OBSERVATION N
Nouveau cas de coussinets des phalanges, sans autre détermination conjonctive
par MM. JausroN, F. Carczrau et J. Maspori
Re re LLC ACT TEMPS
Notre malade, une manutentionnaire en chaussures, âgée de 33 ans, est venue consulter à Bobigny, le 6 février 1943, pour des placards érythémato-squameux pityriasiformes de la face interne des cuisses, des régions axillaires et des seins, lésions que la stérilité des squames, et la posivité des tests mycotoxiniens, permettent de rapporter à l’allergie mycosique.
C’est au cours de notre examen que nous découvrons, sur la face dorsale de l'articulation phalangino-phalangienne de index gauche, un nodule corné, légèrement douloureux à la pression, et mobile sur le plan ostéo-articulaire. Il infiltre l’hypoderme et déforme les plis cutanés.
Son apparition remonte à un mois. D’abord minuscule, il n’a pas tardé à s'étendre à toute la face dorsale de l’articulation interphalangienne.
Le squelette sous-jacent n’est pas atteint.
Cuti-réaction tuberculinique, et intradermo-réaction glucidique sont faiblement positives.
La réaction de Bordet-Wassermann est négative.
L’exploration somatique ne décèle aucun trouble tant organique que fonctionnel. Seule, la tension artérielle est basse : 12,5 mx -— 8 mn. (Vaquez et Laubry): L’examen du tégument dans son ensemble révèle pourtant :
a) quelques callosités professionnelles des paumes, de siège métacarpophalangien, thénarien ou hypothérarien, selon les cas.
b) une verrue plantaire au pied droit, verrue qui daterait de trois à quatre années.
c) de petits troubles circulatoires des extrémités,
sous forme de cyanose intermittente des doigts et du nez ;
d) de fréquentes poussées d’herpès génital, à échéance le plus souvent cataméniale.
L'épisode d’eczéma, cause de l’instance, est la première réaction cutanée caractérisée que fasse la malade : elle a d’ailleurs perdu le souvenir de son intertrigo premier. Elle allègue néanmoins quelques poussées urticariennes antérieures.
Elle ne témoigne, ni de tendance à la sclérodermie, ni de rétraction tendineuse.
Une biopsie totale de la callosité dorso-phalansienne montre : une couche cornée très épaisse, qui égale l’épaisseur du corps muqueux, et comporte une kératine hyaline, homogène, compacte, sans tendance à l’exfoliation ;
une couche granuleuse très épaissie, et qui présente jusqu’à 7 à 8 assises dans les zones les plus riches. Elle comprend des strates d’éléidine en grains, où les noyaux sont encore visibles, et des couches plus nombreuses d’éléidine diffuse, en plaques qui masquent le noyau. Les strates profondes sont composées de cellules à vacuole juxtanucléaire. s
un corps muqueux de Malpighi, très acanthosique, émettant des crêtes interpapillaires longues. Les cellules filamenteuses ont gardé leur éxoplasme polyédrique : leur noyau est pycnotique, anguleux, et souvent entouré d’une vacuole. Plus profondément, les cellules filamenteuses ont conservé noyau et nucléole ; leur cytoplasme présente la lésion dite « altération cavitaire de Leloir ». Près de la couche