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que l’on répète au bout de vingt jours ; celles-ci produisent une réaction très intense. La rectoscopie démontre la présence des ulcérations dans tout le rectum, avec masses fongueuses autour, qui saignent au moindre contact. Dans l’anse sigmoïde, jusqu’à trente centimètres de l’anus, la muqueuse est entièrement normale, de même que le reste du côlon; ceci est démontré par la radiographie.
Au bout de quinze jours, apparition d’arthralgies et arthrite des deux poignets, de l'articulation tibio-tarsienne droite, de même que des ulcérations dans la bouche et le voile du palais. Ces ulcérations se caractérisent par un processus nécrotique dans son centre, avec réactions inflammatoires périphériques. Peu après se présentent aussi des ulcérations de la peau et du gland.
Une hémoculture est négative et l’examen du sang donne des chiffres presque normaux.
Malgré une diète variée, riche en vitamines, deux transfusions, des lavements avec acrifiavine, sérum physiologique, bleu de méthylène, autovaccinothérapie, injections intraveineuses de Néocrisol, de Cacl2, le malade ne s’améliore pas.
Au bout de deux mois se produit un abcès périrectal, lequel fut débridé par le docteur Puig Suréda, et donna issue à une grande quantité de pus et de tissu sphacélé ; on constate une communication avec le rectum, par laquelle on peut introduire l’index. L'état du malade devient d’une extrême gravité ; mais ensuite son état général s'améliore, au point que les lésions de la peau et les ulcères de la bouche commencent à granuler. Par contre, la lésion rectale n’est pas modifiée et les évacuations hémosanguinolentes persistent en grand nombre. Le malade continue à avoir, comme d’habitude, une ou deux évacuations de fèces normales par jour.
Notablement amélioré, il part pour la montagne. On lui conseille de faire une cure de repos, bains de soleil, une diète abondante et variée, riche en vitamines, huile de foie de morue, nettoyage de son abcès, etc. On lui proposa aussi un anus artificiel, qu’il refusa.
Au bout de trois mois, il revient nous voir, complètement rétabli, sans fièvre, ayant gagné 14 kilos de poids. Son état local est le suivant : persistance de la cavité périrectale plus diminuée et communiquant avec le rectum. Au toucher rectal, on observe que les parois du sphincter externe sont rigides avec quelques mamelons et ulcérations à sa surface. Par rectoscopie, on voit la muqueuse ulcérée et œdémaciée, avec productions pseudopolypeuses ; on constate facilement le trou de communication avec l’abcès. L’état du malade reste stationnaire pendant onze mois, durant lesquels on souligne uniquement le fait que le rectum se sténose graduellement. Après cette période survient une nouvelle rechute, avec fièvre élevée, expulsion plus abondante de sang et de pus, arthralgies ; des ulcères apparaissent de nouveau dans différentes parties du corps.