‹ Contribution à l'étude des crises de tétanie Crises de tétanie dans la dilatation stomacaleChapitre 13 sur 32 · NATURE. PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

NATURE. PATHOGÉNIE

On doit, avant tout, se demander ce que sont ces accidents. D’après la description que nous venons d’en faire ils diffèrent quelque peu de la tétanie classique. Faut-il réunir dans un même cadre tous ces cas de contractures qui surviennent ; les uns à la suite de lactation prolongée (1), de diarrhée chronique; d’autres d’une façon en quelque sorte épidémique où l'on a incriminé la nature rhumatismale, mais chez qui la suggestion et l’imitation semblent jouer un rôle prépondérant ; d’autres enfin à la suite de l’extirpation d’un goître ou dans le cours d’une affection gastrique.

Dans les premiers cas la maladie est bénigne et ne se termine pour ainsi dire jamais par la mort, seulement c’est la véritable tétanie des extrémités qui reste localisée aux membres et n’atteint que très rarement les autres muscles de la face et surtout ceux du tronc.

Dans les autres cas on a affaire à une affection qui a avec le tétanos les plus grandes affinités : elle est généralisée à toute l’économie, la contracture est la

même; mais ce n’est pas du vrai tétanos, elle dispa-

1. Trousseau. Contractures des nourrices. Gaz. des hÔp., 1854, n° 87.

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raît complètement pour reparaître plus tard, elle s'accompagne souvent du coma. Taudis que dans le tétanos 1l y a une conservation singulière de l'intelligence jusqu'aux derniers moments.

De ces cas bénins de contracture simple des extrémités à la contracture généralisée on observe tous les : intermédiaires, il semble que ce soit une même chose, à la généralisation près, et que tous ces cas doivent être rangés sous le même litre, bien que la terminaison en soit différente.

Et cependant la tétanie n'est pas à proprement parler une véritable maladie, une entité morbide spéciale, ce n’est qu'une complication qui peut survenir dans le cours des états les plus divers et sous l'influence des conditions étiologiques les plus variées. « Quelle parité établir entre la tétanie bénigne des nourrices, dit de Beurmann (1), la tétanie épidémique, la tétanie consécutive à l’extirpation du corps thyroïde étudiée récemment par les chirurgiens allemands et les accidents qui se sont produits chez notre malade ? L'incohérence du chapitre étiologique consacré à la tétanie nous semble démontrer que le seul bien qui unisse des faits si dissemblables est leur similitude clinique. Nous pensons donc que l’on sera amené à démembrer la tétanie et à préciser les différences qui séparent ces diverses formes, au lieu de les réunir artificiellement sous une dénomination clinique ».

Les observations qu'on en a rapportées, dit Ste-

1, De Beurmann, Soc. méd. hôpilauzx, 1889.

op

wart (1), sielles diffèrent dans leur forme, leur marche et leur pronostic, se ressemblent beaucoup par leur description clinique.

Des auteurs se sont posé ce problème, mais sans chercher à le résoudre pour savoir si l’on devait conserver l'unité de la tétanie. « Si les formes légères: cadrent bien avec la théorie réflexe, il n’en est plus de même des cas où des phénomènes généraux très accusés, où l’albuminurie se sont produits et qui portent le cachet d’une réelle malignité imputable à un processus d'intoxication » (Dreyfus-Brisac) (2).

De même Lœæb (3) fait la distinction entre les contractures réflexes, venant à la suite d’une irritation périphérique quelconque et les cas de tétanie plus ou moins généralisée. Comme M. Dreyfus-Brisac, il admet pour la première catégorie de faits la possibilité d’une origine réflexe, mais que cette pathogénie ne saurait à aucun titre convenir à la seconde série des cas.

C’est donc à la pathogénie qu'il faut s'adresser pour voir si, en dehors des apparences cliniques, il y a quelque lien qui réunisse tous ces cas.

La première théorie en date est celle de Küssmaul (4) nous ne la citerons que comme historique tant elle est peu vraisemblable, son auteur d’ailleurs l’a abandonnée depuis, d’après le témoignage de Lœæb. II

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