CHAPITRE II
Historique.
En 1905, fut soutenue, par Petit, devant l’Université de Paris, une thèse intitulée : Cavernes fermées. C'était quelque chose de nouveau, une hypothèse inédite lancée sur le terrain de la discussion, pour expliquer un contraste, une exception à ce que l’on observe habituellement dans la tuberculose pulmonaire cavitaire. Le Professeur Follet, qui avait inspiré cette thèse, s’étonnait de voir chez un de ses malades porteur d’une lésion bacillaire du poumon, un contraste clinique entre les signes physiques d’une part, les signes fonctionnels et généraux d’autre part ; tandis que la lésion se révélait à l’auscultation comme une caverne, elle évoluait sans expectoration, avec un état général parfait. Il émit l'hypothèse de la possibilité, en pathologie pulmonaire, de cavernes tuberculeuses primitivement fermées. Telle fut l’origine de la théorie du vase clos. Le Professeur Follet put observer plusieurs malades semblables ; il s’aperçut que le
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stade de latence n’était pas de longue durée ; bientôt, en effet, le tableau changeait, les malades se mirent à cracher, l’état général s’altérait et cette forme si particulière se transformait ainsi en tuberculose banale. |
Si on interroge la littérature médicale antérieurement à la thèse de Petit, on ne trouve rien qui puisse être rapproché des observations de Follet. Bien que les phtisiologues fussent dès lors tenus en éveil sur cette forme de tuberculose, la thèse de Petit n’eut un écho qu’en 1911, dans un article de Burnand, paru dans la Revue Médicale de la Suisse Romande. Dans cet article, Burnand apporte trois observations dignes de corroborer l'hypothèse de Follet. Il discute minutieusement les causes d'erreur, les affections avec lesquelles on peut se méprendre, les éléments du diagnostic différentiel, et après une analyse minutieuse, il reconnaît qu'il reste sur le filtre des cas rentrant dans le cadre de la tuberculose en vase clos. Mais il avoue que la preuve irréfutable ne peut être faite que par une autopsie. Il faudrait, en somme, surprendre la lésion, avant qu’elle ne se soit ouverte dans une bronche.
Plus récemment, Sabourin, dans son ouvrage intitulé : Cavernes pulmonaires et phénomènes caverneux, consacre un chapitre à la tuberculose en vase clos. « Depuis trente ans, dit-il, que nous suivons à peu près exclusivement des tuberculeux, nous n’avons jamais vu un cas reproduisant franchement le schéma de Follet, ce qui, d’ailleurs, n’a rien d’extravagant, vu la rareté probable de cette forme ; mais nous avons