CONSÉQUENCES PRATIQUES
Un très grand nombre de questions pratiques se posent à propos des complications pulmonaires post-opératoires. Nous ne pouvons nous étendre à toutes, cela dépasserait le cadre de ce travail. Nous nous bornerons à examiner un peu les quelques faits qui découlent de ce que nous avons vu jusqu'ici et qui ont trait au moyen d'éviter et de guérir ces complications. Il ne s’agit pas uniquement de thérapeutique. Nous voulons examiner quelques points de technique opératoire, du choix des malades et des soins pré et post-opératoires.
a) Choix des opérés.
Un des problèmes les plus importants de la chirurgie et qui met la perspicacité du chirurgien à l’épreuve la plus dure est le problème des indications opératoires. Nous faisons, bien entendu, abstraction ici de tout ce qui concerne les facteurs locaux variables avec chaque intervention, comme
également du choix de l'intervention à exécuter, etc.
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Nous ne voulons parler ici que de la sélection des malades en vue de la prophylaxie des complications pulmonaires.
Nous avons fort peu de bases pour une telle sélection. Nous avons déjà dit que les tares pulmonaires antérieures des sujets présentant des complications post-opératoires étaient peu connues, Ïl est néanmoins d'usage, dans tous les services de chirurgie, de ne pas opérer des malades atteints d'affection chronique des voies respiratoires. À la suite de Featherstone, Baillis et Deydrein étudient les facteurs pulmonaires d’un autre point de vue. Il importe d'attribuer une importance à la conformation du thorax, à la plus ou moins grande abondance des sécrétions bronchiques et surtout à l’état des voies respiratoires supérieures. Rechercher au niveau des dents, du nez, du pharynx, des bronches, etc., tous les sièges d'infection focale et tenter leur extinction avant d'intervenir.
Il est inutile d'insister, d'autre part, sur l’importance des modifications sanguines, notamment sur celles du temps de saignement et du temps de coagulation. On sait que les sujets ayant eu des phlébites autrefois présentent une propension à en refaire à la première occasion qui se présente. Redouter donc les embolies chez d'anciens phlébitiques à la suite d'intervention chirurgicale ou d’accouthement. Les auteurs américains, notamment Kelling, insistent sur les autres tares prédisposant
aux complications pulmonaires : alcoolisme, excita-
Dies tion psychique, misère physiologique, cachexie, âge, etc.
Un peu ea dehors de cette question, mais en rapport avec elle, se pose celle de l’état du sujet au moment de l'intervention. Il ne s’agit plus d’une tare permanente, mais d’un état de réceptivité particulière du malade au moment de l'intervention. J.-L. Faure a insisté sur le caractère saisonnier des complications pulmonaires. D’après cet auteur, le maximum de ces interventions se voit pendant l’époque des épidémies de grippe, c’est-à-dire en janvier et en février. Il faut done, autant que possible éviter les interventions dangereuses pendant cette période. Th. de Martel pense que la formule leucocytaire des malades renseigne, dans une certaine mesure, sur leur état de réceptivité. « Une polynucléose, même légère, suffit pour que je recule la date de l’opération », dit de Martel, et, en suivant ce principe, l’auteur croit avoir évité bon nombre de
complications.
b) Les soins pré-opératoires.
Nous ne voulons insister sur les données classiques, en matière de soins pré-opératoires ni sur ce qui découle de ce que nous venons de dire. Un premier point sur lequel nous insisterons est la question de l’ypotension artérielle prédisposant aux complications pulmonaires. Geist et Sombert ont montré que la pression artérielle baissait au cours
B. Renault 4
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de l'intervention et que cette baisse persistait après, Or, les auteurs rendent les purgations préopératoires responsables, dans une certaine mesure, de cette hypotension et recommandent l'emploi de laxatifs doux et ne déterminant pas d’hypotension.
Un autre point important est celui des vaccinations pré-opératoires. Dans un tout récent travail de Lapointe, Duchon, Darfeuille et Jonard,on trouve une statistique de 140 opérés dont une seule complication pulmonaire. Cette dernière complication était due au bacille de Friedlander contre lequel le malade n’était pas immunisé.
Un autre travail récent de Desplas et Ronchèse montre également les résultats remarquables de cette méthode. Nous n'insistons pas ici sur Île choix du vaccin ni sur la technique de son administration. L'essentiel est d'administrer dans les jours qui précèdent l’intervention un vaccin polymicrobien. En principe, on emploie des lysats-vaccins. Nous pensons que ce procédé est destiné à changer radicalement le pronostic des complications pulmonaires infectieuses.
c) Les précautions pendant l'intervention.
Nous dirons peu de l'anesthésie., Malgré que l’on ait démontré le rôle à peu près nul des anesthésiques dans la détermination des complications pulmonaires, la plupart des chirurgiens se montrent fort prudents à cetégard, Il nous semble légi-