‹ Contribution à l'étude des chondromes du bassinChapitre 7 sur 28 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Molinier. — Bulletin de la Soc. anatomique de Paris, 1865.)

Laurent, Marie-Céline, 34 ans, blanchisseuse, entrée à l’hôpital le 15 janvier 1865; il y a six mois, la malade a senti dans la fesse droite une tumeur grosse comme un œuf de pigeon, qui a augmenté peu à peu; cette femme étant enceinte, n’a subi aucun traitement. Acceuchement normal le 29 décembre.

A l'examen, on note une tumeur située à l’arrière d’une ligne passant par le grand trochanter et l’épine iliaque antérieure et supérieure. Elle est lisse, de consistance molle, hémisphérique et présente une fluctuation obscure, Pas de douleur à la pression. La malade ressent depuis le début, des élancements sur le trajet du sciatique poplité externe. La tumeur n’est pas mobile et semble adhérer à l'os.

La malade est maigre et pâle. La peau de sa face est d’un blanc mat. Une ponction exploratrice ne donne d’abord aucun résultat, puis, il sort un peu de liquide jaunâtre.

Le 5 février, la tumeur a augmenté de volume, la fluctuation semble plus manifeste, pas de douleur à la pression. On évacue d’un coup de bistouri un peu de liquide de même nature que la première fois. La malade s’affaiblit de plus en plus et meurt le 7 février.

A l’autopsie, aucune lésion dans les cavités abdominale et thoracique. La tumeur adhère par un large pédicule à la partie postérieure de l'os iliaque : en somme, tumeur cartilagineuse à marche assez rapide, le développement s'étant fait en sept mois, et ayant déterminé un état cachectique et

la mort.

OBSERVATION III (In Thèse François, 1876, Paris.)

Marie C..., 74 ans, journalière. Cette femme ne donne aucun renseignement. À l'inspection, on note un œdème très prononcé des membres inférieurs et de la paroi abdominale jusqu’à l’ombilic; la peau de l’abdomen est sillonnée de veines

très grosses et très nombreuses, dans lesquelles le cours du sang se fait de bas en haut : cette direction du cours du sang montre qu’il y a un obstacle à la circulation de la partie inférieure de la veine-cave.

A la palpation, on sent deux tumeurs : l’une du côté droit, dans la fosse iliaque, du volume des deux poings, rénitente, élastique, donnant la sensation d’une poche remplie de liquide; l’autre, du côté gauche, dans la fosse iliaque gauche, ayant à peu près le même volume, mais celle-ci est bosselée, irrégulière et plus dure. Cette dernière tumeur paraît être constituée par une masse solide. Au toucher vaginal, le col est élevé et on sent, en avant et en arrière du col, une tumeur rénitente. Le diagnostic qui semblait le plus probable était celui d’une tumeur fibro-kystique de l’ovaire; dans les jours suivants, la malade mourut dans un état de marasme.

A l’autopsie, sous la vessie déjetée à droite et très distendue (c'était la première tumeur que l’on sentait à droite), apparait une tumeur reliée par des bandes fibreuses au gros intestin; cette masse, du volume des deux poings, commence au-dessous du rein droit, atteint inférieurement l’arcade crurale, limitée en dedans par la ligne médiane. Cette tumeur est fluctuante; elle s’offre sous la forme d’une poche dont les parois sont formées par le psoas dont les fibres de couleur noire sont amincies et distendues. La poche incisée, donne naissance à une grande quantité de liquide couleur chocolat; ce liquide, une fois évacué, on voit la véritable tumeur sur la surface de laquelle existe une matière analogue à du pus concret.

La tumeur occupe toute la fosse iliaque interne, elle fait corps avec l'os; sa couleur est jaunâtre, sa consistance très dure. En l’extirpant, on remarque que la cavité cotyloïde gauche est perforée; l’articulation coxo-fémorale est saine, la tête du fémur également. L’examen des viscère n'offre rien de particulier.

OBSERVATION IV (In Thèse Blanchet.)

Homme de 29 ans, originaire de la Maurienne. Il est porteur, depuis dix ans, d’une tumeur de l’os iliaque gauche qui aurait subi, depuis deux ans, une poussée de développement aiguë.

Actuellement, cette masse qui a la forme d’un tonnelet ou d’une outre gonflée, reposant sur la hanche gauche du malade, a des dimensions en largeur presque égales à celles du tronc à ce niveau là. Les contours en sont arrondis, un peu bosselés avec quelques saillies plus accuminées; ils masquent complètement ceux de l’os iliaque correspondant et des régions fessières et crurales gauches. En haut, la tumeur remonte jusqu’au niveau d’une horizontale passant à trois travers de doigt au-dessus de l’ombilic. En bas, elle arrive à l’union du quart supérieur et des trois-quarts inférieurs de la cuisse. La peau n’est ulcérée en aucun point, mais elle est par place livide et distendue.

De grosses veines de circulation collatérale sillonnent les téguments, surtout au voisinage du pli de laine. La consistance de cette masse est solide, avec des points très résistants, presque pierreux; la tumeur est très solidement adhérente, et par une large base, à l’os iliaque gauche dans lequel elle s’est développée, au dire même du malade. Elle ne semble pas encore avoir envahi l’extrémité surpérieure du fémur et la marche est encore possible, peu douloureuse. La claudication que présente le malade n’est pas celle d’une luxation de la hanche par envahissement de la cavité cotyloïde, elle est due à l’envahissement maximum des muscles pelvitrochantériens par la tumeur.

On ne trouve pas de noyaux métastatiques à distance, ni de masses ganglionnaires le long des vaisseaux, ni le long de la colonne.

Le malade est très amaigri, il a une teinte cachectique des téguments et, pourtant, n’accuse aucun trouble du côté des os (colonne vertébrale), ou des viscères (poumons, foie) qui

permet de conclure à une généralisation,

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