CONDUITE DE NOTRE TRAVAIL
Nous avons limité notre travail à l'étude de l’Anastomose phréno-sympathique de la base du cou (A.P.S.). (x)
L'A.PS. est en effet le seul connectif entre le nerf phrénique et les nerfs du poumon.
Notre travail a comporté :
— des recherches d’organogénèse ; — des recherches anatomiques, histologiques, physiologiques, opératoires.
Ces recherches ont porté sur :
— des embryons et des fœtus, — des cadavres adultes , — des chiens.
L'A.P.S. est de découverte et de manipulation
(x) Gette abréviation désignera désormais l’anastomose phréno-sympathique de la base du cou, objet de notre étude.
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délicates. Nous donnerons les techniques que nous avons suivies selon les sujets étudiés.
A) — Chez les fœtus et nouveau-nés (24 dissections (2), l’'A.P.S., quanid elle existe, est profonde, grêle, fragile. La dissection conduite sous le contrôle de la loupe binoculaire est difficile. Une incision le long du bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien, prolongée verticalement sur la ligne médio-sternale, nous a permis de récliner d'un seul bloc le grill costal, la clavicule. On découvre alors facilement le phrénique à ses deux extrémités : en avant des scalènes, et dans le médiastin. La portion intermédiaire d’où naît l'A.P.S. est d’un abord difficile. La veine sous-clavière est sectionnée entre deux ligatures. Les veines du confluent de Pirogoff sont réclinées de chaque côtés en- ménageant le nerf du sous-clavier et son anastomose au nerf phrénique. À droite, la découverte de l'A. P.S. est alors relativement facile. De bas en haut on libère le nerf phrénique de ses adhérences avec les vaisseaux mammaires internes. On tombe alors sur l’origine de l’A.P.S. La découverte du ganglion cervico-thoracique permet de suivre l’A.P.S. sous l’artère sous-clavière. À gauche, la dissection “est plus laborieuse. L’artère sous-clavière et le ganglion stellaire sont en effet très profonds. Cepen-
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+ Q : L à (2) Sur 32 disseclions, nôus n'en avôns retenu que 24: 1 embryon de 12 cm. ; 8 fœtus de 20, 22, 23, 24, 28, 34, 36, 37 CM. ; 4 nouveau-nés de 4r, 43, 94 et 55 cm.
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dant une forte traction sur l'origine du tronc thyrobicervico-scapulaire permet d’extérioriser l'artère sous-clavière et d'exposer l'A.P.S.
Chaque fois que cette technique a permis de mener à bien la dissection, nous avons procédé :
1) À un relevé de la disposition in situ du phrénique, de la chaîne sympathique et de leurs connexions. :
2) Au prélèvement d’un seul tenant de ces cordons aux fins d'examen histologique.
3) Au prélèvement du poumon homolatéral que nous avons soumis aux épreuves de docimasie hydrostatique et à l'examen “histologique.
B) — Trois sujets adultes formolés nous ont fourni un matériel suffisant pour retrouver les données classiques relatives à l’anatomie des connexions végétatives du nerf phrénique.
C) — Mais nous avons trouvé des conditions beaucoup plus propices à nos recherches, au cours de huit autopsies de sujets dont la mort remontait à moins de 48 heures. Une étude du nerf phrénique sur le cadavre frais est possible, sans contrevenir aux prescriptions légales régissant la pratique des autopsies en France. L'incision médiane pubo-sternale nous a toujours suffi pour enlever d’un seul bloc : les viscères cervico-thoraciques, la première côte et le dôme pleural avec les éléments vaseulo-nerveux du creux sous-claviculaire, les
muscles pré-vertébraux, sans altérer les nerfs phréniques et les chaînes sympathiques. Sur ce bloc, nous avons eu tout loisir d'étudier commodément la disposition de l’A.P.S. I suffit d’effondrer par sa face endo-pleurale le fascia endo-thoracique pour la reconnaître. Nous avons appliqué aux nerfs une technique de coloration voisine de celle employée pour l'étude des lymphatiques. A laide d’une très fine aiguille intra-dermique montée sur une seringue, nous injectons très lentement sous la gaine du nerf une solution alcoolique de mercurochrome (3). Le colorant fuse sous la gaine le long du nerf et le long des collatérales. De cette façon, l'A.P.S. et le plexus supra-pleuralis deviennent visibles par transparence à travers la plèvre pariétale.
La même incision thoracique nous a suffi pour reproduire sur le cadavre les techniques classiques d'interruption chirurgicale du phrénique en contrôlant leur retentissement sur l'artère sous-clavière, la chaîne sympathique et l’A.P.S.
D) — Enfin, nous avons voulu tenter une étude physiologique de FA.P.S. chez l'animal.
La dissection d’un premier chien nous à monlré que les connexions végétatives du phrénique chez cet animal étaient calquées sur celles de Fhomme, Malheureusement, les difficultés de son abord
(3) Solulion aqueuse filtrée de mercurochrome à :/r000, étendue d’une partie égale d'alcool à go°. Cf. Communication à la Soc, d’Anat. de Paris (séance du 6 Nov. 1947).
ont découragé tout essai d’excitation directe de l'A.P.S. chez le chien vivant.
Chez le lapin, nous n’avons pas trouvé d’ho- -mologue de l’A.P.S. Nous nous sommes bornés, chez le chien endormi, à étudier les répercussions de la section et de l’excitation du phrénique sur la sécrétion bronchique. Recueillant séparément la sécrétion de chaque poumon, notre dispositif a permis d'apprécier les réactions du poumon sollicité par rapport au poumon opposé témoin.