CHAPITRE IV
L'ATÉLECTASIE PULMONAIRE
Au point de vue pratique, le problème de l’atélectasie pulmonaire est loin d’avoir la même importance que celui des complications qui nous ont occupé jusqu'ici. L'importance de cette complication est surtout grande au point de vue théorique. À notre: avis, leur existence constitue une preuve importante de l'intervention nerveuse dans la genèse des complications pulmonaires.
Nous ne savons pas du tout quelle est la fréquence de cette complication. N’étant connue que depuis quelques années, les cas publiés sont encore rares et le chirurgien n’est pas habitué à la rechercher. Les principaux auteurs français qui s’en sont occupés sont Lenormant et Iselin et dernièrement R. Simon.
Leur allure clinique cependant est tout à fait spéciale. Il s’agit de malades qui après une intervention portant généralement sur l'estomac, en tout cas sur un organe situé dans l’étage sus-ombilical de l’abdomen, sont pris d'une douleur thoracique subite,
s’'accompagnant de phénomènes infectieux et d’une
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dyspnée violente. Ce syndrome survient généralement 24 à 48 heures après l'intervention, parfois plus tardivement, comme dans une observation de Simon où elle a débuté 10 jours après l'opération. L'examen physique fournit généralement des données de certitude pour établir le diagnostic d'atélectasie. Les signes constatés consistent en une matité absolue qui est parfois étendue sur toute la hauteur d’un hémithorax. Elle s'associe à un silence respiratoire complet avec abolition du murmure vésiculaire et avec un peu d’égophonie et de pectoriloquie aphone. Cet ensemble de signes ne ressemble à rien d’autres. Néanmoins, autrefois, on a confondu certainement des atélectasies dans le groupe des pneumonies post-opératcires. En analysant certaines observa-
tions, Lenormant et Iselin pensent que les atélectasies représentent environ 8 % des complications
post-opératoires pulmonaires. Au point de vue de l'aspect clinique de la maladie, on a insisté sur le faciès et l'attitude des malades. Ils sont légèrement cyanosés ou présentent une coloration rouge brique spéciale. Il existe une inclinaison rachidienne vers le côté malade.
Il faut insister sur le déplacement du cœur qui, selon un grand nombre d'auteurs, est le meilleur signe d’atélectasie. Ge déplacement, très considérable, se fait vers le côté malade, le cœur étant attiré par le vide que crée la rétraction du poumon. L’examen radiologique, s’il pouvait être pratiqué au lit du malade, montrerait une image tout à fait