ARGUMENTS PHYSIOLOGIQUES
Si la douleur est le phénomène prédominant, il importe maintenant de connaître quelle peut en être la cause. En même temps, il nous faut rechercher ce qui peut déterminer l’hypersécrétion et le vomissement que nous avons supposé être des phénomènes réflexes engendrés par la douleur. | |
Il est évident que ces phénomènes ne peuvent être conditionnés que par les nerfs de l’estomac. Or, cet -organe est innervé par le prneumogastrique et le sympathique.
Il nous faut donc rechercher au point de vue physiologique le rôle de ces deux nerfs. Si nous démontrons que le pneumogastrique préside aux phénomènes sécrétoires et moteurs, que le sympathique est à ce point de ‘vue un antagoniste du sympathique et qu'il préside surtout aux phénomènes douloureux, nous serons for-
Dérgue
. cés d'admettre que seule, une lésion du sympathiqué,
'" peut expliquer la douleur gastrique, pour nous véritable cause de la crise.
Nous allons donc; en premier lieu, étudier la physiologie nerveuse normale de l'estomac. fl PHYSIOLOGIE NERVEUSE DE L'ESTOMAC. — a) Sécrétion. “ — La pneumogastrique est le nerf sécrétoire le plus
“important. Si l'on excite ce nerf, on peut toujours
-recueillir une certaine quantité de suc gastrique (Pau-
low). Il paraît surtout contribuer à la sécrétion du suc
psychique, car après sa section, la vue des aliments ne fait pas augmenter la sécrétion gastrique, ce qui a lieu chez le sujet non vagotomisé (Paulow, Mme Schournow-
Simanowski, Jürgens, Sanotki). Le pneumogastrique
présiderait donc à la sécrétion du suc normal physiolo-
‘gique, quiprend naissanee dans un estomac FOR
bien.
Lerôle du sympathique dans la sécrétion gastrique
‘est moins bien connu. En tout cas, les sections et les
‘excitations de ce nerf, n’ont jamais rien donné, et Conte-
Jean prétend que c'est un nerf CL AE des sécrétions
“stomacales.
Les ganglions intrastomacaux, paraissent au con-
‘traire, jouer un certain rôle dans la sécrétion gastrique.
: Après la section de tous les nerfs de l'estomac, Conte-
-jean constate qu’il persiste une certaine sécrétion.
b) Motricité. — Si l'on examine la motricité de l’esto-
-mac, on trouve que le preumogastrique est un nerf'essen-
-tiellement moteur. La section du pneumogastrique dimi-
‘nue d'une facon considérable l'intensité des contractions
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de l’estomac. Son excitation produit, au contraire, une augmentation de la fréquence et de l’intensité des mou-
.vements péristaltiques, une contraction des fibres longi- »
tudinales, un relâchement des fibres circulaires au niveau du pylore et du cardia surtout.
L’excitation du sympathique produit, au contraire, un … arrêt des mouvements péristaltiques, une contraction tonique des fibres circulaires, surtout au niveau du cardia et du pylore et le relâchement des fibres longitudinales. (Courtade et Guyon.)
Il faut remarquer ici, que l’action des deux nerfs, est. inverse et que l’excitation du pneumogastrique met. l'estomac dans l’état le plus propre à faire naître le vomissement, tandis que l'excitation du sympathique s'oppose à ce mouvement.
D’après Contejean, les mouvements de l’estomac seraient directement sous la dépendance des ganglions intrastomacaux, tandis que le pneumogastrique et le : sympathique n’agiraient que sur l'intensité et le rythme de ces mouvements, le premier, pour les renforcer, le second, pour-les diminuer.
On peut, dès maintenant, remarquer l’antagonisme qui existe physiologiquement entre les deux nerfs:
Le nerf pneumogastrique est un nerf sécrétoire, tandis que le nerf sympathique inhibe cette sécrétion: le nerf pneumogastrique est un nerf moteur, le sympathique est un nerf d'arrêt.
Dans les deux cas, les ganglions intra-stomacaux, paraissent jouer le rôle du moteur qui marche régulièrement, freiné par le sympathique, accéléré par le paeumogastrique.
Vomissement. — Se basant sur cette conception que … le pneumogastrique est Le nerf sécrétoire et moteur de $ “l'estomac, certains-auteurs ont voulu faire de ce nerf, le - nerf du vomissement. C’est, il. nous semble, donner au preumogasirique une fonction qu'il n'a probablement pas, du moins d'une facon entière.
Récemment, Færster s’est encore élevé contre cette opinion. Tout ce que l’on peutdire, c’est que l'excitation du pneumogastrique met l’estomac dans un état favorable au vomissement en dilatant le cardia, en augmentant les mouvements péristaltiques, en relâchant les fibres circulaires et en contractant les fibres longitudinales.
Nous avons vu de plus que le pneumogastrique était le nerf sécrétoire de l’estomac, son excitation peut donc faire naître l’hypersécrétion. On peut comprendre que cela puisse influer sur le vomissement qui trouve là, en quelque sorte, de quoi exercer son action. L'acte final du vomissement, l’expulsion du contenu de l'estomac, est un phénomène moteur, qui résulte avant tout de l’action combinée du diaphragme, de la presse abdominale et de la musculature œsophagienne. Une grande part dans le vomissement semble donc revenir aux phréniques et aux nerfs des muscles de l’abdomen (Foerster).
Douleur. — Il nous reste maintenant à étudier le rôle du sympathique et du pneumogastrique dans les phénomènes douloureux stomacaux. Dans cet ordre d'idées, tous les physiologistes sont d'accord pour donner une place prépondérante au sympathique. Du reste, les opérations faites ces dernièresannéessur les maladesatteints
de crise gastrique, constituent de véritables expériences,”
et la plupart sont assezconeluantes, pournous permettre”
: d’affirmerle rôle tout à fait prédominant du sympathique …
“dans la conduction de la sensibilité douloureuse. Du.
:reste, les derniers travaux des physiologistes, en parti-…
culier ceux de Neumann et Müller, tendent encore à res-
‘treindre la part du pneumogastrique dans l’innervation… sensitive de l'estomac. Pour ces auteurs, ce nerf ne con- * tiendrait peut-être même pas de fibres sensitives. £
Il nous semble que c’est là. une exagération. Il nous » paraît évident que le pneumogastrique ne conduit pas la. :sensibilité douloureuse, mais ce nerf contient cependant -
un certain nombre de fibres sensitives, qui doivent for- .
cément jouer un rôle dans la sensibilité stomacale. A
cette opinion purement hypothétique, Foerster vient de
fournir quelques arguments. Cet auteur a constaté que, .
dans certaines maladies de l’estomac, en particulier dans les cas d’ulcère, et dans certaines maladies du foie ou
de l'intestin, on voyait apparaître des zones hyperesthé- :
siques, au sens de Head, sur la peau de l’abdomen. Nous verrons en effet, plus loin, que les fibres sym-
pathiques, conduisant la sensibilité viscérale aboutis-
sent au même pointdans le névraxe que les fibres sen-
sitives superficielles du thorax et de l'abdomen. Aussi .
là douleur viscérale irradie-t-elle superficiellement. Dans ces mêmes maladies, Foerster a vu apparaître, dans le domaine dutrijumeau, deszones hyperesthésiées. Get auteur croit que, dans ces conditions, on ne peut penser qu’à une irradiation provenant d’un noyau voisin du trijumeau et contenant des fibres gastro-intestinales