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Aucun signe viscéral, aucun signe de compression des vaisseaux et des nerfs. Le diagnostic d’enchondrome (peut-être en voie de dégénérescence) fut porté.
Intervention le 5 avril 1930 : une incision en L renversé fut pratiquée avec un grand volet cutané, Désinsertions du moyen et grand adducteur au niveau du pubis; après les avoir réclinés on aperçoit nettement la tumeur cartilagineuse, qui s’insérait sur la face antérieure du pubis et à la partie interne du trou obturateur qui se trouvait en grande partie comblé.
Cette tumeur, présentant un énorme prolongement profond, il était impossible de conserver le squelette : on sectionne à la gouge et au maillet le pubis en dehors de la symphise pubienne, puis la branche horizontale et la branche ascendante environ au milieu du trou obturateur. Après ces sections osseuses, Ja tumeur fut mobilisée et enlevée facilement L’énorme cavité ainsi créée fut comblée par les muscles adducteurs; le volet cutané fut rabattu et un drain placé. Suites opératoires mouvementées au début, mais cependant trente jours après l’opération le malade put commencer à se lever et à marcher. Actuellement, il marche sans difficulté, prétend qu'il est plus alerte de son membre inférieur droit que du gauche. Les mouvements sont tous conservés, l’abduction et l’adduction s’effectuent correctement; il n’y a pas d’anesthésie.
La pièce présentée pèse 1.600 grammes. L’examen histologique a montré un chondrome bénin sans signe de malignité.
: OBSERVATION XVIII (Inédite)
(due à l’obligeance du Docteur Michiels, Saint-Savin (Vienne).
Chebr..…., 52 ans, ancien boulanger. Le malade ne présente aucun antécédent notable; il insiste sur le fait qu’il a subi plusieurs traumatismes importants et qu’il est tombé plusieurs fois d’une échelle. Père mort à 59 ans de pneumonie; mère vivante, 82 ans, et bien portante. Rien non plus au point de vue des antécédents collatéraux.
Le malade, depuis trois ans, se plaignait un peu de la région sacro-lombaire. En 1929, douleurs très vives à l’anus avec glaires sanglantes : on découvre une fissure anale que l’on traite par la dilatation sous anesthésie totale. Après dilatation, le chirurgien découvre une tumeur rectale et envoie le malade à un radiologue.
En février 1930 on fait, dans une clinique, trois applications successives de rayons X, une application de radium, et enfin une quatrième aplication de rayons X. Le malade, qui urinait jusque-là avec difficulté mais sans sonde, voit survenir une paralysie vésicale totale.
Le ler mars 1930, on sent au toucher rectal une énorme masse lisse, dure, englobant le promontoire et le coccyx; elle bombe en avant très fortement. Le malade ne peut expulser qu’un liquide muqueux, à force de lui faire prendre des lavements et des laxatifs. Il a la sensation constante de corps étranger rectal. Etat général très touché, teint jaune subictérique.
Sur les conseils du médecin traitant, le chirurgien refusant toute intervention et la tumeur continuant à progresser, malgré les rayons X et radium, on fait au malade une série de piqûres de « Néophage » (12 piqûres en six semaines). Au bout de ce laps de temps la tumeur a diminué, l’état général est considérablement amélioré, mais la paralysie vésicale reste totale. Après un repos d’un mois, on fait une autre série de piqûres, mais cette fois la tumeur semble fixée, elle ne change plus de volume : cependant, le malade peut expulser des matières rubanées; l’état général se maintient assez bon.
En septembre, on fait au malade une cinquième application de rayons X. Revu en novembre, la tumeur n’avait pas bougé, elle semble très nettement fixée. Elle ne représente que la moitié de son volume originaire. Le malade a engraissé de o kilos.
Au point de vue clinique, on avait pensé à un chondrome : un examen radiologique pratiqué au début :a montré une masse claire avec des travées plus sombres et un aspect pommelé. Le diagnostic de chondrome a donc été retenu, malgré qu'on n’ait pas eu la preuve de l’examen histologique.
Roi