CHAPITRE IV
Des cavernes tuberculeuses
secondairement fermées.
Voici le tableau que nous en trace Petit, dans la seconde partie de sa thèse, dans laquelle il étudie les cavernes qui se ferment secondairement. Il s’agit, en général, nous dit-il, de tuberculoses traînantes, à évolution longue et se manifestant par des poussées successives, avec des périodes d’amélioration et des périodes de recrudescence qui alternent entre elles. Le début est quelquefois marqué par une hémoptysie plus ou moins abondante ou par une congestion du sommet. Peu à peu, malgré la résistance que l’organisme semble opposer au bacille de Koch, l'affection arrive péniblement à la période cavitaire. On observe une zone de matité plus ou moins étendue, à la percussion, avec une augmentation des vibrations thoraciques. L’oreille recueille des râles sous-crépitants et une respiration soufflante. L'état général est satisfaisant. Le malade crache et on trouve des bacilles
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dans ses crachats. C’est la période de tuberculose ouverte. Puis; les signes se transforment ; la toux et l’expectoration deviennent rares. Le malade accuse de la dyspnée. Les signes physiques persistent et consistent en respiration très rude, souffle tubaire, bronchophonie, avec de gros râles sous-crépitants éclatant par bouffées, submatité et augmentation des vibrations thoraciques. La caverne s’est alors fermée, car le malade n’expectore plus.
Il est regrettable que la radioscopie ne se soit pas trouvée à la disposition du clinicien, au moment où Follet observait le tableau ci-dessus. Nous aurions été curieux de savoir ce que l’écran eût révélé. Il s’agissait certainement d’une caverne, nous le croyons sans trop de complaisance, mais nous nous permettons de faire remarquer que la respiration rude, le souffle tubaire (car il dit tubaire), les gros râles sous-crépitants, la submatité, la bronchophonie, etc., dessinent aussi bien la physionomie d’une condensation du parenchyme congestionné que celle d’une caverne.
Nous ne discuterons pas plus longuement les observations du Professeur Follet. Il manquait à cet auteur des autopsies et aussi des examens radioscopiques.
Nous allons retracer l’histoire pathologique de deux malades, dont la mort a permis à M. Roubier de compléter les observations. Elles ne sont.pas semblables à celles qui constituent le squelette de la thèse de Petit. Les cavernes de nos deux malades ne se sont révélées qu’à la radioscopie ; elles étaient muettes comme cavernes, nous voulons dire par là qu’il n’existait pas un silence absolu dans la région où elles sié-
gealent, mais que les signes discrets perçus à leur niveau ne pouvaient être considérés comme des signes caverneux pour une oreille rompue à l’auscultation.