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houvelle: un dimanche, il s'était étendu sur son lit dans la journée comme il en avait l'habitude, car il ne pouvait plus travailler ; il voulut se lever, mais à peine était-il debout qu’il fut précipité à terre dans une sorte de crise subite. Il ne perdit pas connaissance, il voyait tous les objets tourner autour de lui, mais il ne put expliquer s’il avait lui-même un mouvement giratoire subjectif. En même temps il avait dans les oreilles des sifflements intenses; quand on l’eut relevé, il se mit à vomir et continua ainsi pendant trois jours; pendant ces trois jours aussi le vertige fut continuel, si bien que le malade ne pouvait faire un mouvement dans son lit. Il paraît n’avoir eu pendant cet espace de temps que de la diminution de l'audition, mais le 3° jour en quelques heures l’ouie se perdit complètement. Cette surdité absolue ne fut pas sans gêner beaucoup pour avoir des renseignements précis, car à la même époque il se produisit de l’obnubilation de la vue avec corps mobiles, flammèches etc... qui fut reconnue plus tard comme liée à de petites hémorragies rétiniennes «et qui l’empêchait de lire autre chose que de l'écriture très grosse. Le lendemain de son entrée il fut pris d’une douleur vive dans l’hypocondre droit avec augmentation considérable du volume, du foie, de vomissements avec angoisse extrême, sueurs froides, état lypothymique, vertige -intense, élévation de la température. Malgré cela il se remit et fut pendant quelque temps dans un état assez satisfaisant. Douleurs vives au niveau du sternum, des côtes, du calcanéum. S'il n’a plus présenté depuis son entrée de grand accès de vertige, il en eut fréquemment de légers. Il ne se passait pas de jours sans qu’il eût des sensations vertigineuses plus ou moins accusées. En marchant il présentait la démarche craintive et. prudente qu’à bien décrite Charcot dans le vertige chronique de Ménières ; il se tenait en effet avec les jambes écartées pour être plus solide sur sa base et autant que possible il faisait en sorte d’être près d’un lit ou d’un mur pour pouvoir se soutenir en cas de besoin. J'ai examiné les oreilles ; il est facile de voir qu'il est absolument sourd «et qu’on ne peut communiquer avec lui que par l'écriture ; si on lui crie à l’oreille ou si on lui parle dans un grand cornet acoustique, il entend'un peu de bruit, mais ne distingue aucune parole. Il n’entend, cela’ va de soi ni la montre, ni l’acoumètre de Politzer. Le grand diapason n'est pas entendu sur le front; il est perçu un
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peu sur les dents, mais le malade ñe peut latéraliser je Son, il n’entend pas sur l’apophyse mastoïde droite et très légèrement sur la gauche. La surdité est donc presque absolue.
L'examen des tympans montre peu de chose, des lésioris de sclérose légère qui nempêchent pas une parfaite mobilité.
L'examen aurait dû être complété par le cathétérisme de la trompe d’Eustache, mais je n'ai pas nsé le pratiquer en raison des épistaxis qui étaient fréquentes chez ce malade et avaient parfois une gravité exceptionnelle.
Depuis cette époque le malade est resté sensiblement dans le même état.
Au mois de février il eut une crise un peu plus violente que les autres et depuis lors il ne quitta plus le lit. Son état alla en s’affaiblissant peu à peu, de l’æœdème des membres inférieurs se produisit, et le malade finit par succomber le 26 avril 1891. À l’autopsie, les deux rochers apparaissent extrêmement poreux (fait qui a rendu la décalcification plus rapide). L'examen de la caisse ne révèle absolument rien d’anormal hormis un léger degré d’épaississement. À droite cependant il y a une ou
deux brides fibreuses reliant la tête du marteau à la paroi supérieure
de la caisse. k
EXAMEN HISTOLOGIQUE. — L'oreille gauche a été coupée parallèlement à j’axe du rocher. Exsudat abondant remplissant le vestibule et présentant jies caractères d’un cailiot ancien en voie d'organisation ; en effet il est composé en majeure partie par de la fibrine granuleuse, dans laquelle il est possible de reconnaître la présence de quelques globules rouges et d’un nombre considérable de globules blancs. Cet exsudat occupe la cavité même du vestibule membraneux.
Sur presque toute l'étendue, on trouve que la paroi utriculaire a sa position normale par rapport à l’os. Ce n'est que par points isolés que l'espace périlymphique est rempli par l’exsudat.
Sur une coupe notamment, il a été permis de voir avec la plus grande netteté la paroi du canalis reuniens et du saccule enveloppant complètement l'exsudat formé dans leuf intérieur. Sur de petits fragments détachés de cet exsudat, il a été possible en outre, de constater très nettement la présence de vaisseaux de nouvelle formation, nettement rami-
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3 fiés, dans l’intérieur desquels il est facile de voir des globules du sang, ‘10 À rouges et blancs. Les ramifications du nerf vestibulaire fortement colorées SEX £ ee en vert par le chrome se voient très bien et on retrouve des crêtes acous- = È tiques presque intactes. É RE D Les mêmes lésions se voient dans les ampoules des canaux semi- 5 circulaires ; l'exsudat les remplit et s’est vascularisé peut être plus encore : 2 que celui du vestibule. >:
Les canaux semi-circulaires présentent un aspect spécial et tout à Es | fait anormal. Au lieu de montrer, comme sur les coupes normales, un re. petit cercle n’occupant que le cinquième de l’espace vide qui représente LÉ le canal semi-circulaire osseux, on voit que la cavité tout entière est FM à remplie par un tissu de nouvelle formation, d’un aspect blanc nacré, Re tranchant assez nettement sur le reste de l'os. Fe canal semi-circulaire » membraneux a seul conservé sa lumière à peu près intacte. De fait à l'examen microscopique, on constate que la cavité tout entière du er canal semi-circulaire osseux est remplie par un tissu formant de grosses ; travées qui ont la constitution de l'os. Par contre le canal semi-circulaire à membraneux est conservé intact et possède encore son épithélium. Sur certaines coupes, toutefois il est fortement déprimé et présente même en certains points un envahissement qui en obstrue la lumière. Limaçon. — Malgré la fixation défectueuse, on peut affirmer que les lésions ne sont pas très considérables. L'’organe de Corti existe encore : l’épithélium du canal cochléaire est conservé; l’on ne voit d'infiltration :
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leucémique ni du nerf ni du ganglion spinal. li existe cependant un peu F5 d'infiltration à la partie inférieure de la rampe vestibulaire, au moins nn dans le premier tour de spire. Cet exsudat se présente sous forme d’un | réseau fibrineux à mailles assez lâches dans lequel dominent les glo- EE bules blancs. En somme les lésions sont beaucoup moins marquées dans TE, WE le limaçon que dans le vestibule et les canaux semi-circulaires.
Oreille droite. — Les lésions se retrouvent avec les mêmes caractères. | On voit le même épanchement occupant là encore, l’intérieur du vestibule membraneux et un peu l’espace, d’ailleurs minime laissé par l’utricule et ne - < le saccule entre les parois osseuses. Les crêtes semblent très peu at- 2 teintes. On en trouve qui sont revêtues très normalement de leur épithélium avec les otoconies et la formation cupulaire. Toutefois on y recon-
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naît plus facilement que de l'autre côté la trace du pigment sanguin sous forme de petits amas rouge brun disséminés. On trouve également un peu d'épanchement dans le canal vestibulaire. Les canaux semi-circulaires, présentent exactement les mêmes lésions qu’à gauche.
Il existe à l'extrémité supérieure du modiolus une quantité assez considérable de points brun rougeâtre analogues à ceux que nous avons vus dans le vestibule.
Nous dirons pour terminer, que la substance osseuse du rocher lui-
même est beaucoup moins compacte qu'à l'état normal qu’elle est plus fortement vascularisée et creusée de nombreuses cavités dans lesquelles on trouve de la moelle osseuse avec de très nombreuses cellules. Par place même on distingue de petits foyers hémorragiques dans l’intérieur de l'os.
OBS. XXXII (résumée). — Politzer in Lannois loc. cit.
Malade de 32 ans, foie et rate énorme; surdité totale. L'examen microscopique de l'oreille intèrne, montre que dans le limaçon droit la rampe tympanique est presque entièrement occupée par du tissu oseux de nouvelle formation. À la partie inférieure de la rampe vestibulaire, amas irréguliers ayant les caractères d’une exsudation leucémique récente. Nombreuses plaques leucémiques aussi dans les canaux semi-circulaires.
À gauche lésions moins accentuées, mais exsudation leucémique manifeste.
OBS. XXXIII (résumée). — Steinbrügge. in Lannois, loc. cit.
Malade ayant eu une affection purulente de l'oreille moyenne gauche et resté sourd de cette oreille.
Hémorragies rétiniennes. Epistaxis.
Le 25 décembre, brusquement, bourdonnements, surdité de l'oreille droite.
Meurt le 8 janvier. À l'autopsie, les spires du limaçon sont dans leur plus grande partie remplies par un exfravasat sanguin. Des extravasats sanguins se trouvent aussi dans le névrilemme du nerf auditif, dans le
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conduit auditif interne. Ses canaux semi-circulaires sont, dans leur plus grande partie, emprisonnés dans une substance osseuse de nouvelle formation
OBS. XXXIV (résumée). — Gradenigo. In Lannois.
Homme de 63 ans. Amaigrissement, larges péféchies sur le dos des mains. Foie et rate volumineux. Augmentation énorme du nombre des globules blancs. Epistaxis. Hémorragies intestinales. Forte diminution de l’ouie survenue en quelques heures sans vertige ni douleur.
À l’autopsie aucune lésion labyrinthique.
. Les deux caisses sont remplies par une substance gélatineuse jaune
rougeâtre en occupant surtout la partie supérieure. L'examen histologique montre qu'il s’agit d’un tissu conjonctif jeune
. parsemé de cellules rondes ou fusiformes et de traînées de globules rouges.
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HISTORIQUE ETIOLOGIE. — PATHOGÉNIE
L'histoire des leucémies commence en 1843 avec Virchow et Bennett. C’est au premier que revient la découverte d’un état pathologique caractérisé par l’augmentation du nombre des leucocytes du sang et par l’hypertrophie de certains organes hématopoiïétiques. Bennett avait bien publié six se: maines auparavant un cas analogue mais il n’en avait pas saisi la véritable signification, attribuant la couleur jaunâtre du sang à la présence de pus.
A dire vrai, avant Bennett lui-même, Barth et Donné avaient observé un cas de leucémie avec hypertrophie de {a rate (1839); mais ayant négligé de le publier, « les deux médecins français laissèrent échapper une découverte qu'ils tenaient entre leurs mains ». (Isambert).
De 1847 à 1856 Virchow et Bennett firent paraître de nou: veaux travaux pour mettre au point leur découverte. Benneu, tout en revendiquant la priorité, adoptait toutes les idées de son adversaire sur la nature de la maladie. Dans toute cette première période, on se contentait de pratiquer la numération des globules blancs et rouges et lorsque le rapport gl. bl./gl. r excédait un certain chiffre l’on disait qu'il y avait leucécie. Î] en résultait une certaine confusion entre les diverses léucémies — pas si complète cependant qu'on pourrait le croire,