OBSERVATIONS
OBS. I (personnelle). — Service du D' Castagnary.
Le 2 juillet 1923 entre à l'hôpital un malade présentant depuis six jours un priapisme continu et des épistaxis très abondantes. Il est aussitôt examiné par l’interne de garde qui se trouve en face d’un homme amaigri, au teint jaune grisâtre, dans un état de faiblesse extrême. L'’abdomen, en revanche, apparaissant volumineux on eut pu songer à une cirrhose, mais sitôt le ventre découvert on est frappé par l'existence dans le flanc gauche d’une volumineuse tumeur dont le ‘bord dur et tranchant dépasse l’ombilic et qui ne peut être développée qu'aux dépens de la rate. Un examen de sang recueilli par piqûre du doigt est aussitôt fait; il montre un nombre prodigieux de globules blancs, polynucléaires et mononucléaires ; un certain nombre, de ces derniers présente des granulations éosinophiles. Il s’agit donc d'une leucémie myéloide.
Le début de l'affection est impossible à préciser. C'est seulement le 29 janvier que, souffrant dans le côté gauche et présentant de la fièvre, le malade se décide à consulter.
Mais bien auparavant on retrouve des signes que l’on peut rattacher à l'affection actuelle.
Disons tout de suite que rien dans les antécédents personnels ou héréditaires ne permet d'éclairer l'étiologie de la maladie, même pas, ici, de ces crises de paludisme notées dans un certain nombre d’observations et auxquelles plusieurs cliniciens feraient volontiers jouer un rôle au moins prédisposant. Notons en 1915 une affection fébrile qui ne dure que quelques jours et pour laquelle le malade alors mobilisé ne fut pas évacué, enfin en 1918 une angine banale. Mais depuis 4 ou 5 ans, c’est-à-dire assez peu de temps après sa démobilisation, le malade a ressenti des douleurs dans l’hypocondre gauche. Ces douleurs, sour-
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ÿ ù IN ; j | so des et intermittentes pendant longtemps sont devenues beaucoup plus: 4 |
vives et continues depuis le mois de novembre 1922. À ce moment "
epistaxis et gingivorragies. Vers la fin de janvier 1923 aux douleurs vient À