‹ Contribution À L'Étude Des Cholesteatomes SuprasellairesChapitre 19 sur 22 · RAD TE · texte numérisé non relu

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Est-il utile d'employer des tests colorés ? Il semble que les facteurs extrinsèques qui agissent sur le champ visuel des couleurs, soient plus nombreux que pour les tests blancs. Comme il est indispensable dans de tels cas de répéter les examens et ce, dans des conditions identiques, comme d’autre part on peut obtenir des renseignements très précis à l’aide d’index blancs de dimensions variables, l'emploi de tests colorés n’est pas une obligation.

Si pour obtenir des renseignements supplémentaires et pratiquer un examen complet, on ‘emploie des tests colorés, « il est de première nécessité d'adopter un fond périmétrique gris et des tests de brillance égale au fond ».

L'étude des isoptères du champ visuel est indispensable au moyen d’index plus ou moins grands, de tests plus ou moins visibles. On peut découvrir une encoche bi-temporale plus ou moins étendue pour des tests plus petits. Et nous serons alors en droit de dire qu’un pareil schéma a la valeur d’une hémianopsie en quadrant ou d’une hémiachromatopsie, valeur d'autant plus importante, que de l’autre côté, il y aura une amputation de la moitié temporale du champ visuel, ou persistance de la vision dans la région centrale et un seul quadrant nasal, inférieur en général.

Les autres symptômes oculaires sont généralement muets : peu ou pas de modifications pupillaires; parfois une diplopie passagère, un nystagmus dans le regard extrême, mais de toute façon, signes non pathoenomoniques.

En présence d’un tel syndrome chiasmatique, on se doit d’en préciser la nature, et ne pas se contenter de prescrire un traitement mercuriel ou anti-syphilitique quelconque, comme on pouvait peut-être le faire tant qu’il n'existait pas de traitement effectif des tumeurs comprimant le chiasma.

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Il faut rechercher tous les signes d’hypertension intra-crânienne. On ne note que quelques signes frustes, des céphalées, sus-orbitales ou frontales le plus souvent, sans horaire fixe, plutôt diurnes, parfois hémicrâniennes.

Seul le malade du Docteur DAvid a présenté des vomissements. Aucun des crises comitiales, des vertiges. Parfois des obnubilations visuelles passagères, à la suite d'efforts.

Les signes de participation des régions voisines sont peu marqués. Pas d’anosmie, pas de signes frontaux : ni ataxie, ni aphasie, ni paralysie faciale centrale. Pas de troubles mentaux.

On peut trouver quelques signes infundibulo-tubériens :

soit des altérations morphologiques : taille, adiposité, phanères, caractères sexuels secondaires; soit des troubles du métabolisme : polyphagie, polydipsie. Pas de polyurie, de glycosurie ou d'augmentation de la tolérance hydro-carbonée.

soit des modifications de l’activité du malade : somnolence, troubles des règles, troubles génitaux, troubles endocriniens.

Ces signes, si l’on en trouve, restent toujours au second plan et ne dominent jamais la scène. On pourra rechercher également des signes pyramidaux, thalamiques, cérébelleux. En cas de nystagmus spontané sur deux yeux à acuité visuelle très faible ou très inégale, il n’y aura pas lieu naturellement d’en faire une manifestation cérébelleuse ou labyrinthique.

Les signes radiologiques, que nous avons vu plus haut, ne peuvent se baser ‘que sur des clichés corrects, bien centrés sur des malades en bonne position et une ‘interprétation exigeant une connaissance parfaite de la région sellaire.

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Ce n’est qu'après un examen complet du malade que nous pourrons établir l’existence d’un syndrome chiasmatique d’origine tumorale. Nous aurons éliminé rapidement au passage en cas de cécité plus ou moins complète unilatérale

— une amblyopie congénitale, par l’examen du fond d'œil, du champ visuel, l’anamnèse et l’évolution des troubles visuels;

— une atteinte * (examens de laboratoire, examen général) ;

— une sclérose en plaques (évolution par poussées, dissociation B. W.-benjoin dans le L. C. R., modifications discrètes des réflexes cutanés) ;

— les névrites optiques, toxiques et autres, par une étude précise du champ visuel (scotome central ajouté au rétrécissement temporal) et l’atrophie optique ne reste pas longtemps isolée;

— les affections de voisinage, sinusites latentes sphéno-ethmoïdales (examen O. KR. L.).

Les affections pseudo-tumorales, kyste hydatique ou anévrisme de la carotide interne sur le bord latéral du chiasma qui peut provoquer une cécité du côté malade, le champ visuel du côté sain demeurant normal ou présentant des défauts variés, avec une pâleur pupillaire ou une atrophie optique primitive, sont exceptionnelles. CUSHING a justement insisté sur l'hypertension artérielle et les petits ictus qui semblent accompagner le développement de cette affection supra-sellaire.

Une fois établie, la nature tumorale de l'affection, est-il possible de reconnaître un cholestéatome suprasellaire ? Comme le dit très bien DAVID « la symptomatologie des cholestéatomes mérite d’être connue, car. elle pose souvent le diagnostic des syndromes chiasmatiques d’origine tumorale avec selle turcique normale », ou sub-normale.

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