‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 24 sur 54 · LE GS · texte numérisé non relu

LE GS

” sensitives. Pour lui, ce ne peut être que le OPA fasci- * culo-solitaire qui reçoit les fibres du vague.

Nous montrerons plus tard que la théorie de Head ne

… nous paraît pas entièrement justifiée, aussi, quelque in-

génieuse que soit cette observation, elle ne nous satisfait pas entièrement.

. La seconde constatation faite par Foerster nous parait - plus décisive. Cet auteur a pu observer un très grand nombre de cas de sections complètes transversales de la moelle au niveau des cinquième, sixième ou septième segments cervicaux, sections s’accompagnant d’une anesthésie complète jusqu’au bras. Il a alors trouvé, qu’une forte pression sur l’abdomen, provoquait une sensation très nette, comparée par les malades à une sensation de nausée, de mal au cœur. Jamais pourtant les malades n’ont accusé une véritable douleur au sens propre du mot.

Si on analyse cette observation, on voit qu'il estimpossible que cette impression sensible ait pu être transmise par le sympathique et les racines dorsales, puisque ces nerfs aboutissent à la moelle en un point où celle-ci est séparée du cerveau. Seul, un nerf qui pénètre dans la moelle au-dessus de la section, peut conduire cette sensibilité de facon à ce qu’elle soit perçue par le sujet. Ce nerf ne peut être que le pneumogastrique.

Cette observation montre donc que le pneumogasrique n’est pas à proprement parler un nerf de la douleur, ce que pensaient du restela plupart des physiologistes : mais elle montreen plus que le pneumogastrique peut conduire une sensation douloureuse spéciale, la

nausée, et l'on peut penser que ce nerf conduit d’une manière générale les sensations stomacales spécifiques.

En tant qu'il engendre la nausée, le pneumogastrique peut encore exercer une grosse influence sur le vomissement. Nous avons vu déjà qu’il agissait dans ce sens au point de vue moteur etsécrétoire.En provoquant en plus la nausée, on comprend très bien que cette sensation puisse agir d’une façon réflexe sur les nerfs moteurs qui déterminent le vomissement. C'est ainsi que l’on pourrait expliquer l’expérience de Rosenthal qui, par excitation du boutcentral du pneumogastrique, provoque le vomissement.

Rôle vaso-moteur.— En terminant cette étude physiologique, nous pouvons ajouter un mot sur le rôle vasomoteur des deux nerfs. Ils fournissent l’un et l’autre des vaso-constricteurs et des vaso-dilatateurs.

Encequiconcernelesympathique, CI. Bernard, Budge, Vulpian, Dastre et Morat sont d’accord pour dire que la section des splanchniques provoque la dilatation des vaisseaux. Au contraire, l'excitation du bout périphérique du nerf provoque la constriction des vaisseaux.

Conclusion. — Au point de vue des crises gastriques, nous pouvons donc conclure que la douleur stomacale ne peut être expliquée que par une lésion irritative du sympathique. Ce nerf ne doit pas à lui seul provoquer l’hypersécrétion que l’on constate dans la crise, mais il doit agir par voie réflexe sur le pneumogastrique qui est essentiel= lement secrétoire. Le sympathique agit de la même facon sur le pneumogastrique pour provoquer les phénomènes moteurs. Quant aux vomissements, voici com-

… ment on pourrait les expliquer. La douleur sympathique

agit sur le pneumogastrique, qui réagit d’après sa fonction. C'est-à-dire que ce nerf provoque en premier lieu

- l'hypersécrétion, puis les phénomènes moteurs qui lui sont propres et qui préparent l’estomac au vomissement. Il est probable ensuite que l’hypersécrétion gastrique et l’hypermotilité déterminent, grâce au pneumogastrique, la sensation de nausée qui, à son tour, agit par voie réflexe sur les nerfs moteurs du diaphragme et de l'abdomen et fait naître enfin le vomissement.

Il faut remarquer aussi que les ganglions intra-stomacaux jouent un certain rôle dans la secrétion gastrique. Il se peut que l'excitation sensitive du sympathique agisse sur eux et provoque par là de l'hypersécrétion. Comme précédemment, cette hypersécrétion pourrait agir pour déterminer le vomissement, sans que l’on fasse intervenir pour cela le pneumogastrique.

Page 1