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( de stase ; elle est élargie, ses bords sont troubles et l’ensemble fait une saillie variabie suivant les cas. « Les modifications des vaisseaux portent sur la couleur, le volume et le trajet Les veines sont élargies, d’un rouge rose plus clair que dans les yeux normaux. De distance en distance, elles sont sur une certaine étendue de coloration blanchâtre. Dans une observation de Grément, les veines étaient remarquablement pâles. À l’examen à l’image droite, on voyait très nettemen: dans les grosses veines la circulation sanguine qui donnait l'impression de sable circulant dans un verre rouge ». Les artères sont jaunes pâle, de volume variable suivant les cas. « Artères et veines ne sont plus rectilignes, mais tortueuses serpentines et l’ensemble rappelle assez ces paquets de varices
des membres inférieurs, que l’on a comparés à des entrela- cements de serpents ». Le fond d'œil dans son ensemble pré-
sente deux modifications très spéciales, la couleur, les hémorragies. La teinte du fond d’œil est plus claire que normalement. Au lieu d’une couleur rouge on a une nuance jaune clair légèrement orange ». :
Les hémorragies sont localisées principalement dans l’espace inter-papillo-maculaire et le segment antérieur. Dans la première de ces zones elles sont de dimensions très variables. Dans la seconde elles sont en général du diamètre d’une demipapille. Toutes ces hémorragies apparaissent comme des bulles assez régulièrement arrondies et indépendantes les unes des autres. Leur surface assez régulière présente une couleur jaunâtre au centre avec un liséré rouge sur le bord, plus rarement complètement blanche. Cet aspect tient à la richesse
du sang en leucocytes.
Les symptômes fonctionnels sont vagues et inconstants.
Beaucoup de malades présentent une diminution de l’acuité visuelle, mais parfois à peine sensible. L'acuité visuelle varie de 1/3 à 1/6; nos deux malades avaient 10/10. Jamais de manifesiations douloureuses. |
Les lésions sont susceptibles de régression; mais assez souvent il se fait plus tard de nouvelles poussées qui peuvent atteindre plus profondément la vision.
Le diagnostic de certitude ne peut être établi qu'après examen du sang; mais à elles seules les lésions du fond d’œil donnent une forte probabilité. En effet les hémorragies provenant d’autres causes ne se présentent pas avec cette coloration blanchâtre très particulière au sang leucémique; on n’y observe pas non plus ces phénmènes de stase et cet aspect bien spécial des vaisseaux.
Complications nerveuses,
Les premières observations de leucémies compliquées d’hémorragies des centres nerveux sont fort anciennes. Elles ont fait l’objet d’un mémoire d'Ollivier et Ranvier paru en 1870. Mais faute d’un examen hématologique approfondi et d’une classification précise des processus leucémiques il est très difficile de savoir à quelle catégorie appartenaient ces malades dont quelques-uns au moins étaient vraisemblablement atteints de leucémie aiguë. Isambert dans sa revue générale en rapporte 5 cas. Des observations isolées ont été publiées depuis, visant non seulement des hémorragies, mais aussi des infiltrations leucémiques, des dégénérescences secondaires. Gellé signale même une paralysie faciale consécutive à une atteinte de l'oreille moyenne. I] faut arriver jusqu'en 1910 pour trouver un travail d'ensemble sur la question, celui de Baudoin et Parturier à qui l’on
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peut reprocher cependant de négliger un peu le côté hématologique, si bien qu’on ne sait pas toujours à quelle variété de leucémie on doit rapporter les cas qu’ils signalent. L'observation publiée par Laubry en 1014 est celle d’une leucémie aiguë; en revanche la première observation de Tapie et Cassar concerne bien une leucémie myéloide: on en trouvera plus loin le résumé ; il s'agissait d’une infiltration leucémique de la capsule interne avec seulement joue hémorragies microscopiques.
Faisant la revue des lésions nerveuses que l’on peut observer dans les leucémies, ces auteurs distinguent :
Les infiltrations leucémiques qui semblent être les plus fréquentes, atteignant soit les centres nerveux comme dans le cas cité, soit même des nerfs craniens ou les nerfs périphériques donnant de véritables névrites.
Les hémorragies ont été observées dans la leucémie myéloïde, plus souvent dans la leucémie aiguë. Le cas de Vulpian se rapporte certainement à une leucémie myéloide. Elles appartiendraient à la période terminale, coïncidant généralement avec d’autres hémorragies.
Les dégénérescences médullaires rappellent les accidents observés dans l'anémie pernicieuse. Chez le malade de Baudouin et Parturier, le ramollissement ayant entraîné la para-
plegie était dû à une véritable thrombose leucémique ; il s’agis-
sait aussi très vraisemblablement d’une leucémie myéloïde (bien que l'examen du sang ait été pratiqué dans de mauvaises conditions).
Dans le cas de Romolo Rummo :il existait de multiples hématomyélies et un foyer de ramollissement ayant entraîné une paraplégie d’abord spasmodique, puis flasque.
__ Citons enfin les érüptions zostériennes dont Tapie et Cassar rapportent une intéressante observation avec coexistence de VERS facrale
LES THROMBOSES
Les oblitérations veineuses ne sont pas très rares dans les leucémies ; elles sont rendues faciles par l'abondance extrême des globules blancs qui peuvent dans certains cas produire de véritables arrêts de la circulation par stase leucocytaire sans qu'il y ait thrombose véritable. Même dans les cas où l’arrêt de la circulation, dans une saphène par exemple, produit un syndrome complet de phlegmatia alba dolens avec œdème, impotence et douleur il ne s’agit pas toujours de phlébites véritables. Ménétrier et Aubertin ont démontré ce fait en mettant en évidence l'intégrité des parois vasculaires.
« Ces thromboses sont constituées par un caillot primitif purement leucocytique, non fibrineux et un caillot prolongé leucocyto-cruorique et fibrineux ». On en observe souvent l'apparition simultanée en plusieurs points de l'organisme. Outre les saphènes on peut voir se prendre les veines du cordon, ce qui a pour conséquence la tuméfaction du scrotum avec apparition d’un épanchement liquide assez abondant dans la vaginale. La thrombose cardiaque elle-même a été observée ; elle a pour conséquence la mort subite. Malgré la présence de caillots dans le cœur nous ne croyons pas que cela soit la cause de la mort de notre second malade, C’est encôre à la thrombose qu'il faut attribuer la plus curieuse des complications de la leucémie: le priapisme. L’érection prolongée et douloureuse par infiltration leucémique du corps caverneux
est considérée comme fréquente par Clerc dans son article de la Pratique Médico-chirurgitalé. Cela est certainement exagéré; le priapisme reste un incident rarement observé dans ja leucémie, Nous n’en avons trouvé que 4 cas sur 63 observations. Toutes les fois cette complication avait ses caractères habituels: tuméfaction douloureuse avec absence de désirs vénériens ; durée assez longue. Un caractère particulier de cette complication dans la leucémie est la difficulté du traitement. Le traitement classique est en effet l’incision, et celle-ci est très dangereuse chez un malade à ce point exposé aux hémorragies. Le seul traitement possible est la radiothérapie locale qui a donné des résultats chez notre malade mais après un emploi assez prolongé.