‹ Contribution à l'étude des Cowpérites dans l'Uréthrite chroniqueChapitre 28 sur 44 · DE COWPER · texte numérisé non relu

DE COWPER

Les causes d'échec les plus fréquentes, chaque fois que l’on soigne une uréthrite chronique, sont dans la réin/ection constante du canal et des glandes que l’on a traitées, par les autres organes annexes de l'urèthre qui ont échappé au traitement.

Il faut donc s'occuper à la fois des glandes de Cowper, de la prostate, des glandes de Littre et des glandes intra- bulbaires et de l’urèthre lui-même.

On procédera de la même manière ; c'est d’une part le massage direct de la prostate avec le doigt dans le rectum, massage qui doit porter sur les deux lobes : c’est pour les glandes de Littre et les glandes intra-bulbaires, le massage sur Béniqué et le massage de la région périnéale qui peut être pratiqué entre les séances de traitement par le malade lui-même. La dilatation déjà utile pour la cowpérite, l’est peut-être encore plus ici et devra donc être associé au massage.

Le massage digital est de beaucoup le plus simple et le plus pratique, le massage électrique est trop compliqué et n’a pas assez fait ses preuves. Il n'est du reste à la portée que de quelques spécialistes.

La dilatation doit être méthodique pour donner de bons résultats : elle peut être faite avec les dilatateurs d’Ober-

pi

lander ou de Kollmann qui sont d’excellents instruments qui peuvent devenir dangereux entre des mains inexpertes. Le plus souvent on aura recours de préférence à la dilatation à l’aide des bougies ou mieux encore des Béniqués.

Pour bien faire la dilatation, il ne faut pas passer rapidement quelques bougies ou Béniqués, € on doit arriver, dit Motz, autant que possible au n° 60 et laisser cette bougie dans le canal une dizaine de minutes en moyenne. En dilalant on comprime, on masse les infiltrations profondes et on provoque du côté de l’urèthre des contractions spasmodiques, un auto-massage, ayant pour but d'expulser la bougie(1). »

Nous n'insistons pas sur le traitement local de l'uréthrite chronique antérieure avec ou sans gonocoque, à l’aide du pansement à demeure, tel que Motz l’a décrit dans son article des Annales en 1903, mais il est bien entendu que lon devra y recourir simultanément à celui des autres glandes chaque fois qu'il aura ses indications.

On voit que nous avions raison de dire que ce traitement est des plus complexes. Quand la glande de Cowper parait seule atteinte on s'attaque à elle seule, mais il ne faut pas oublier que le plus souvent la prostate est aussi infectée.

(dj I faut surtout retenir de ce que dit Motz, la nécessité qu'il ÿ 4 de praliquer de grandes dilatations, sans qu'il soit nécessaire néanmoins, d'arriver au n°60, car le degré de dilatation que l'on peut atteindre impunément est variable suivant les individus.

AA

Lorsqu'on voudra pratiquer une séance de traitement, on commencera par faire uriner le malade. Si la goutte ne contient pas de gonocoque, an se contentera de faire un

grand lavage vésical avec une solution d'oxycyanure de

PS

mercure à { pour 2.000 ; s'il y a encore du gonocoque, on se servira de permanganate de potasse. Dans l'un et l'autre cas il faudra laisser dans la vessie environ 160 grammes de hquide, et on procédera au massage, pour le pratiquer on prendra la position que nous avons indiquée au chapitre précédent : on massera aussi les autres glandes s'il y a lieu. Ce massage terminé on fera uriner le malade afin de balayer le pus qui aura été chassé des glandes. On pourra ensuite faire une séance de dilatation si on juge la chose ulile, mais dans ce cas il faut avoir soin de toujours terminer par un grand lavage. Plus tard on pourra avoir recours aux inslillations au nitrate d'argent; ces insüillations ont pour but de guérir l'uréthrite postérieure qui accompagne {oujours la prostatite et la cawpérite.

Les séances doivent être renouvelées tous les deux ou trois jours ; el en général après trois ou quatre semaines de traitement, surtout si les glandes de Cowper étaient seules en cause, on verra une uréthrite jusqu'alors rebelle guérir complètement.

La vérification de la guérison séra faile d'une part par la disparition de la goutte, d'autre part par l'examen microscopique de la sécrétion uréthrale et du liquide de lavage qui seront reconnus dépourvus de leucocytes el de microbes.

En dehors de ce traitement local, il sera bon de faire

prendre au malade certaines précautions hygiéniques qui

aideront à la guérison. Son régime alimentaire sera sévère et dépourvu de tout mels excitants. I devra éviter les excès de table et la constipation. Il veillera à supprimer toutes causes de congeslion du petit bassin, telles que les excès sexuels, les promenades à cheval ou à bicyclette prolongées.

Le soir en se couchant, après avoir pris un lavement évacuateur, il conservera dans le rectum 30 à 60 grammes environ d’eau à 40 où 50°. Un bon adjuvant sera quelquefois un suppositoire de temps à autre, à l'icthyol ou à l’onguent gris.

Notre seul but ici était d'insister sur le traitement particulier de la cowpérite au cours de l’uréthrite chronique, nous terminerons en disant avec Pasteau, que de nombreuses observations nous ont permis d'arriver à cette

conclusion, que les cowpérites restent souvent inapercues dans l'uréthrite chronique, sans doute à cause de la difficulté que l'on trouve dans leur recherche si on n'emploie pas une technique appropriée, et que d'autre part la qué: rison complète des uréthrites qui s'étaient jusque-là montrées rebelles à tout autre traitement doit pousser le spécialiste et le praticien à rechercher par principe et à traiter

les cowpérites au cours de l'uréthrite chronique.

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