‹ Contribution à l'étude des complications de la leucémie myéloïdeChapitre 21 sur 25 · À (ARE · texte numérisé non relu

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Virchow ayant déjà su distinguer une leucémie splénique et une leucémie ganglionnaire, et fait la remarque que la première était caractérisée par la multiplication des globules blancs volumineux, la seconde par celle des globules de petite taille.

Mais la division rationnelle des leucémies devait être la conséquence des travaux d’Erlich qui lui donnaient une base hématologique.

Le savant allemand ayant classé les globules blancs suivant la forme de leur noyau et les affinités colorantes de leur protoplasma, avait été amené en même temps à poser en principe que les divers globules blancs du sang provenaient de deux souches différentes: les cellules granuleuses, de la moelle osseuse ; les cellules non granuleuses, des ganglions. Au point de vue des leucémies la conséquence était qu’il fallait distinguer deux maladies bien différentes une leucémie myéloide provenant de l’hyperplasie du tissu myéloide et une leucémie lymphoide résultant de l’hyperplasie du tissu lymphatique. des ganglions.

1Èes observations, multipliées depuis, sont venues altérer un peu cette belle simplicité. On a découvert la leucémie aiguë qui pour les uns serait d'origine lymphatique, pour les autres d'origine myéloide. On a décrit des formes intermédiaires, la transformation de leucémies chroniques myéloïdes, en leu-

cémies aiguës. Tous ces faits tendraient à montrer qu'il n'y

a pas entre les diverses leucémies une division aussi tranchée. D'ailleurs, au point de vue même de l’origine des leucocytes beaucoup d'auteurs, après Pappenheim Dominici semblent revenir aux théories unicistes (Aubertin). A l'origine de tous les leucocytes on retrouverait le grand mononucléaire primor-

dial orthobasophile, né indifféremment dans le tissu embryonnaire de la moelle ou des ganglions. Dans le premier cas il se transforme en myélocyte granuleux puis en polynucléaire, ‘ dans le second, en lymphocyte. Dans les formes aiguës, ces transformations n’ayant pas le temps de se produire, ce sont les cellules primordiales elles-mêmes qui apparaissent dans le sang. Cette origine commune, explique encore que l’on voie apparaître dans la leucémie myéloïide une réaction myéloide des ganglions, dans la leucémie lymphoiïde une réaction lymphoïde de la moelle osseuse.

L’Etiologie et la Pathogénie sont encore plus discutées que la classification.

La leucémie myéloide s’observe avec prédomiance dans le sexe masculin et à l’âge adulte. Les causes prédisposantes sont à peu près aussi mal connues que les causes spécifiques. On a signalé la fréquence des troubles intestinaux, celle des antécédents paludéens. Bien souvent et c'était le cas pour la plupart des observations que nous avons dépouillées on ne trouve dans le passé du malade aucun antécédent pathologique notable.

Quant à la cause première de la maladie, elle reste absolument inconnue. Deux théories principales restent en présence:

1° La leucémie est un cancer du sang.

2° La leucémie est une maladie infectieuse.

Ce qui rappelle le cancer dans la leucémie c'est la prolifération considérable des cellules et souvent de cellules à type moins évolué que celui des cellules adultes, Mais il faut noter la rareté des figures de caryokinèse, et aussi, si on en excepte le cas curieux de Leétulle et Halbron, l’absence de toute métastase véritable. 11 ne semble pas que l’on puisse considérer

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comme des métastases linfiltration leucémique de tous les organes, du foie en particulier. Un examen histologique précis montre en effet que les cellules n’envahissent pas les parenchymes et n’ont aucune tendance à se substituer à eux, qu’elles occupent toujours des capillaires dilatés. Si néoplasie il y a, il s'agirait d’une néoplasie bénigne, ce qui ne cadre guère avec la gravité de l’évolution. D'ailleurs accepterait-on l’hypothèse d’un cancer du sang admise par un certain nombre d’hématologistes que le problème resterait entier puisque la cause première des cancers reste inconnue.

Beaucoup plus satisfaisante, si elle était prouvée, serait la théorie infectieuse. L'influence des infections sur les organes hématopoiétiques est un fait établi; citons seulement en passant les remarquables travaux de Dominici sur les réactions de la moelle osseuse dans les infections expérimentales ou spontanées. Mais dans les infections dont le germe nous est connu cette réaction reste toujours modérée, elle ne prend jamais ce caractère de prolifération anarchique que l’on observe dans les leucémies.

De nombreux auteurs ont cru découvrir des parasites où des microbes.

Pour Lowit on peut dans tous les cas déceler la présence dans le sang de vaisseaux périphériques, un sporozoaire qu'il appelle l’hémamæba leucémiæ. Monnaberg, lui aussi, trouve mais non d’une façon constante des parasites, différents d’ailleurs de ceux décrits par Lowit. Cette origine parasitaire est absolument niée par Sabrazès, Widal, Merklen, Gilbert, Bezançon et Marcel Labbé.

De nombreux auteurs, dont on trouvera la liste dans la thèse d’Angebaud ont décelé des microbes dans le sang ou les

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