‹ Contribution à l'étude des composants de la Prothrombine dans le cadre de la Théorie enzymatique de la coagulationChapitre 13 sur 60 · LE CALCIUM · texte numérisé non relu

LE CALCIUM

Dans les conditions physiologiques normales, le cal cium est absolument nécessaire à la coagulation. Il faut, toutefois, signaler que le Strontium peut permettre de transformer 80 % de la prothrombine en thrombine. Seul, interviendrait le calcium combiné du plasma; ce fait, souligné encore récemment par Quick (108), présente un très grand intérêt, car il permet de dénier toute valeur à un dosage de prothrombiñe qui ne serait pas effectué sur un plasma préalablement décalcifié, la recalcification devant se faire, par la suite, dans des proportions étroitement définies (Quick ibid.)

Pour plusieurs raisons, on peut penser que le calcium intervient en unissant les deux composants A. et B. En effet :

— Dans un plasma décalcifié, le composant B. est plus facilement adsorbable que dans un plasma hépariné;

— Un plasma de poulet ou d’oie, spontanément incoagulable, ne voit son temps de Quick augmenter par diminution du composant A. que il est décalcifié; le même fait est constaté avec un plasma d'hémophile (81).

Le mécanisme physiolologique de la coagulation n’est d'ailleurs pas seul à bénéficier de la présence du calcium : il est, à ce point de vue, très instructif de construire un ‘rapide parrallèle avec d'autres processus entraînant une coagulation artificielle : le venin de Vipera russellii ne serait actif qu'en présence de calcium (5) ou du moins, en l’ab-

sence de calcium, les concentrations de venin nécessaires seraient très élevées. De même, la trypsine voit son activité augmenter très nettement au milieu calcifié (31-35).

Ce fait, que de nombreux corps à propriétés thromboplastiques voient croître leur activité en présence de calcium, sans toutefois que celui-ci soit indispensable aux fortes concentrations, à permis de croire que la tryptase plasmatique pourrait être active dans les mêmes conditions.

Nous sommes maintenant à même, connaissant les principaux éléments du problème, d'étudier le mécanisme du premier temps de la coagulation.

d) MÉCANISME DE LA FORMATION DE LA T'HROMBINE :

Tout semble prouver qu’il existe, dans la coagulation du sang, un processus autocatalytique. Arthus (6) et Nolf (92) avaient déjà pressenti existence de cette forme de réaction. Utilisant les techniques d'Arthus et de Bordet et Gengou (23), Astrup (10-11) affirme que ni la transformation de la prothrombine en thrombine, ni celle du fibrinogène en fibrine, ne sont responsables du processus autocatalytique. Pourtant, employant une méthode très différente, . Y. Bertrand et D. Quivy (15-16-17) mettent, eux aussi, en évidence, l’allure autocatalytique de la coagulation. On est donc amené à penser, avec Astrup (11), Feissly (42) et Laki (68), que l’autocatalyse se trouve dans l'activation d'une protryptase inactive en tryptase active. Les lipoïdes joueraient, ici, le rôle d’activateurs, en même temps que les actions de contact.

Le calcium serait indispensable, non à l'activation de la prothrombine, comme le pense Quick, (10), mais à lPactivation da la tryptase comme le montre Ferranti (50) et on aurait l’équation :

Tryptase — — X Ca + + PILE al = K

Trytase Ca

Quelle va être l’action de la tryptase sur la prothrombine? Certains faits permettent de répondre à cette question.

Comme beaucoup d'activateurs de la prothrombine, Ja tryptase à une action protéolytique ; d'autre part, Astrup et Darling (17-89) montrent que la prothrombine, globuline,

se transforme en thrombine, albumine de molécule beaucoup plus petite. Il y a done un clivage protéolytique de la molécule prothrombine en une ou plusieurs molécules de thrombine. Cette opinion tend, de plus en plus, à être adoptée et Ferguson (46) l’a encore récemment défendue. Le schéma du premier temps doit donc, à notre avis, se présenter de la manière suivante : PROTRYPTASE + LIPOÏDES Re Es TRYPTASE + CA + PROTHROMBINE |

THROMBINE

Soit en réalité deux temps qui, pensons-nous, mériteraient d’être séparés, non seulement parce que la cinétique des réactions y est différente, mais encore parce que les facteurs plasmatiques anticoagulants agissent probablement électivement sur l’un ou sur Pautre.

Le fait que la décalcification préalable ne permet plus de retrouver la réaction autocatalytique (10), donnerait à penser que celle-ci à bien lieu lors de la transformation de la protryptase en trvptase, en l'absence de calcium ainsi que nous le représentons ci-dessus.

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