‹ Contribution à l'étude des contusions du foieChapitre 11 sur 24 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Ilest des cas où la violence du traumatisme provoque une mort presque immédiate, due en général à l’ensemble des désordres qui accompagnent la lésion hépatique. Parfois cependant, alors que le foie est seul lésé, par un coup de pied de cheval par exemple, la mort immédiate peut être causée par une syncope provoquée par la commotion et plus souvent encore

par une hémorrhagie foudroyante consécutive à la rupture de quelque gros vaisseau.

Tous les grands traumatismes abdominaux se

manifestent d’une facon générale par les mêmes si-

gnes : mais il ne faudrait pas croire cependant qu’on ne puisse quelquefois sinon affirmer, au moins soupçconner avec beaucoup de chances d’exactitude la contusion du folie.

D’abord il faut s’efforcer de connaître exactement la cause de l’accident : il faut surtout déterminer avec précision le point d'application de la violence. Il est

bien évident que dans les contusions directesle point

d'application de la violence sera celui où les lésions

atteindront leur maximum, les expériences de Terrillon l’ont nettement établi ; les signes sont moins nets dans la contusion indirecte, la déchirure par contre-coup.

En dehors de quelques cas particuliers, lorsqu'un malade à reçu sur l'abdomen un coup violent, il est en état de shok. Il est pâle, anxieux, avec les traits tirés, les lèvres cyanosées, les yeux cernés, les pupilles contractées et immobiles : son front est couvert d'une sueur froide, ses extrémités sont glacées. Son pouls est petit,rapide, parfois presque insensible, sa respiration courte, haletante, suspirieuse. Tantôt il se plaint de vertiges, de bourdonnements d’oreilles, d’éblouissements ; tantôt des nausées, du hoquet, des vomissements bilieux le secouent et aggravent encore ses souffrances presque toujours vives. D’autres fois des convulsions surviennent, le malade délire, 1! tombe dans le collapsus et succombe dans Padynamie.

Le ventre parfois ballonné, parfois au contraire aplati et comme excavé par la contraction des muscles abdominaux, est sensible et douloureux.

La douleur est un signe de la plus grande valeur. Une douleur fixe profonde, localisée au point contus est bien souvent, lorsque le point contus est lhypocondre droit, le signe caractéristique d’une lésion du foie.

I peut y avoir également des irradiations doulou-

ÉTTauS

reuses à l’épaule droite et au larynx ainsi qu’à lappendice xiphoïde. Boyer pensait que la douleur à l'épaule survenait plutôt dans les lésions de la face convexe du foie par suite de l’irritation du nerf phrénique et du plexus cervical ; celle à l’appendice xiphoïde coïnciderait plutôt avec des lésions de la face concave et serait due à l'irritation du plexus solaire : mais ces lésions ne sont pas démontrées. Ce qui au contraire est net, c’est la douleur au point contus qui est réveillée, exaspérée par la pression. Cependant dans les cas communs,au moment où l’on examine le malade, la douleur est généralisée. Plus tard, évidemment, le deuxième ou troisième jour la douleur se localise au foie. Mais au début on ne peut tirer de Ja localisation de la douleur un élément de pronostic. Dans l'observation de Maubrac {1) la région hépatique n’était pas douloureuse alors que des douleurs très aiguës siégaient dans la région hypogastrique. Dans l'observation de Mauclaire (2}il y avait de la douleur au niveau de l’hypogastre et du foie. L'hémorrhagie est d'importance variable et d’'appréciation plus ou moins difficile : faible elle est impossible à reconnaître. Abondante et prolongée elle se manifeste par tous les signes qui caractérisent les pertes de sang ; état syncopal, pouls petit, filiforme,

(1) Maubrac, Progrès médical, 1885, p. 471.

) Mauclaire, loc. ett,

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