PRESSIONS
Les ruptures du foie sont fréquentes à la suite d’éboulements, ou du passage d’une roue de voiture sur l'abdomen. Le mécanisme de ces ruptures mérite de nous arrêter un instant. Il n’a pas été admis de la même façon par tous les auteurs, et cependant, il nous semble assez simple. Le point d'appui est ici : la colonne vertébrale et le plan costal postérieur : la puissance est représentée par l’agent traumatique. Le foie comprimé entre ces deux forces, cède suivant une ligne perpendiculaire qui réunit les deux forces. La courbure de la face convexe du foie, doit se trouver exagérée ; c'est ce qui doit expliquer la plus grande fréquence des lésions à la face convexe de l’organe. Ainsi dans l’observation de Ziembicki (1) la voiture passe obliquement sur la région dorsale et lombaire ; on trouve alors une vaste déchirure du foie comprenant presque toute son épaisseur et s'étendant obliquement d’un lobe à l’autre. Dans l’observation de Mauclaire (2) le même mécanisme explique la direction de la déchirure du foie. Dans une observation personnelle où 1l s'agissait d’un macon renversé par un madrier qui comprimait transversalement
(1) Bulletin de la Socièté Anotomigue, 1872. Tome XVII. pago 393. (2) Bulletin médical, 18 septembre 1901.
l’hypocondre droit et la région épigastrique nous trouvions en l’opérant une déchirure profonde, située sur la face convexe du foie, au niveau du lobule droit, ‘parallèle au ligament suspenseur, à deux travers de doigt en dehors de celui-ci.
Terrillon. explique les lésions de la face inférieure au concave du foie, par un mécanisme analogue. Sous l’action du traumatisme, il se produit un redressement de la courbure normale de cette face qui tend brusquement l’enveloppe et une portion variable de tissu sous-jacent, et occasionne leur rupture.