NT NET
gration des lignes de faîte qui s’éloignèrent de la Sonnaz pour se rapprocher de plus en plus des vallées voisines. Les petits ruisseaux que ce cours d’eau reçoit des flancs des croupes séparatives de Seedorf et de la Faye subirent à leur tour le contre-coup de l’approfondissement de sa vallée, car, en attirant à un niveau inférieur les thalwegs de ses affluents, la Sonnaz augmenta nécessairement leur énergie potentielle, ce qui leur permit, si ce n’est même les obligea, de faire reculer près de leur source la ligne de partage et de rapprocher, par conséquent, leurs origines des thalwegs des vallées longitudinales voisines. Ainsi de petits ruisselets, la Crausa et le Tiguelet, parvinrent, après avoir coupé leurs croupes séparatives, à décapiter, le premier la Bibera, en amont du point où se trouve actuellement le village de Courtepin, le seconde le Lavapesson, au Nord-Ouest du village de Givisiez.
Les altitudes suivantes sont instructives :
Confluent de la Sonnaz et de la Sarine à Pensier 522 m. Confluent de la Crausa et la Sonnaz à Pensier,
CHVITON ET SOLAIRES 522 m.
Coude de Done à re Dre ms DEN Pente moyenne du cours de la Crausa sd 5-28 40 406
et après le coude de capture . . . SALSA IG Ligne de partage entre la Crausa et la Bb à D82 m. Distance moyenne entre les vallées de la Crausa-
Bibera et de la Sonnaz, environ . . . 3 km.
Confluent de la Sonnaz et du Tiguelet à Belfaux DAT, Coude de capture en face de Givisiez, environ 615 m.
Pente moyenne du cours du Tiguelet avant . . 9 0/00 et après le coude de capture . . . ne 36 0/00. Ligne de partage entre le Tiguelet et le Rene 618 m. Source actuelle du Lavapesson, environ . . . 616 m. Distance moyenne entre les vallées de la Sonnaz et du rio du Lavapesson, environ . . . . 1,5 km.
Après la capture, comme l’a fait remarquer M. Davis, le cours d’eau modifié se creuse une vallée fortement en-
SPAS We
caissée en aval et en amont du coude, d’où il suit que la présence d’une pareille vallée peut être considérée comme l'indice d'une modification récente, car, avec le temps, la tranché va en s'élargissant.
Fig. 7. Le TIGUELET, ÉTAT ACTUEL.
Remarquer: 1. la faible distance qui sépare les sources actuelles du Lavapesson de la tête du rio obséquent de la Tourbière (la ligne de faite entre ces deux cours d’eau est formée, a cet endroit, uniquement par le talus de la route Fribourg-Belfaux, v. fig. 7); 2. la faible distance (moins de 100 m.) qui sépare la tête du rio de la Perrausa du cours du Tiguelet.
Fig. 8. ETAT ANCIEN DE LA VALLÉE DU TIGUELET-LAVAPESSON. Remarquer la disposition en chapelet des mares et des tourbières postglaciaires, dans la vallée du Lavapesson. (Les fig. 5 et 6 présentent sur environ un kilomètre de rayon certainement deux des beaux exemples
à l'appui de la théorie des captures.)
OC ee
Le Tiguelet n’a pas encore eu le temps d’approfondir sa vallée en amont du coude; ce travail n’est qu’ébauché à l’entrée de la vallée transversale où un ruisselet obséquent, 1 d’une longueur d'environ 600 m., vient le rejoindre. Ce ruisselet, que nous appellerons le rio de la Tourbière, reçoit, outre les eaux de plusieurs rigoles d’assèchement, le tribut de deux rios. Le premier prend naissance à la lisière du village de Givisiez, le second dans un ravin, à environ 1 km. Sud-Ouest de ce village.
Tous les deux font un coude prononcé pour rejoindre le rio de la Tourbière, ce qui semble indiquer qu'après la capture du Lavapesson supérieur, ils continuaient à déverser leurs eaux dans le cours d’eau décapité jusqu’à l’instant où ce rio obséquent les soutira au profit de la Sonnaz. Malheureusement, l'étude de ruisselets d’un si faible débit ne permet pas de se prononcer avec une entière certitude, les travaux de cultures et de corrections ont pu modifier la direction primitive naturelle de leur cours. ?
La capture du Lavapesson supérieur s'est opérée en amont d’une cuvette bien caractérisée sur la carte par la courbe de niveau 615 dont la boucle s’infléchit à l'Est pour entourer cette dépression, au lieu de remonter le cours du Tiguelet en amont du coude de capture, comme on est en droit de s’y attendre. Grâce à cette cuvette qu'occupait une de ces nombreuses flaque d’eau tourbeuse, héritage de l’époque glaciaire, les eaux du Lavapesson supérieur, aidées par les deux affluents du rio de la Tourbière, subirent, probablement après leur capture par le rio du Tiguelet, pendant un certain temps, un double écoulement, vers la Sarine et la Sonnaz.
Il est à remarquer qu'actuellement encore la tête du Lavapesson et le coude de capture du’ Tiguelet se trouvent à peu près à la même altitude, séparés par une ligne de
1) M. Davis indique par l’épithète d'obséquent un cours d’eau ceoulant en sens inverse de sa pente originelle.
2) Voir fig, 7 et 8.
3) Voir fig. 25, ainsi que la feuille 330 de l'atlas Siegfried.
faîte qui, sans la route cantonale de Fribourg-Belfaux, serait imperceptible à l'œil. C'est cette route qui, accaparant pour son tracé le point où le territoire occupé par le marais est le plus étroit, forma la vraie ligne de partage entre les bassins de réception de ces deux cours d’eau désormais séparés. 1
La capture de la Bibera supérieure par le rio de la Crausa doit avoir précédé celle du Lavapesson supérieur. Quatre ravins émis par la Crausa en aval du coude de capture attaquent les flancs de sa vallée transversale; un seul vient rejoindre le Tiguelet en aval du coude à Belfaux, dans des conditions à peu près semblables. Le Sensuy qui occupe le plus grand des quatre ravins, affluents de la Crausa, atteint une longueur de plus de 2200 m. et reçoit, en outre, le tribut de plusieurs émissaires secondaires dont l’un atteint une longueur de 600 m.; l’unique affluent débouchant dans le Tiguelet, en aval du coude, n’a guère plus de 450 m. Pour obtenir de pareils résultats, la Crausa dut, par conséquent, bénéficier, après la capture de la Bibera supérieure, d’un temps plus considérable que n’en disposa le Tiguelet. Cette conclusion, tirée de l’examen des lieux, s'impose à priori; car, lorsqu'un cours d’eau entre, par suite d’un déplacement négatif du niveau de base, dans un nouveau cycle d’érosion, l’affouillement de son thalweg se fait, grâce au mécanisme de l'érosion regressive, à partir du niveau de base vers l’amont. Par conséquent, avant la régularisation complète du lit de ce cours d’eau, on peut y trouver un point en amont duquel l'influence du nouveau cycle ne s’est pas encore fait sentir ; tandis qu'en aval de ce même point le cours d’eau s’est creusé une profonde vallée, encaissée s'il est vigoureux, qui tend à empiéter de proche en proche sur le tronçon supérieur avec une rapidité proportionnée à son énergie. Les affluents débouchant dans la partie de la vallée déjà soumise à l’action du nouveau cycle subissent nécessaire-
1) Voir fig. 9.
‘S— 19 310p99S 9p ouI[[09 op oureys 8[ HOME UO y urAUI np ofpeJuo, | Su ‘UOSSo (ARTS np uisseq np otre ju} oj101p % oproq ej mb 9/09 RIQHNO L, 8] 9P ON of sup oyjol os oyonuS & ono e[ oSuor mb 010811 ET ‘oÂUx ef op oAreredos 9UNOLD VI 9p PMU % opieduoo oj1ey op OUSIL 97J00 0p jouer op nod 0j onbivwerz ‘uossodeawrr np 190 J JofonSLE, np uIsseq 91 omquo o2vjred op OUSIT 9p 09170,[ Jre7 mb xneyjog-Simoquiy o7nox EL 9p UOÏUOT} J—"T ‘OLWIQINOT, Ej op ‘juonbosqo ‘orx TI—Y 'M-S 9p Snssop-ne onjs ‘oingdeo 9p opnos DD [UAU U9 JO[ONSIT, NP [RSIOASUVI} UIAUI ‘UOSSOdRAUTT-JO[On SLT, NP 9J8UrPNJSUOL 89[2A H-N — M-S NOSSHAVAVT AG OTX AT LH LATHNOI], NA OIN HT AAILNA HOVILHVA AA ANOTT ‘6 "SLA
ment tous le contre-coup du nouvel état de chose, car en attirant leurs thalwegs à un niveau inférieur, le cours d’eau majeur augmente, par le fait même, leur énergie potentielle et les oblige à remanier leurs lits, afin d'atteindre un profil d'équilibre conforme aux exigences nouvelles.
Par conséquent, chaque fois qu'un changement dans les rapports établis entre la surface terminale et le niveau de base doit entraîner un remaniement du réseau hydrographique, les affluents subiront tous un travail d'adaptation, non simultanément, mais par ordre de proximité de l’embouchure du cours d’eau majeur, dont le déplacement vertical détermina la rupture de l’ancien équilibre.
La Crausa, premier affluent de la Sonnaz à partir de l'embouchure, dut donc, la première, s'adapter aux conditions nouvelles; vint ensuite le tour du Tiguelet et enfin, actuellement, celui du rio de la Perrausat, le plus éloigné des trois. Ce dernier est, en effet, sur le point de décapiter, ” à son tour, le Tiguelet en amont du village de Corminbœuf. Le talus de la route qui longe la rive gauche du Tiguelet préserve seul le cours supérieur de ce ruisseau d’une capture qui devrait être très prochaine, car la ligne de faite qui sépare ces deux ruisseaux touche à la route.
Histoire et morphologie de la vallée de la Crausa-Bibera. Peu de vallées ont gardé aussi bien caractérisé et presque dans toute leur fraîcheur, le paysage et la topographie glaciaire, que la vallée longitudinale de la Crausa-Bibera avec son prolongement Sud-Ouest (le rio du Moulin supérieur). L'érosion par les eaux courantes ne s’y est réellement fait sentir qu'à l’entrée des ravins transversaux qui soutirèrent, en plusieurs points, les eaux du cours d'eau occupant jadis cette vallée sur toute sa longueur.
Nous venons de donner faute de mieux le nom de cours d’eau à un écoulement vague, sans thalweg défini, suivant la pente générale du terrain entre deux croupes séparatives, produit plutôt par un débordement que par l’écoule-
D ENVoirA Ier.
Echelle 1:15 000
G.Michel Afinger sc.
Equidistance 5 7°
MCE Borel& CE Neuchâtel