‹ Contribution à l'étude des céphalées dans les sinusites postérieuresChapitre 13 sur 15 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

L'origine sinusienne de la céphalée élant reconnue, il reste à instituer le traitement.

En général, dans le cas de céphalée l'on n’est pas obligé de prescrire un traitement d'action presque instantanée, comme lorsque le malade est amené pour consulter pour des troubles visuels à marche aiguë provoqués par sa sinusite postérieure.

On pourra et l'on devra donc toujours commencer par essayer l’action du traitement médical. Ge traitement qui a une action excessivement rapide el presque certaine dans les cas de sinusile aigüe, comme nous le montrent es observations n°° XIX, XX, XXI, XXIIT, agit également mais en général plus lentement dans les cas de sinusite chronique, ainsi que le prouvent les observations n°, JTE, IV, VI VIT, XI, XHII, XVI, où il a pu, à lui seul apporter

un énorme soulagement, et même comme dans les obser-

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vations IV, XVII, XVIII et XXIV, où il a donné une guérison complète. Il faut cependant reconnaître que ce traitement se révèle parfois impuissant, en particulier dans les sinusites très anciennes s'accompagnant de troubles visuels intenses, contre la céphalée il agit en général beaucoup plus activement. À Voici le traitement que prescrit le Docteur Dufourimentel, dans le service de mon maître, le Professeur Sebileau, à l'Hôpital Lariboisière.

1° Matin et soir instillation dans chaque narine de quatre gouttes de la solution :

Chlorhydrate de cocaïne : 60 centigrammies.

Adrénaline : XXX gouites.

Sérum physiologique : 30 grammes.

2° Deux minutes après instillation de quatre gouttes de la solution suivante dans chaque narine, le malade ayant la tête renversée :

Argyrol : 1 gramme 50.

Eau distillée : 30 grammes.

On peut remplacer l'argyrol par une solution de nitrate d'argent à 5 ou 2 % ou une solution au 1/100 de formol du codex au 1/40.

La première solution a pour but de provoquer la contraction des muqueuses el si possible une plus grande ouverture des orifices des sinus pour faciliter là pénétralion de la deuxième solution.

Si la céphalée ne cède pas à ces instillations, ou si dès le début on juge le cas rebelle, on devra remplacer les

instillations de cocaïne par un badigeonnage soigné des

MAO + muqueuses des fosses nasales et de la paroi antérieure du sinus sphénoïdal, avec une solution telle que :

Chl. de cocaïne : o gr. 5o.

Adrénaline : X gouttes.

Eau distillée : 5 gr.

On sera même parfois obligé d'employer la solution au 1/5 où même le mélange de Bonin.

Si la céphalée résiste à cette thérapeutique ou si elle s'accompagne de phénomènes névralgiques intenses on devra essayer le traitement modificateur d'Ewing et Slüder, si minutieusement décrit par le Docteur Ramadier

dans le numéro de février 1922 des Annales des Maladies

de l'oreille el du larynx. Ge traitement consiste en des

injections d'alcool à 90° contenant 3 à 4% de phénol que Fon pousse dans la loge du ganglion sphéno-palatin. Pour y arriver, le Docteur Ramadier décrit deux techniques, soit la voie perpendiculaire : l'aiguille coudée à ses deux extrémités est introduite la pointe en haut le long de la eloison sur le sommet de l'arc choanal, on peut essayer de voir l'extrémité postérieure du cornet moyen qui est un bon point de repère. On revient ensuite d'un centimètre en avant en haut el en dehors en faisant décrire à Ja pointe de l'aiguille un quart de tour en haut et en dehors, un léger effort suffit pour percer la fibre muqueuse et pénétrer dans la loge du ganglion.

Pour la voie oblique recommandée par Slüder, critiquée par Ramadier, on se sert d'une aiguille droite, forte, que l'on introduit sous l'extrémité postérieure du cornet moyen. On pénètre dans la loge ganglionnaire en effon-

, VINCENT

DE PNR

drant l'insertion du cornet moyen et la paroï nasale en avant du trou sphéno-palatin. \

C'est seulement après l'essai infructueux mais consciencieux de ces moyens que l’on peut être autorisé par la persistance des accidents à recourir à un acte opératoire. Il est bien entendu que dès le début on aura rétabli une bonne perméabilité aérienne en supprimant les queues de cornet, les déviations ou épines de la cloison, les myxomes qui pouvaient encombrer les fosses nasales, Leur ablation seule pouvant suffire à guérir le malade.

Mais l'opération que nous avons maintenant en vue est la trépanation du sinus sphénoïdal.

Nombreuses sont les techniques qui ont été successivement préconisées pour aborder les sinus sphénoïdaux et qui sont plus ou moins classiques.

Deux grands modes d’abord du sinus ont été employés: la voie endo-nasale, la voie exo-nasale.

Mais, laissant de côté toute description de ces ‘actes opératoires, nous ne décrirons que deux techniques, relativement récentes, d’abord du sinus sphénoïdal, l’une préconisée par le Docteur Dufourmentel, l'autre créée par le Docteur Segura, de Buenos-Ayres.

Le procédé employé par le Docteur Dufourmentel est endo-nasal mais trans-ethmoïdal. Il commence par la ré- Section du cornet moyen à la pince turbinotome. Puis en dehors de la racine de ce cornet moyen il détruit sur une plus ou moins grande largeur, suivant les lésions constatées, le labyrinthe ethmoïdal à la pince plate de Luc. Il découvre ainsi la paroi antérieure du sinus sphé-

noïdal qu'il trépane ensuite au ras de la ligne médiane,

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