‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 28 sur 54 · APR · texte numérisé non relu

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membres supérieurs, pas de signe de Romberg ni d'in-

coordination; mais on relevait quelques douleurs fulgurantes, une paralysie de la III° paire gauche avec ptosis, le signe d’Argyll-Robertson et surtout des crises gastriques d'une extrême violence avec irradiations épigastriques et abdominales, ayant abouti à une véritable cachexie ; les crises gastriques coïncidaient avec une hyperesthésie douloureuse du thorax et de l'abdomen sur le territoire de D‘ à D, remplacée, en dehors des crises, par des bandes d'hypoesthésie tactile.

À l'examen histologique on trouve, au niveau de la

moelle lombaire et dorsale inférieure, des lésions très

nettes des racines postérieures extra-médullaires et des.

dégénérescences de la bandelette externe. Mais on trouve, à partir de la neuvième. dorsale jusqu'à la première dorsale, des lésions beaucoup plus intenses; les

racines postérieures, en dehors de la moelle, ne pré-

sentent presque plus de fibres à myéline colorables, la bandelette externe est dégénérée, de la zone radiculaire postérieure à la zone cornu-commissurale. Donc lésions des fibres courtes, moyennes et longues.

Même dégénérescence dans la moelle à la région cervicale que dans le cas précédent et en plus éclaircissement du faisceau de Goll, traduisant les lésions des fibres lombaires et dorsales inférieures.

Le troisième cas présentait un tabes plus avancé. Il s'agit d'une femme de 41 ans qui présentait de violentes crises gastriques avec hypoesthésie thoracique, douleurs fulgurantes, abolition des réflexes rotuliens et achilléens, Romberg positif, un peu d'incoordination

des membres inférieurs.

Ici les racines lombaires et sacrées sont déjà malades, donnant des dégénérescences assez accentuées de la moelle: Là encore, les lésions sont beaucoup plus accentuées à par‘ir de la IX° dorsale; les racines postérieures sont complètement sclérosées, les parties concordantes de la moelle sont très dégénérées. R

Par contre, à la région cervicale, les lésions des racines deviennent de plus en plus discrètes. Dans la moelle, même dégénérescence que dans les cas précédents, mais plus accentuée.

Nous pouvons conclure de ces Sbsartatinié que, dans les cas de crises gastriques, les lésions existent surtout au niveau des racines dorsales : qu’elles sont d'autant plus accentuées et étendues que la maladie est ellemême à un stade plus avancé ; enfin, que la lésion se manifeste surtout au niveau de la région moyenne, c'est-à:dire de D‘ à D°. Ces trois cas sont les seuls à notre connaissance où les racines postérieures aient été examinées avec soin chez des sujets atteints de crises gastriques. Il serait à souhaiter qu'un pareil examen fut fait à chaque décès et nous pensons qu'il permettrait de constater toujours les mêmes lésions.

Si maintenant nous appliquons ces données anatomopathologique aux crises gastriques en général, on voit qu'une telle lésion permet d'expliquer d'abord les dégé-

nérescences que nous avons constatées dans la splanchnique et en second lieu tous Les symptômes les plus disparates de cette affection.

1° Cette lésion radiculatre explique Les lésions observées dans le sympathique par J.-Ch. Roux, c'est-à-dire

René GAMBIKER. Pcaxcne Il.

F1G. 2. — Etude à plus fort grossissement d'une partie de la racine postérieure de la coupe précédente.

Jn voit que dans les différents faisceaux de la racine postérieure subsistent, seules, quelques rares fibres à myéline, colorées en noir ; toutes les autres fibres sont en voie de dégénérescence. On constate, en même temps, l'infiltration leucocytaire énorme qui, à l’intérieur de la gaine durale, remplit tout l’espace méningé radiculaire, entourant et dissociant les faisceaux nerveux et provoquant sans doute leur dégénérescence; c’est le foyer de radiculite transverse, où se trouvent irritées les fibres nerveuses qui passent par les racines postérieures pour transmettre à la moelle la sensibilité de l'estomac et celle des nerfs inter-

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R&exé GAMBIER. PLancne III.

Fic. 3. — Tabes. Crises gastriques (IV® dorsale).

Dégénérescence des racines dorsales.

Fic. 4. — Tabes, Crises gastriques (VIe cervicale).

ascendante des racines dorsales. (Même malade que pour les planches I et II).

Dégénérescence

les dégénérescences des fibres fines à myéline. — En effet, le splanchnique est formé en général par les ramicommunicantes des VIe, VII, VIII, IX° dorsales et quelquefois en plus des IVe, Ve et X° dorsales. Comme ces mêmes racines postérieures sont lésées dans le cas de crise gastrique, les fibres fines à myéline qui les traversent pour se rendre par là aux rami-communicantes et au splanchnique, sont atteintes elles aussi. C'est pourquoi nous les avons trouvées dégénérées dans le sympathique. ;

Nous avons déjà vu que la suppression de ces fibres motrices pouvait peut-être jouer un rôle dans les troubles vaso-moteurs et sécrétoires de la crise. La lésion radiculaire explique donc ici et la disparition des fibres motrices et les phénomènes que cette disparition peut faire naître.

2% Elle explique la douleur gastrique par la dégénérescence des grosses fibres à myéline. — En effet, ces grosses fibres à myéline qui ont leur centre trophique dans le ganglion spinal, envoient leur prolongement central à la moelle par la racine et leur prolongement périphérique dans le splanchnique. A la sortie du ganglion, le prolongement central traverse la région lésée de la racine postérieure. C’est là qu’il est atteint par le processus d’irritation qui engendre les dégénérescences que nous avons déjà constatées. Ces fibres sont sensitives; c’est leur irritation qui fait naître les terribles douleurs de la crise. Bien entendu, cette douleur sera gastrique puisque les. racines lésées correspondent à celles où prend nais-

sance le grand splanchnique. Comme cette irritation a

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