GAÉAA PEL TE REV
Évolution et Pronostic.
A. — Évolution.
Comme nous l’avons vu en étudiant la symptomatologie des chondromes du bassin, ces tumeurs évoluent la plupart du temps lentement sans grand signe. Il faut cependant faire une réserve au point de vue de la grossesse, qui a nettement influencé l’évolution des chondromes dans les observations de Molinier et de Kiskmann. D’ordinaire, en effet ces tumeurs évoluent dans un laps de temps de plusieurs années, compris entre dix ans (Obs. IV et XD), trois et quatre ans le plus fréquemment (Obs. VIT, VII, IX, XIV, XVI et XVIII), parfois mais rarement un an (Obs. XI); encore faut-il dire que le début de la tumeur est souvent plus ancien que ne le dit le malade, car il ne s’en aperçoit généralement que lorsqu'elle a déjà atteint un certain volume. Dans la grossesse, au contraire, l’évolution semble plus hâtive, puisque nous retrouvons là des intervalles de mois et non plus d’années : sept mois dans l’observation de Molinier, six mois dans l’observation de Kiskmann.
En général, l’évolution des chondromes du bassin, tout au moins si on n'intervient pas, conduit lentement le malade à la cachexie et à la mort : ce terme est le plus souvent très éloigné pour les chondromes extra-pelviens qui peuvent rester fort longtemps stationnaires, mais il est
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beaucoup plus rapproché, et cela se comprend, pour les chondromes intra-pelviens.
En cours d’évolution, le chondrome peut-il donner lieu à des métastases ? Weber, dans sa monographie, signale le cas d’un chondrome de l'os iliaque qui avait rempli les veines du bassin de thrombus néoplasiques blanchôtres, propagés à l’artère pulmonaire; dans l’observation de Landéta, on trouva à l’autopsie « les ganglions lymphatiques durs, nacrés, et d'aspect cartilagineux, le calibre de la veine fémorale rempli d’une production dure et élastique qui se continuait en haut dans la veine iliaque ». Dans une thèse récente d’Advenier sur l’enchondrome multiple du squelette, cet auteur nous dit, « que les métastases s’effectuent par voie veineuse, rarement par voie lymphatique; quant aux métastases viscérales, elles s’observent presque exclusivement au niveau du poumon et du foie, sous formes de noyaux blanchâtres, d'aspect cartilagineux ». En somme, les métastases du chondrome sont une rareté clinique, et les quelques faits observés sont plutôt des trouvailles d’autopsie.
B. — Pronostic.
Il n’est pas facile d'établir d’une façon générale le pronostic des chondromes du bassin.
Si on se place au point de vue anatomo-pathologique, nous avons vu que le chondrome est une tumeur relativement bénigne, peu susceptible de généralisation; mais on ne peut nier les quelques cas signalés, et comme le disait Virchow, méfions-nous « car le beau rêve de la bénignité du chondrome doit s’évanouir ».
Au point de vue clinique, la question devient encore plus embarrassante : si dans bien des cas la tumeur peut rester longtemps indolente, stationnaire, sans tendance à l’envahissement, mais constituant tout de même une menace permanente pour le malade, dans bien d’autres cas, au
se 44 — contraire, le chondrome se comporte comme une véritable tumeur maligne (Obs. XIII et XVIII). Les chondromes qui évoluent lentement sont, de préférence, les tumeurs dures et peu vascularisées (Obs. XIX); les chondromes à allure maligne sont plutôt les chondromes mous.
Dans l’appréciation de la gravité du chondrome, il faut encore tenir un grand compte de la région dans lequel il s’est développé. Le chondrome extra-pelvien est évidemment le plus bénin; quant au chondrome intra-pelvien on s’en figure aisément la gravité : « Que la tumeur gagne le petit bassin ou qu’elle grandisse dans la fosse iliaque interne il arrivera toujours un moment où elle comprimera et arrêtera plus ou moins le fonctionnement d’organes essentiels à la vie et fatalement par son accroissement incessant, elle conduira le malade à la mort ». (Blanchet.)
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GEPABITRE OV I
Diagnostic.
La même division que nous avons pris pour l’étude clinique nous servira pour le diagnostic : en effet, une tumeur extra-pelvienne dont on peut apprécier tous les contours, la consistance et les caractères physiques, diffèrera singulièrement comme difficulté d’appréciation d’une autre tumeur développée dans l’intérieur du bassin qui ne se révèlera que par des troubles fonctionnels plus ou moins vagues. Si le diagnostic du premier genre de ces tumeurs a pu être souvent porté durant la vie, la connaissance exacte des chondromes intra-pelviens n’a guère été le plus souvent qu’un diagnostic d’autopsie ou même de microscope; cependant, nous nous réservons de traiter à la fin, du diagnostic radiologique des chondromes du bassin, car il permet dans bien des cas d'identifier la tumeur, sans toutefois apporter la preuve définitive que nous donne seul l'examen anatomo-pathologique.