OBSERVATION XIV
La malade, âgée de 56 ans, entre en 1932 pour ictère par rétention et calcul du cholédoque.
Mariée, a eu 3 enfants, dont un tuberculeux.
L’affection actuelle débuta en 1931 au mois de février par une crise de colique hépatique peu intense. Un an après nouvelles crises typiques. Depuis, les crises se répètent tous les 8 ou 15 jours et s’accompagnent d’un amaigrissement progressif.
A l’examen, femme nettement ictérique. Le foie est perçu : il descend à 2 travers de doigt sous les fausses côtes et il est un peu douloureux ; on ne sent pas de vésicule.
Le tubage duodénal pratiqué le 16 août 1932 donne les résultats suivants : on retire du duodénum un liquide d’abord légèrement teinté paraissant être du suc pancréatique. L'épreuve de Meltzer-Lyon permet de retirer un liquide plus foncé, brun verdâtre. Le tube a été avalé à 5 heures du matin. A 10 heures on fait le tubage.
Le lendemain, le 17, on fait un second tubage dans un but thérapeutique.
1° On retire à jeun 2 cc. de liquide alcalin inclore ;
2° Après l’épreuve de Meltzer-Lyon, on retire à deux reprises un liquide fortement teinté de bile, verdâtre.
3° Injection d’éther : on n’obtient pas de suc pancréatique, mais seulement un peu de bile.
A noter aucune réaction douloureuse pendant le tubafle
Le 25 octobre 1932, intervention (Docteurs Pollosson, Clavel).
La vésicule ne contient pas de calculs : on en retire 2 du cholédoque qui paraît coudé. On met un drain de Kehr : il sort par le fond de la vésicule qui elle-même est fixée au péritoine par 2 crins, de sorte que si on avait à réintervenir, on conserverait pour soi le guide de la vésicule conservée. Donc, bonne opération, mais il subsiste des doutes sur la perméabilité du cholédoque.
Suites opératoires : Mèche enlevée le 9° jour. Bon état général.