dans le manque de méthodes appropriées
2.) dans le fait que les ingénieurs ne considéraient la tourbe que comme combustible ou que les agriculteurs recherchaient des engrais ow l’assèchement de grandes surfaces de terrains pour les rendre à la culture ;
3.) dans l'introduction de termes comme humus, acides humiques, fulviques, géiques, etc., pour des substances dont on ignorait la composition chimique.
Au début on se contentait de rechercher quelques constituants connus comme par exemple les corps solubles dans l’éther et l'alcool et la cellulose. Zaiïler & Wilk (Ztschr. f. Moorkult. & Torverwtg. 5, 40, 111, 197, 1907), Minssen (Landw. Jahrbuch 44, 269, 1913: 65, 124, 1927) avaient trouvé que la tourbe à sphaignes contenait beaucoup de matières pouvant être extraites à l’éther, tandis que d’autres échantillons ne donnaient
que de faibles rendements à l'extraction. Des travaux
à ee Be sur la cellulose de la tourbe sont dus à Feilitzen & Tollens (J. Landw. 46, 7, 1898), Hess & Komarewski (Ztschr. f. angew. Chem. 41/%541;1998 5:42. 8336, 1929), Waksman & Stevens (Soilsc. 20: 113, 1928 ; 26, 29971928 97 271, 1929 :. 27, -389. 1929). Schneider & Schellenberg (Ges. Abhandlg. z. Kenntn. d. Kohle t. 5, 377, 1928) ne purent identifier la présence de cellulose. Ces résultats différents peuvent être expliqués par le fait que lés recherches ont été faites dans un cas sur des tourbes jeunes, dans l’autre cas sur des tourbes de marais très anciennes. Pendant les 20 dernières années différentes méthodes, pour la constitution de la tourbe ont été publiées. Avant d'exposer nos méthodes nous en donnerons un aperçu sommaire.
Keppeler (J. Landw. 68, 43, 1920) a proposé d'évaluer le degré d'humification d’une tourbière en déterminant les sucres réducteurs formés par l’action de l'acide sulfurique à 72 %. Les résultats obtenus seraient en relation avec la teneur en polyosides, car plus une tourbe est humifiée, moins grande est sa teneur en cellulose. À «ce mode opératoire on peut objecter qu'il ne nous donne aucun renseignement sur les composés de la tourbe -
et qu'il s'applique surtout aux tourbes à sphaignes.
En 1926, Oden & Lindberg (Brennst. Chem. 7, 165, 1926) recommandaient une méthode qui présente déjà un gros progrès sur celle de Keppeler. Ces auteurs privent la tourbe de cire, résine et corps gras par un traitement à l'éther pendant 6 à 8 heures. Le résidu de cette opération est soumis dans un autoclave pendant 12 heures à l'action de l'acide sulfureux normal. Ce qui passe en solution est considéré comme lignine, maïs dans cette seconde phase d’autres constituants se dissolvent aussi : des constituants solubles dans l’eau. Après élimination de la lignine, la tourbe est chauffée pendant plusieurs jours avec de l’ammoniaque 2N, et ensuite dans un autoclave à 110° pendant 3-5 heures. Les matières humiques déterminées de cette façon ne peuvent être qu'un mélange de substances, car l’action de l’ammoniaque porte aussi sur d’autres groupes de constituants, par exemple les pentosanes, la cellulose. Le résidu de toutes ces opérations est additionné de liqueur de Schweizer pour séparer la cellulose. Cette méthode ne peut donner des renseignements que sur les teneurs en cire et en cellulose, tandis que pour les constituants principaux comme la lignine et les acides humiques les chif-
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fres sont erronés. Les auteurs ont appliqué leur mode opératoire aux sphaignes et ont trouvé une teneur en lignine de 75,8 %, pour Eriophorum vaginatum ils indiquent 57,9 %. En appliquant la méthode de Willstaetter:
Sphagnum parvifolium (sphaigne à petites
feuilles) donne nee ee 9.2 0 Sphagnum médium (sphaigna à feuilles : ee MOYENNÉS ES TEE Me 16.14 % de lignine.
Eriophorum vaginatum (linaigrette des ma- False me ee rer 32.6 %
(Stadnikoff, Baryschewa, Kurbatow, Communication du laboratoire des Combustibles, Moscou 16, IX, 1929).
Waksman & Stevens (Soil Sc. 26, 239, 1928) ont proposé pour la recherche de la constitution de la tourbe la détermination de 8 groupes de constituants :
1) la fraction soluble dans l'éther ;
2) la fraction soluble dans l’alcoo!l ;
3) la fraction soluble dans l’eau chaude et l’eau froide;
4) les hémi-celluloses ou hydrates de carbone hydrolysables par les acides dilués chauds ;
5) la cellulose ;
6) la lignine ;
7) la protéine brute ;
8) les cendres.
La séparation lignine-cellulose est exécutée en traitant le résidu de 4) à froid avec de l’acide sulfurique à 80 % pendant 2 heures, après ce temps on dilue avec 15 parties d’eau et chauffe dans un autoclave à 1200 pendant 1 heure. La teneur en sucre du filtrat est utilisée pour le calcul de la teneur en cellulose. Le chiffre trouvé pour la lignine nous donne d’après ce mode opératoire la somme lignine + acides humiques de sorte que la méthode ne peut nous indiquer le degré d’humification d'une tourbe ; elle serait utile pour l'analyse de plantes ou de boïs, de substances ne contenant pas d'acides humiques.
Thiessen & Johnson (Ind. and. Eng. Chem. Anal. Ed. 1, 126, 1929) ont modifié la méthode de Oden & Lindberg. Ils épuisent d’abord l'échantillon avec de l’eau froide et chaude avant de faire l'extraction à l’éther. Pour éliminer la lignine, ïls utilisent le bioxyde de chlore. En traitant ensuite le résidu avec de l’alcali et de la pyridine ils essaient de classer les acides humiques.
FA Les résultats peuvent être faussés par la matière minérale, les pentosanes et par l'attaque des acides humiques.
Stadnikow & Baryschewa (Loc. cit.) épuisent la tourbe avec un mélange benzène-alcool ensuite avec de l’eau froide et de l’eau chaude. La tourbe obtenue après ces traitements est extraite plusieurs fois au bain-marie avec de la soude à 1 %, afin de séparer les acides humiques. Au résidu se composant de lignine et de cellulose on applique la méthode de Willstaetter et on calcule la cellulose d'après las sucres formés. On peut objecter à cette méthode que le solvant benzène-alcool extrait non seulement le bitume de la tourbe, mais aussi une portion des acides humiques, que l'utilisation de la soude pour la séparation des produits acides est inappropriée
à cause de l’oxydation de la lignine.