‹ Contribution à l'étude des constituants techniques de la TourbeChapitre 4 sur 59 · LA CELLULOSE · texte numérisé non relu

LA CELLULOSE

Le principal constituant de la plante fraîche est la cellulose. Il est donc facile à comprendre que beaucoup de chercheurs étaient d'avis qu'elle avait joué un rôle prépondérant dans la formation des combustibles minéraux solides (Wiliscenus, J. für prakt. Chemie, p. 471, 1909 ; Heuser, Ztschr. f. angew. Chem. p. 393, 1913). Wheeler & Jones (Constitution of coal p. 707, 1916) ont trouvé tout naturel cette hypothèse qui paraissait d’ailleurs être confirmée par les expériences de Bergius. Cet auteur traita la cellulose sous pression en présence d’eau à des températures de 300 à 330c et obtint une substance qui ressemblait aux acides humiques. Mais nous verrons par la suite que les produits de Bergius diffèrent des acides humiques naturels. Cagniard de la Tour, Violette, Baroulier, Frémy et d’autres (C.R. 88, 1048, 1879) ont chauffé du bois et des plantes sous pression à des températures de 300 à 3609 et ont obtenu des masses de couleur brun-noir.. Ils en concluaient que les combustibles minéraux solides s'étaient formés par un processus analogue, maïs toutes les théories basées sur ces expériences ont été réfutées par les travaux de Fischer & Schrader (Brennst. Chem. p. 37, 1921 : p. 65, 1922). La décomposition de la cellulose avait déjà été observée par Mitscherlich en 1850 (Hinrichsen &

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Taczak, Chem. der Kohle, p. 63), Van Tieghem (C.R. 88, p. 205, 1879) publia en 1879 un mémoire sur la fermentation de la cellulose par l’amylobacter. Ses travaux furent confirmés ensuite par Hoppe-Seyler (Ztsch. ‘f. physiologische Chem. 66, p. 13, 1899). Tappeiner (Berichte p. 999, 1882; p. 1734, 1883) a démontré que, dans la vase des maraïs, il se trouvait des microorganismes capables de dégrader la cellulose. Parmi les auteurs ayant étudié l’action des bactéries, citons : Walther (Allg. Paläntologie, p. 162, 1919), Stocklasa (Handbuch der biochem. Arbeitsmethoden t. 5, Ile partie, p. 891), Omeliansky (Handbuch der techn. Mykologie t. III, p. 245, 261, 262), White & Thiessen (Brennst. Chem. 2, 40, 1921), Rose & Lisse (J. Ind. and Eng. Chemistry p. 284, 1917 ; p. 354, 1920).

Fischer & Schrader ont admis que la cellulose avait été dégradée avant le début de l’humification, de sorte qu’elle n'entre pas en ligne de compte comme élément constitutif des combustibles solides. Nous ne partageons pas entièrement cet avis, car nous avons déterminé dans les tourbes analysées jusqu'à 17 % de cellulose, de sorte qu'il serait plus exact de considérer la cellulose comme ayant joué un rôle secondaire dans la formation des tourbières.

La cellulose est un glucide ayant comme formule générale (CSH10O5)n. La valeur attribuée à n varie. Nastjukoff (Berichte 33, 1900 ; 34, 1901) l’évalue à 39-40, Skraup & Geinsberger (Monatshefte f. Chem. 26, 1905), Bumcke & Wolfenstein à 6 (Berichte 32, 1889), Duclaux & Champetier (Grignard VIII, t. II, p. 861) à 50, etc. La détermination de n présente de grandes difficultés parce que les méthodes de détermination du poids moléculaire ne donnent pas de résultats corrects. Nous savons que la cellulose est une polyose c'est-à-dire composée de glucides simples après l’élimination de molécules d’eau et qu’elle ne contient ni groupe CH O ni groupe CO. :

Il existe plusieurs sortes de celluloses. Nous distinguons des origines végétales, animales et bactériennes. Plusieurs auteurs comme Cross & Bevan, Wolfenstein, Koenig & Huhn, Tollens & Bumcke (Berichte 34, 1436, 1901 : 34, 2416, 1901) ont essayé de classer les celluloses. Mais à l'époque où leurs travaux furent publiés, les observations manquaient ou étaient insuffisantes, de sorte qu’une classification était impossible. Ordinaire-

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ment nous parlons de cellulose, de cellulose hydratée : de composition élémentaire identique à la cellulose, d'hydrocellulose contenant une molécule d’eau chimiquement fixée, d’oxycellulose contenant plus d'oxygène.

Dans notre travail nous ne mentionnerons que l’action des réactifs utilisés sur la cellulose et les transformations chimiques observées au cours de l'élaboration des méthodes de séparation des constituants techniques.

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