‹ Contribution à l'étude des complications pulmonaires post-opératoiresChapitre 14 sur 28 · COMPLICATIONS INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS INFECTIEUSES

Ce sont les complications infectieuses qui constituent actuellement le problème central de la question des complications pulmonaires post-opératoires. Alors que pour les embolies les circonstances n’ont guère changé depuis les débuts de la chirurgie, le nombre des complications infectieuses augmente réellement avec le nombre croissant des interventions portant sur l'étage sous-diaphragmatique de l'abdomen. Ce qui rend la question des complications infectieuses plus intéressante que celle des embolies, c’est qu’il ne s’agit pas là de ces coups de foudre dans un cielsans nuage contre lesquels nous nous sentons complètement désarmés. Il semble, surtout d’après des travaux tout récents, que nous pouvons agir dans une certaine mesure contre ces complications et ce pouvoir partiel nous incite à vouloir de plus en plus. Nous ne doutons pas que le jour est prochain où le nombre de ces complications sera minime ?

a) Etiologie.

Nous sommes loin de posséder des données aussi détaillées sur la fréquence de ces complications que sur celle des embolies. Toutes les statistiques récentes se portant sur la totalité des complications pulmonaires post-opératoires et nous ne pouvons connaître la vraie fréquence des complications infecüeuses qu'en en déduisant le nombre des embolies qui, comme nous l'avons vu, estrelativement considérable, et le nombre d’atélectasies qui, par contre, est tout à fait négligeable.

Sécrétan et Rey ont publié, en 1929, une statistique portant sur 2165 interventions exécutées à Lausanne pendant les années 1927 et 1928. Sur ces 2165 interventions, il y a eu 82 complications pulmonaires dont 29 mortelles. Cela fait 3,7 % de com plications et 1,3% de morts du fait de ces complications. Selon les auteurs, la grande majorité de ces cas est constituée par des broncho-pneumonies. En effet, si nous nous reportons à la moyenne des proportions d’embolies qui est à 20/9 environ, nous voyons qu'il y a plus de 30 complications infectieuses pour 2 embolies, Cordier avait fait la moyenne de plusieurs statistiques et arrive au chiffre total de 7 %, de complications pulmonaires avec une mortalité de 0,5%. Cet auteur pense que cette proportion augmenterait encore si J’on tenait compte de toutes les formes frustes.

B. Renault 3

On voit donc qu’il s’agit d'un danger autrement plus impressionnant que celui des embolies. Il ne faudrait pas évidemment attribuer une importance exagérée aux statistiques. On sait ce qu’elles valent et qu’elles ne doivent être considérées comme des données absolues. Une récente statistique de Desplas et Ronchèse va jusqu’à 11 % de complications pulmonaires, mais sans mortalité. Il y a des cas particuliers dont une statistique peut difficilement rendre compte. Mais actuellement nous ne possédons que ce moyen-là pour nous faire une idée de l'importance d’une maladie.

En ce qui concerne les interventions qui prédisposent aux complications pulmonaires infectieuses, en premier lieu viennent les interventions portant sur l'estomac. Sécrétan et Rey donnent 23% des complications pulmonaires. Nous pouvons dire que la totalité de ces cas est constituée par des complications infectieuses, car l’embolie n’est pas signalée par intervention gastrique. C’est également cette catégorie qui fournit la plus grosse mortalité. Les auteurs suisses notant, sur 93 interventions gastriques, 22 complications pulmonaires (42,3 %) avec 11 cas mortels, c’est-à-dire une mortalité pulmonaire de plus de 22%. Le maximum de fréquence s'observerait dans les gastro-entérostomies pour cancer: 6 cas sur 23 interventions, c’est-à-dire presque 25 %,.

Après les interventions gastriques viennent les hernies étranglées et celles qui portant sur la vessie

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