‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 10 sur 54 · LB ES · texte numérisé non relu

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Marche et durée. — La crise gastrique peut être,

constituée par un unique paroxysme durant quelques,

heures. En général, elle est constituée par des accès.

successifs qui durent 24, 30 heures, plusieurs jours et.

même une ou deux semaines. Soupault distingue à ce”

point de vue deux formes. Dans la première, la crise est.

courte, elle dure un ou deux jours et le malade se remet

vite. Dans l’autre la crise dure huit à quinze jours et le

malade se remet difficilement. Il présente une véritable.

convalescence avec signes d’anémie et de dépression.

On a signalé très souvent des crises durant trois!

semaines et plus. Dans un cas de Buzzard la crise a duré neuf mois.

Terminaison. — La terminaison de la crise diffère suivant sa nature. Dans les crises tabétiques pures, en général, la terminaison a lieu brusquement, tout au moins dans les cas de crises peu violentes. Les douleurs et les vomissements cessent tout d’un coup, aussi le malade éprouve-t-il un véritable sentiment de

bien-être. Alors qu'ilne pouvait supporter une cuille-.

rée de liquide sans souffrances atroces et sans augmenter ses vomissements, on voit le malade après la crise manger avec appétit les choses les plus indigestes sans en être incommodé.

Quand la crise a été très violente, la terminaison est moins rapide, le malade ne passe pas sans transition à la guérison complète. On est forcé de l’alimenter avec précaution. Dans ces cas, l’état général du malade: est très touché, l’amaigrissement est souvent très notable

LEnOLEN

- et les forces ne reviennent que lentement. Malgré tout,

au bout de quelques jours, l'estomac recommence à

| fonctionner normalement et le malade se rétablit encore

assez promptement. Sur les 42 cas de Friedenwald et Leitz, la santé générale a été affectée dans 28 cas, elle n’a pas été atteinte dans 17 cas.

Dans d’autres cas, la guérison se fait encore plus mal. Certainement si on se rapporte à l’état de crise, le mieux est évident; néanmoins le malade continue à souffrir plus

ou moins de son estomac, ses digestions sont pénibles

ou douloureuses. Il a des crises d’anorexie, des vomissements. Au lieu de s'améliorer, cet état ne s’amende pas et dure jusqu’à la prochaine crise qui n’est qu’une exacerbation de ces phénomènes. Dans la circonstance, en plus de son tabes, le maladé est un dyspeptique. C’est une dyspepsie d’origine alcoolique ou morphinique; parfois il est atteint d'ulcère ou de cancer. Ces différentes affections gardent leur symptomatologie habituelle, et la cessation de la crise ne peut guère influer sur leurs manifestations.

En général, on peut considérer l'issue immédiate comme favorable.

Pourtant, il faut envisager que si la crise n’aboutit pas souvent à une terminaison fatale, elle n’en est pas moins un sujet d’épuisement pour un malade affaibli. L'inanition qu’elle provoque, les désordres qu’elle peut engendrer du côté du système cardio-pulmonaire, ont une grande importance sur des organismes déjà cachectisés par des crises précédentes dont la répétition arrive

souvent à ne laisser aucun repos au malade.

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