OBSERVATION
Madame T.…. est âgée de trente-deux ans et n’a présenté aucune maladie particulière jusqu’en 1933. Les premiers symptômes apparaissent progressivement au cours de l’année 1934. Elle souffre de violentes douleurs épigastriques, vomit chaque jour après les repas et maigrit de un kilo par mois. Nous avons pu examiner les radiographies qui ont été faites en mai 1935. Nous avons été frappés d’y constater exactement cet aspect de biloculation gastrique que devait nous révéler trois ans plus tard notre examen radiologique. Le diagnostic de compression du corps de l’estomac a été posé, mais la malade a refusé de se laisser opérer. La malade va tant bien que mal jusqu’en 1936, consultant différents médecins et suivant différents traitements. De 1936 à 1937, une accalmie se produit; la malade ne souffre plus, ne vomit plus et reprend 6 kilos.
En juillet 1937, les douleurs deviennent intolérables,
les vomissements presque incoercCibles, l’état général s’aggrave rapidement. Nous examinons la malade à cette période. Elle a maintenant 35 ans. Elle est très amaïigrie,
deshydratée, sans forces.
Examen clinique : la région de l’hypocondre gauche est douloureuse, spontanément et à la pression. La palpation de cette région donne une sensation de résistance uniforme, mais ne permet pas de percevoir nettement une
masse.
Examen radiologique (Docteur DorMayx) : la baryte dans l’estomac dessine une première poche, vaste et haut située; elle descend ensuite par un défilé très étroit mais nettement visible. Elle remplit lentement au-dessous du défilé une poche inférieure, puis la portion horizontale de l’estomac. Jamais la partie moyenne de l’estomac ne s’injecte complètement, même en position de TRENDLEN- BURG. Mais les plis de la muqueuse gastrique restent bien visibles et parallèles. Il n’y a ni niche, ni image lacunaire. Cet examen permet de conclure à une compression extra gastrique de l’estomac.
Examens de laboratoire : Urée : 0,30. Glycémie : 0,78. Globules rouges : 2.000.000. Globules blancs : 10.000. Vernes acétates de cuivre : 180.
Intervention (Docteur H. MizniEr) Hôtel-Dieu. Anesthésie générale à l’éther.
Laparatomie sus-ombilicale. On perçoit une masse qui occupe l'arrière cavité des épiploons. On pénètre dans cette arrière cavité par décollement colo-épiploïque. On
constate l’existence d’une masse du volume d’une tête
d'enfant dont on saisit bien les limites en haut, en bas et dehors et qui tient en arrière et en dedans. On trouve aisément un plan de clivage autour de cette tumeur. Les plans qui l’entourent sont durs et scléreux. On arrive sur la zone d'implantation de la tumeur sur le pancréas. Celle-ci intéresse approximativement la jonction du corps et de la queue du pancréas. On pratique une pancréatectomie sub-totale, enlevant la tumeur, le corps et la queue du pancréas. Les vaisseaux spléniques sont isolés du pancréas en posant une série de ligatures sur les petits vaisseaux pancréatiques qui en partent. Un surjet ferme le moignon pancréatique et un drain est placé à son contact. Une transfusion est faite après l’intervention, les suites opératoires sont simples. Le drain est enlevé au huitième jour, il n’y a jamais eu d’écoulement de liquide pancréatique. F
Pendant 2 mois, on assiste à une amélioration très nette; la malade ne souffre plus, ne vomit plus et reprend du poids. Mais en décembre 1937 elle pâlit, se cachectise
et meurt.
Description de la pièce (Docteur FEYEL) : à la coupe, la pièce se montre constituée d’un tissu hômogène, assez compact à la périphérie de la tumeur, mais présentant dans la région centrale un aspect encéphaloïde. L’examen histologique révèle, au contraire, une structure relativement polymorphe. Dans l’ensemble, les différentes images observées peuvent être groupées pour constituer trois types de structure que nous décrirons successivement.
a) Dans certaines régions très limitées l’élément néo-