‹ Contribution à l'étude des contusions du foieChapitre 17 sur 24 · ERA · texte numérisé non relu

ERA

semble cependant n'avoir donné jusqu'ici ci que Er É

médiocres résultats.

É OBSERVATION 1 (Personnelle).

Le 2 mars 1904. à six heures du soir, nous recevons à l’h6pital Tenon, dans le service de notre maitre, le docteur Rochard, le nommé P. V..., âgé de 43 ans, maçon, employé aux travaux du métropolitain ; ses camarades qui l’accompagnent nous disent qu'il a été renversé sur le dos par un gros madrier qui lui a comprimé le ventre en travers. Le malade est pâle, la respiration est courte, rapide, il ne peut prononcer un mot; son visage est angoissé. Le pouls est petit, très rapide. Transporté immédiatement dans la salle, il perd plusieurs fois connaissance dans son lit. L'examen de son ventre ne montre pas de trace extérieure de violence, ni plaies ni éraflures. Par contre, la contracture des muscles de la paroi abdominale est très nette, la défense musculaire, surtout accusée au niveau de l’hypocondre droit. A ce niveau, la palpation est extrêmement douloureuse, la douleur s’atténue lorsque l’on s’écarte de la région ; elle est presque nulle au niveau de 14 fosse iliaque gauche. mais la contracture de la paroi abdominale existe encore dans cette région. La région épigastrique nous semble un peu soulevée. La percussion douloureuse au niveau de la région hépatique et épigastrique, donne en ces deux régions une matité très nette. Le pouls est à 110, plus rapide et plus petit qu’au moment de son arrivée à l’hôpital. La température rec-

tale à 3602.

UT

Nous portons le diagnostic de rupture du foie ou de l’estomac, causant une hémorragie interne abondante.

Avec l’autorisation de notre maître, le malade est transporté immédiatement à la salle d'opération.

A peine installé sur la table, avant même de commencer l’anesthésie chloroformique, le malade sortant de son état de torpeur présente des signes d’excitation manifeste. [Il s’agite, pousse des cris, et veut se lever. Cette excitation cesse rapidement avec les premières gouttes de chloroforme. Le malade étant préparé, nous incisons la paroi abdominale, à deux centimètres environ de l’appendice xyphoïde, pour descendre jusqu'à l’ombilic. Le péritoine ouvert, nous trouvons une quantité de sang considérable épanchée en avant de l’éstomac et du petit épiploon. L’estomac est saisi, attiré en partie à travers la plaie. [1 ‘est à peu près vide et ne présente rien à sa surface. L’estomac est rentré dans l’abdomen, et protégé avec des compresses. Ces dernières ne tardent pas à être imprégnées de sang. Nous dirigeons alors nos recherches du côté du foie. Des compresses stérilisées, glissées sous la face inférieure du foie sont ramenées, trempées par le sang. Elles sont renouvelées, et laissées en place pendant quelques instants ; nous les retirons moins imprégnées de sang que les précédentes.

L'hémorragie ne semblant point provenir d'une plaie de la face inférieure du foie ou des vaisseaux du hile, nous abaissons le plus possib'e le lobe gauche du foie. Dans ce mouvement, il s'échappe une certaine quantité de sang, comprise entre le diaphragme et la face convexe du lobe gauche, qui ne présente cependant point de rupture. Pour nous faire plus de jour, nous n’hésitons point àsectionner transversalementle muscle droit, du côté droit,dans presque toute sa largeur. En réclinant les lèvres de là plaie, et après tamponnement, nous découvrons une rupture du foie. située sur la face convexe du lobe droit, parallèle au ligament supérieur dont elle est distante d’environ-deux tra- | vers de doigt. ;

Cette rupture commence àu niveau du bord antérieur du foie.

Page 1