‹ Contribution à l'étude des côlites ulcéreuses chroniquesChapitre 8 sur 11 · TRAITEMENT CHIRURGICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CHIRURGICAL

Les nombreux cas d’insuccès de traitement médical dans la côlite ulcéreuse chronique légitiment les efforts tentés par la chirurgie. Celle-ci a pour principe de chercher la guérison en mettant le côlon en repos et d'empêcher le passage des matières fécales septiques sur les ulcérations coliques, qu’elles entretiennent et aggravent.

L'intervention chirurgicale doit en outre permettre de pratiquer des irrigations du côlon par en haut.

C’est un chirurgien français, Follet, en 1884, qui avait comme premier, pratiqué une colostomie pour une côlite ulcéreuse d’origine dysentérique, et avant lui, Hahn (1880) et Skalifassowski, mais c’est Mayo-Robson en 1893 et Keith en 1894 qui ont fait des colostomies gauches pour des côlites ulcéreuses chroniques.

On a imaginé un grand nombre d’interventions pour cette affection:

1° L’appendicostomie qui a pour but de permettre une irrigation du côlon par en haut.

2° L’entéro-anastomose qui réalise la dérivation permanente des matières, mais ne permet pas des irrigations qui semblent nécessaires.

3° La caeco-sigmoïdostomie en Y.

4° La résection colique; elle présente l’avantage de Supprimer la lésion, mais elle offre plus de gravité sur-

tout dans les lésions disséminées où elle est vraiment dangereuse.

Beaucoup d’auteurs préconisent une laparatomie exploratrice ayant pour but de se rendre compte de l'étendue de la lésion, pour décider ensuite le genre de l'intervention.

Les meilleurs résultats suivant la statistique et selon les observations ont été obtenus par iléostomie, surtout dans les cas légers et moyens. Liléostomie nous permet de mettre le côlon au repos complet, une dérivation idéale des matières et la possibilité de pratiquer des irrigations répétées.

Cette intervention appliquée à temps, donne les meilleurs résultats, comme nous avons pu le constater dans un de nos cas.

Nous avons eu, l’occasion d'étudier trois cas de côlite ulcéreuse chronique typique dont voici les observations:

Premier cas:

E. M... Homme de 48 ans, admis pour la première fois à la clinique chirurgicale B, le 7 mai 1930 pour des douleurs abdominales et diarrhées sanguinolentes.

Dans les antécédents, on trouve une vague entérocôlite pendant la guerre. : Pas de paludisme, pas de syphilis, pas de tuberculose, pas de dysentérie.

Maladie actuelle: Il y a 8 jours, après une période de constipation de quelques jours, le malade présente

PAM EAP A ON sr

des diarrhés intenses; 8 à 10 selles par jour qui contiennent des glaires, du pus et du sang. Douleurs abdominales, surtout dans les deux fossés iliaques. Augmentation de la température vespérale. Pas de vomissements. Parfois douleurs à la défécation.

Examen:

Homme de 48 ans, normalement constitué .

Etat général et nutrition moyenne.

Température à son admission: 38° 4.

Pouls: 90.

Pas de lésions constatables au poumon ni au cœur.

Ürine: s. p.

Abdomen: assez souple. Légère défense dans les deux fosses iliaques à la palpation, pas de point éouloureux net.

Foie et râte: s. p.

Tubage: ac. libre 10, ac. total 22.

Transit et lavement baryté:

Remplissage accéléré du côlon.

Quelques signea de côlite.

Toucher recial: Quelques hémorrhoïdes externes. Au-dessus du sphincter on constate une certaine sténose cicatricielle.

Recto-Sigmoïido-scopie: (à 6 reprises).

On voit quelques rétrécissements étagés au niveau du rectum et à 8 cm. on remarque de nombreuses ulcérations de grandeur différente qui présentent dans le fond du pus et qui sont très hémorragiques. |

Examen des selles: Pas de bacilles de Koch.

Pas de parasites.

Pas d’amibes ni de bacilles de Shiga.

Sa e Globules rouges 3 400 000.

Globules blancs 13 000.

Bordet-Wassermann: négatif.

Agglutination: négative.

Traitement: On commence par le traitement médical: régime. irrigations du côlon par en bas, mais au bout de trois semaines, l’état du malade s'aggrave d’une façon alarmante à cause des hémorragies répétées qui affaiblissent le malade considérablement. Après deux transfusions sanguines, on procède à l’intervention chirurgicale le 31. 5. 1930. On commence par une laparotomie médiane sous-ambilicale pour se rendre compte de l’étendue des lésions et on constate une côlite ulcéreuse extrêmement développée à partir de l’angle hépatique du côlon jusqu’à la fin.

On pratique une iléo-caecostomie avec ouverture de la valvule de Bauhin.

Suites postopératoires: le côlon est mis au repos. Les matières sont évacuées par l’iléostomie. On constate par en bas l’évacuation du pus, mais les hémorragies intestinales sont arrêtées. L'évacuation du pus dure plusieurs mois, mais l’état général du malade s'améliore et il augmente de poids. Il quitte le service le 12. 10. 1930 amélioré; il se présente pour des examens le 16. 12. 30 ét le 16. 4. 31. À chaque examen, on constate une amélioration progressive des ulcérations, par la recto-sigmoidoscopie, mais il a toujours encore des matières purulentes. Le malade travaille.

Le 8. 12. 31 le malade se présente de nouveau à la clinique. Il n’a plus d’évacuations purulentes depuis trois mois. A l’examen recto-sigmoidoscopique, on constate une guérison de toutes les ulcérations. On procède alors à Ja fermeture de l’iléostomie.

Nous avons revu le malade le 30 avril 1932 et nous : is

avons constaté une guérison qu'on peut considérer comme durable.

Deuxième cas:

À. 1H;;521p;: RE

A. P.: Brouchopneumonie à l’âge de deux ans.

Pas de dysenterie ni de tuberculose.

Pas de syphilis.

Fabagismes lu Alcoolisme | er

Maladie actuelle: Au mois de septembre 1930 a été pris de douleurs abdominales, suivies de diarrhées glaireuses, qui ont duré trois semaines, et se sont calmées par le régime, les lavements à la camomille et le repos.

Amélioration qui dure deux mois. Après souffre de nouveau, malgré le même traitement. Depuis six mois les diarrhées deviennent plus fréquentes et le malade constate qu’elles sont mélangées de sang.

Son état général s'aggrave et il fait des poussées de température. Son médecin l’adresse à la clinique chirurgicale B le 24. 8. 31,

Examen:

Homme de 32 ans, normalement constitué. On est frappé par l’amaigrissement considérable, la pâleur des téguments et des muqueuses.

Pupilles et réflexes normaux.

Langue saburrale.

Arrière gorge: s. p.

Pas d’adénopathie constatable.

Poumon: Examen clinique et radiologique: négatif.

Coeur: s. p.

Page 1