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À notre point de vue, il nous semble que les fibres motrces doivent prendre surtout naissance à la base de la racine antérieure et passer en grande partie par la racine postérieure. En effet, dans les poliomyélites avec destruction de la corne antérieure, iln'y a pas de gros troubles sympathiques. On observe seulement un peu de cyanose, maisiln’y a jamais detroubles trophiques articulaires et cutanés, de troubles yaso-moteurs comparables en intensité à ceux qui existent dans la syringomyélie ;: il n'y a pas de mal perforant plantaire et d’arthropathie comme chez les tabétiques. Par conséquent, leur centre n'est peut être pas surtout dans la tête de la racine antérieure, Du reste, les recherches de J.-Ch. Roux et de Laignel-Lavastine tendent bien à faire admettre que la plupart des cellules d’origine se trouveraient tout à fait à la base des racines antérieures, dans la région épendymaire. La plus grande partie des fibres motrices passerait donc par la racine postérieure.
En plus de cela, deux faits sont à retenir. D'abord les fibres motrices venues de la moelle sont toujours entourées d’une gaine de myéline qu’elles ne perdent jamais. En second lieu, elles s’arrètent toujours dans le système ganglionnaire sympathique, soit central, soit périphérique.
Arrivés là, les cylindres axes moteurs s’articulent avec les prolongements protoplasmiques d’une autre cellule, celle-ci sympathique, dont le prolongement cylindraxile va se terminer dans les muscles lisses ou les glandes, après avoirsuiviles nerfs périphériques du système sympathique.
Tous les cylindres axes moteurs sympathiques (ceux
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qui sont nés d’une cellule ganglionnairesympathique) ne suivent pas le trajet que nous venons de décrire. Quelques-uns suivent, au contraire, un trajet légèrement rétrograde. Ils passent par le rameau communiquant gris, prenant pour quelque temps une direction centripète. Après avoir atteint le trone du nerf rachidien, ils suivent ce nerf dans son trajet périphérique, pour fournir des filets nerveux aux parois vasculaires, aux glandes sudoripares et aux muscles redresseurs des poils.
Les nerfs vaso-moteurs destinés aux vaisseaux de la moelle et de ses enveloppes, passent par le nerf sinuvertébral, ce qui fait qu'aucune fibre vaso-motrice, destinée à la moelle et à ses enveloppes, ne peut y arriver par les racines antérieures ou postérieures.
Il faut noter ici que les cylindres axes dont nous venons de parler sont des fibres de Remak, c'est-à-dire des fibres dépourvues de myéline, par conséquent très fines et peu facile à colorer.
Voie sensitive. — Les fibres sensitives sont pour notre étude d’un intérêt beaucoup plus grand. Malheureusement les anatomistes divergent d'opinion à leur sujet. Deux théories sont en présence. La première en date (1894) est celle de Külliker. Pour cet auteur, les cellules d’origine des fibres sensitives se trouvent dans les ganglions spinaux. De là, elles enverraient leurs prolongements protoplasmiques qui, après avo}jr suivi le rameau communiquant gris, passeraient dans le système sympathique périphérique, pour venir se terminer entre les cellules épithéliales des muqueuses, ou dans les corpus-
cules de Pacini des viscères. (Külliker.) Le prolonge-
= 508 ment cylindraxile irait de son côté porter l'excitation à la moelle par la racine postérieure.
Dogiel (1897) place au contraire la cellule d'origine des fibres sensitives dans les ganglions sympathiques périphériques. Les prolongements protoplasmiques de ces cellules iraient, après un court trajet, se ramifier comme précédemment dans les viscères, tandis que Île prolongement cylindraxile, après avoir suivi le rameau communiquant gris, irait s’articuler avec les neurones des ganglions spinaux.
C’est là deux manières de voir bien différentes et il serait important pour notre étude de pouvoir trancher ce différend dans un sens ou dans un autre.
Arguments en faveur de la théorie de Kôülliker. — Expériences de J.-Ch. Roux et Heitz. — Il semble que J.-Ch. Roux et Heitz ont apporté un gros argument anatomique en faveur de la théorie de Külliker. Ces auteurs constatent que l’on trouve dans le sympathique deux variétés de fibres. Les unes sont des fibres de Remak : Ce sont des fibres pâles et difficiles à différencier du tissu conjonctif qui les entoure. Ces fibres : représentent évidemment les prolongements cylindraxiles des neurones sympathiques moteurs; il est inutile de nous en occuper ici.
Les deuxièmes sortes de fibres sont ds fibres à myéline. Gelles-ci sont d’un calibre très variable, On en trouve beaucoup de très petites : Elles représentent évidemment les prolongements cylindraxiles des neurones moteurs de la moelle qui ne se sont pas encore
: interrompus dans les ganglions sympathiques. On sait d’ailleurs que ces fibres à myéline sont les plus petites de tout le système nerveux. Au milieu de ces petites
4 fibres à myéline on trouve quelqués grosses fibres à - myéline. Ce sont ces fibres que J.-Ch. Roux et Heitz ont voulu identifier.
” Pour cela, ils sectionnent chez un chat les racines . antérieures et postérieures (quatrième, cinquième et sixième dorsales gauche).
Ils constatent, après autopsie, que de nombreuses + fibres fines à myéline sont dégénérées, tandis qu’au- \ cune grosse fibre n’est atteinte. Cela prouve que les
neurones d’origine des grosses fibres à myéline ne se trouvent pas au delà du bout central des racines sectionnées.
Dans une autre expérience, ils enlèvent chez un chat les ganglions rachidiens des quatrième, cinquième et sixième dorsales gauche. Le sympathique examiné contenait alors, en plus des fibres fines dégénérées (il était normal qu’il en füt ainsi puisqu'en enlevant le ganglion, l’opérateur sectionnait les racines antérieures et postérieures), un grand nombre de grosses fibres à myéline dégénérées. Il résulte de cette expérience que
» les grosses fibres à myéline ont bien leur centre d’ori-
gine dans le ganglion spinal. Par suite, on est en droit.
de penser que ces fibres sont bien des natures sensitives. L'hypothèse de Külliker se trouve ainsi renfor-
cée par un argument très solide.
Arguments en faveur de la théorie de Dogiel. — II n’en reste pas moins que l’on peut se demander s’il
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n'existe pas en plus, d’autres fibres centripètes, c'est-àdire sensitives, appartenant en propre au système sympathique. En un mot, l'opinion de Dogiel ne gagne rien à cette expérience, mais elle n’est pas non plus détruite. En effet, l’extirpation du ganglion spinal ne peut rien prouver pour ces fibres centripètes sympathiques. Après une telle mutilation, on retrouve bien dans le segment périphérique de la racine postérieure, des fibres à myéline dégénérées, mais il est impossible de se rendre compte si elles proviennent du système sympathique ou du ganglion lui-même. Betcherew
indique que c’est seulement par la section du rameau
communiquant que l’on pourrait solutionner la question.
Certains auteurs (Onuf, Laignel-Lavastine) pensent *
que les racines postérieures contiennent bien réellement des fibres centripètes venues’ du cordon sympathique après avoir traversé le ganglion spinal sans s’y arrêter.
Les expériences de Trouchkowsky paraissent à ce:
sujet assez concluantes; car, après avoir sectionné les rameaux communiquants, il a pu observer des dégénérescenses partielles des racines postérieures. Onuf admet que ces fibres centrifuges se terminent dans la colonne de Clarke. Langley, d'accord avec Trouchkowsky, placerait leur origine dans les ganglions sympathiques rachidiens ; Graupner plus bas dans le ganglion semi