‹ Contribution à l'étude des Cowpérites dans l'Uréthrite chroniqueChapitre 26 sur 44 · ME · texte numérisé non relu

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glandes sont cachées au fond du périnée, et par conséquent très difficiles à atteindre, aussi avons-nous eu recours à une technique un peu spéciale.

La palpation simple de l'urèthre ne permet pas, en effet, saul le cas de grosse augmentation de volume par abcès de la glande, de la sentir.

Lu palpation sur Beniqué, introduit dans le canal, est encore ici bien incertaine comme résultat, car étant données la profondeur ét la situation des glandes diaphragmatiques, on n’a que des renseignements bien incomplets sur le siège de la lésion.

Nous nous sommes alors adressés à la palpation bidigitale qui, avec un peu d'habitude, rend de très grands services.

Palpation bidigitale. — Pour la'‘pratiquer convenablement, le malade doit être couché sur le dos, sur un plan bien résistant ; le corps bien symétriquement placé, les cuisses et les jambes demi-fléchies, les talons joints, les genoux écartés. La tête sera à plat, sur le plan même du lit, le siège sera surélevé par un coussin dur. Il est préférable que la table ou le lit sur lequel est étendu le malade, soit d’une hauteur moyenne pourne pas gêner les mouvements de l’avant-bras.

Le malade étant ainsi bien placé, et respirant librement, profondément, on introduit dans l’anus l'index, enduit de savon, sa ace palmaire en haut. Dès que le doigt a pénétré et a dépassé sa région sphinctérienne, on le fléchit en crochet, restant bien en deçà de la base de la prostate et conservant la face palmaire en haut. L'index s'accroche en quelque sorte à la région sphinctérienne ; ainsi placé, il

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peut facilement déprimer la paroi rectale. Pour bien exécuter ce toucher, l'avant-bras ne doit pas être relevé, mais il faut qu'il repose sur Le plan du lit.

Fig. IT.

A l'aide du pouce appuyé contre le périnée, on refoule peu à peu les Lissus juste en dehors de la ligne médiane : il s'avance progressivementle long du bulhe, aussi profondément que possible, au fond d'une sorte de gouttière formée par le bulbe en dedans et le corps caverneux en dehors.

L'index et le pouce élant ainsi placés on arrive, avec un

peu d'habitude, à sentir du côté interne une sorte de petite

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nodosité dont le volume varie de celui d’une noisette à celui d’un gros pois, fixée sur la partie latérale profonde de, l’urèthre et qui représente la glande de Cowper augmentée de volume. Lorsque la glande est saine, on ne {a sent pas en général, augmentée de volume elle est donc perceptible et on peut la faire rouler entre les deux doigts, index dans le rectum, pouce au périnée. La même recherche doit être faite des deux côtés, pour cela on pourra, pour plus de facilité, palper à droite avec la main droite, à gauche avec le pouce et l'index gauches. Ce procédé, on le voit, est simple Let ne nécessite qu'un peu d’habitude.

B. ÉTUDE DU CONTENU DES GLANDES DE COWPER. — Le palper bidigital ayant permis de constater l'augmentation le volume des glandes de Cowper diaphragmatiques, il importe, par le massage et l'expression, de rechercher et d'étudier leur c&ntenu, comme on le fait pour la prostate et la région bulbaire. La manière de procéder est la même : l’on devra done tout d’abord examiner la goutte uréthrale recueillie aseptiquement, soit par le malade lui-même, le matin au réveil avant sa première miction, soit par le médecin, au moment de son examen, à la condition que le malade n'ait pas uriné depuis deux ou trois heures. Cette goutte colorée et examinée au miscroscope ne sera qu'exceptionnellement aseptique : on y trouvera, le plus souvent. des leucocytes accompagnés de microbes divers, tantôt le gonocoque seul, tantôt accompagné d’autres diplocoques ou cocci, parfois le gonocoque manquera el on ne trouvera que des cocci ou des diplocoques non spécifi-

ques.

L'on fera ensuite l’épreuve des trois verres afin de pouvoir constater et recueillir au besoin les filaments d'uréthrites que peut contenir le premier. La présence de filaments ou de grumeaux plus abondants dans le deuxième et le troisième verre sera d’ailleurs un bon signe permettant de penser à une lésion de l’urèthre postérieur.

Dans ce cas encore l'examen microscopique du dépôt centrifugé permettra de voir s’il existe du pus et des microbes el de reconnaitre la nature de ces derniers. Toutefois on sait que la présence de pus dans le troisième verre n'a qu'une valeur relative, car, pour qu'il existe, il faut déjà une suppuration abondante au niveau de l’urèthre postérieur, ce qui, en général, n'est justement pas le cas dans les vieilles gouttes chroniques. É

Enfin l'examen du contenu de la glande de Cowper fait à son tour et dans les mêmes conditions que celui de la Prostate et de la région bulbaire permettra seul de fixer la source de réinfection du canal. Pour cela on aura recours à l'expression de la glande par le massage, en pratiquant le palper bidigital tel que nous l'avons décrit.

On procèdera de la façon suivante : le malade ayant uriné, on lui fera un grand lavage vésical avec une solution d’oxycyanure de mercure faible à 4 p. 2.000 environ, puis on remplira sa vessie de cette même solulion. On massera alors pendant quelques minutes les deux glandes de Cowper saisies séparément entre le pouce et l'index, de façon à les vider aussi complètement que possible de leur contenu.

Il faudra avoir bien soin de ne toucher, à ce moment-là.

ni à la prostate. ni à la région bulbaire qui peuvent être

simultanément infectées, car leur contenu déversé dans l'urèthre pourrait fausser le résultat de l'examen. On fait ensuile uriner le malade dans un verre, maison ne recueille que le premier jet qu'il faut alors examiner. Macroscopiquement ce liquide sera plus où moins trouble, avec ou sans grumeaux. À l'examen microscopique, après centrilugation et coloration, on recherchera les microbes dont on différenciera le gonocoque en ayant recours, si la chose est nécessaire à l’épreuve du Gram.

Le liquide examiné après le massage des glandes de Cowper peut être aseptique ; on pourra, en effet, n’y trouver aucun microbe, ces faits sont rares, et encore faut-il avoir fait des cultures pour pouvoir affirmer que l’on est en présence de l’un d'eux. Il faut se rappeler que cet état aseptique est, comme l’a dit Motz dans son travail sur les uréthrites chroniques : « l'indice d'une lésion importante, qui est due à la stagnation du pus qui n’arrive dans l’intérieur du canal qu'après la destruction, la digestion des microbes qui ont provoqué la suppuration ». Ici la cause de cette rétention doit être due à l’inflammation de la muqueuse des canaux excréteurs, qui peut même déterminer de l’atrésie de ces conduits, comme l’on peut voir survenir de la sclérose de l’urèthre postérieur.

Lorsque la prostate et les autres glandes annexes de l’urèthre seront aussi supposées atteintes, il faudra procéder à leur examen à chacune en particulier et d’une manière identique. Il sera le plus souvent préférable de faire cet examen en plusieurs séances, s'adressant chaque fois à un autre organe.

Pour nous en tenir à notre sujet, nous dirons en termi-

s, ia

nant ce chapitre que : connaissant d'une part le volume des glandes de Cowper, ayant étudié, d'autre part, leur contenu, on peut conclure de leur état et affirmer l'existence et le degré d'une cowpérite uni ou bilatérale. De là à la considérer comme me cause de réinfection constante du

canal uréthral, ny a qu'un pas.

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