‹ Contribution à l'étude des cholecystostomies: à propos de 36 observationsChapitre 5 sur 45 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique de la cholécystostomie

La cholécystostomie a connu, au cours de son histoire, des fortunes diverses.

En 1743, J.-L. Petit émit au sujet de cette nouvelle intervention chirurgicale le principe suivant : le chirurgien doit agir sur la vésicule biliaire uniquement quand celle-ci est adhérente à la paroi abdominale. Ce principe fut suivi en 1750 par Scharp, en 1756 par Sauvart et Morand. Ceux-ci identifièrent le réservoir biliaire au réservoir vésical et incisèrent les vésicules adhérentes pour en extraire les calculs. Mais une objection fut aussitôt formulée contre l’opinion de J.-L. Petit ; l’adhérence entre la vésicule et la paroi abdominale n’existant pas toujours, quelle devait être la conduite du chirurgien dans les cas où la vésicule était libre dans l’abdomen ? On tourna la difficulté tout en conservant le principe.

Bloch en 1774 et Richter en 1798, dans un premier temps, déterminaient la formation d’adhérences entre

RES LRO

la vésicule biliaire et la paroi abdominale ; la condition essentielle était remplie. Dans un deuxième temps, ils incisaient la vésicule ; le problème était ainsi résolu.

En 1833, Carré, chirurgien français, sous-aide-major au Val-de-Grâce, bouscula dans sa thèse de doctorat le principe jusqu'alors respecté de J.-L. Petit ; il conseilla d'ouvrir les vésicules non adhérentes a la paroi et plus ou moins libres dans la cavité abdominale.

C’est à lui que revient le mérite d’avoir ainsi soupçonné tout l’avenir brillant de la chirurgie des voies biliaires ; c’est à lui que revient la paternité de la cholécystostomie. |

Vint ensuite une période où cette intervention fut envisagée surtout au point de vue théorique. Aucune observation clinique ne fut rapportée. Depuis Carré jusqu’au mémoire de Thudichum, on ne pratiqua pas de cholécystostomie ; il faut attendre 1867, année où Bobbs, chirurgien anglais, fit une cholécystostomie, opération résultant d’une erreur de diagnostic. C’est véritablement Marion Sims qui, volontairement, pratiqua, le 18 avril 1878, la première intervention : il enleva 68 calculs de la vésicule ; sa malade mourut. Mais, en juin 1878, à Berne, Kocher pratiqua la même intervention et eut un succès complet. De nombreux chirurgiens se lancèrent alors dans cette voie largement ouverte. Maunoury, Doyen, d’Antona, Brien, Thornton et beaucoup d’autres multiplièrent les observations qui, depuis, ne cessent d'augmenter.

La cholécystostomie, opération facile et peu dangereuse, trouva, au début de la chirurgie biliaire, des

Mis

indications larges. Craignant de se lancer sur ce domaine encore inconnu, dans des interventions complexes et complètes, le chirurgien, n’osant extirper la vésicule, avait recours à la cholécystostomie, dans les cas de vésicules lithiasiques adhérentes. Mais, il se produisit une réaction. Des interventions plus mutilantes, mais plus curatrices, — cholécystectomie, drainage de l’hépatique, anastomose biliaire — enlevèrent à la cholécystostomie la faveur dont elle jouissait, La plupart de ses indications furent désormais celles de ces opérations assurant une dérivation définitive.

À l'heure actuelle, nous sommes moins injustes envers la cholécystostomie. Les critiques formulées contre elle nous paraissent parfois injustifiées. Une tendance est née, un courant s’est créé pour remettre la cholécystostomie en honneur, dans des circonstances bien définies. Ce retour qui se dessine vers l’intervention de jadis est dû aux avantages incontestables qui avaient commandé sa faveur première, c’est-à-dire la facilité et la bénignité de l’opération ; mais, de plus, d’autres arguments viennent plaider pour elle. Ce sont eux qui, désormais, dictent au chirurgien les indica-

tions de cette intervention.

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