et d'autre ; aussi, pour ce qui nous concerne, sans négliger la clinique, nous ferons une courte échappée dans le domaine des théories physiques qui nous ont seules paru expliquer d’une façon exacte des phénomènes stéthoscopiques qui, au lieu de paraître des anomalies, rentreront dans la série des faits connus de la clinique courante. Dans les cas dont nous nous occupons, il est absolument nécessaire, pour avoir une observation complete, que la nécropsie ait été faite; on établit ainsi d’une façon irréfutable la réalité du phénomène d’auscultation qu’on a pu contester au lit du malade. Quelquefois l’autopsie est faite par hasard comme dans les cas intéressants relatés dans nos deux premières observations ; en effet, on néglige le plus souvent l’examen fait après la mort des lésions banales de la tuberculose pulmonaire commune. Dans nos cas, la cachexie profonde dans laquelle ont été apportés les malades dans la salle d’hôpital, sans qu’on puisse rien savoir des antécédents, a fait méconnaître même la tuberculose pulmonaire, en l’absence des signes stéthoscopiques et adopter le diagnostic provisoire de néoplasme gastrique, vu l’âge avancé des sujets. On eut raison de se méfier, et l’autopsie dèmontra des lésions tuberculeuses très

avancées avec de nombreuses cavernes sans que l’auscul-

tation eût rien révélé du vivant du malade.

Les autres observations que gous possédons sont plus caractéristiques en ce sens que le diagnostic a été fait, et les cavernes affirmées au lit du malade même, en l'absence de tout signe cavitaire : on ne pourra donc pas contester que les observations ont été mal prises et que l’autopsie . a fait reconnaître des lésions méconnues par suite,

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d'une auscultation rapide et incomplète, comme il arrive parfois quand on examine un de ces malades dont on trouve un si grand nombre. Ces observations ont été recueillies à l'hôpital Saint-Antoine et à l’hôpital Cochin de Paris et publiées dans les Archives de médecine par Woillez qui a attiré l’attention sur ces phénomènes stéthoscopiques en insistant sur les idées émises en Allemagne, en particulier, par Skoda.

On comprend combien il serait inutile de relater les faits nombreux semblables aux nôtres constatés pendant la vie des malades et que noùs sommes ee de négliger faute de preuve anatomique.

Nous avons préféré nous limiter à un petit nombre d'observations suivies des résultats de l’autopsie et en tirer un enseignement qui nous permette d'interpréter plus sûrement les faits en laissant aux théories assez nombreuses sur ce sujet une part restreinte. Malgré le petit nombre de cas bien observés où les résultats d’autopsie sont minutieusement consignés, nous espérons par cela-mème tirer des conclusions qui auront une autorité peut-être suffisante pour établir dans leur ensemble les conditions nécessaires à la production des phénomènes stéthoscopiques.

Dans tous les cas que nous publions, le malade était arrivé, nous le répétons, aux dernières limites d’une tuberculisation pulmonaire à marche lente, accompagnée de marasme fébrile et d’un ensemble de symptômes bien connus donnant de très grandes probabilités de l'existence de cavernes anciennes dans les poumons malgré l’absence de signes d’auscultation indiquant cette lésion.

En relatant ces faits, nous appelons l'attention sur la

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fausse sécurité que peut donner cette absence des signes

classiques des cavernes tuberculeuses ; qu’on nous per-

mette cette parenthèse avant d'aborder plus avant notre

sujet ; il s’en faut en effet que ce signe, c’est-à-dire la

présence sur un même point du sommet de matité avec

augmentation des vibrations thoraciques, de pectorilo-

quie, de souffle caverneux et de gargouillement soient

toujours réunis; quelquefois l’un ou l’autre fait défaut ;

quelquefois ils manquent tous à la fois après avoir été bien

constatés et ne reparaissent plus ; état général est alors

essentiel à considérer pour l’interprétation de cette absence

de signes. En effet, cet état général reste très grave ou

devient moins satisfaisant, ce qui n’aurait pas lieu si la’ disparition des signes caverneux annonçait une améliora-

tion. Mais la clinique nous apprend sans erreur possible

que les guérisons survenues dans une phtisie pulmonaire

avancée, après diminution puis disparition des râles humides, laissent persister le souffle et la voix caverneuse,

signes d'autant plus intenses au niveau de la caverne que le tissu pulmonaire environnant est en pareil cas induré par suite d’une pneumonie chronique.

Dans les cas qui vont suivre, 1l était difficile de s’illusionner sur l'état du malade, même en l’absence de signes indiquant des lésions graves. Voici en résumé ce que l’on entendait à l’auscultation : une respiration simplement affaiblie avec de l’expiration prolongée à l’un ou l’autre sommet ou aux deux sommets à la fois, précisément au niveau des parties où des cavernes plus ou moins vastes étaient constatées à l’autopsie ; seules les observations I et Il ne relatent pas l’expiration prolongée; peut-être a-t-on négligé de la noter. Chez trois malades (observ. I,

IL et IV) il y avait de la submatité ; chez un seul (observ. V) il existait des râles sous-crépitants humides, peu volumineux, avec retentissement exagéré de la voix, mais sans pectoriloquie manifeste. Ces légers signes d’auscultation sont les seuls signes stéthoscopiques dans la plupart des cas rapportés par les observateurs, où l’on a soupçonné, sinon diagnostiqué, d’une façon ferme l'existence de cavernes pulmonaires, faute d’autopsie confirmant les données cliniques. Malgré cette lacune, nous pouvons rapprocher ces faits des nôtres en leur donnant une interprétation analogue ; ils prouvent du moins qu’il existe un grand nombre de cas semblables se rapportant probablement tous aux mêmes causes physiques et susceptibles d’une même explication.

Dans l’observation VI on constata d’abord des signes

accentués de cavernes pulmonaires dans les deux poumons, surtout à droite, puis trois jours après l’entrée du. malade à l'hôpital et jusqu’à la mort le souffle caverneux etle gargouillement disparurent et l’auscultation ne fit plus entendre qu'une respiration rude avec expiration prolongée.

- Nous donnons, avant d’aller plus loin dans notre sujet, et en leur place les observations que nous possédons suivies des résultats d’autopsie ; ce sera la meilleure facon de procéder en fixant les idées.

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