‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 4 sur 54 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Laffitte donne une excellente définition des crises gastriques. « Sous le nom de crises gastriques, dit-il, on doit entendre l’ensemble des phénomènes douloureux d’origine gastrique reconnaissant les caractères suivants : début inopiné, durée variable avec paroxysmes, cessation brusque, intégrité des fonctions digestives dans l'intervalle des crises. Ces crises s’accompagnent de vomissements alimentaires muqueux ou sanglants, ne coïncidant pas avec l'ingestion des aliments et se reproduisant sans cause pendant plusieurs heures ou plusieurs jours. » Nous ajouterons ici que nous n'envisagerons dans cette étude que les crises gastriques de nature tabétique. Nous verrons plus loin si ces crises peuvent avoir une autre origine.

Fréquence. — La crise gastrique est un symptôme relativement fréquent du tabes. Dans la statistique générale que Simerka, élève de P. Marie, a fait paraitre, la crise gastrique est notée dans 10 0/0 des cas. Lotheis-

LÉNARES

sen pense que les crises gastriques ne sont pas aussi fréquentes qu'on le croit généralement et s'appuie sur les statistiques de Bernhard de Berlin qui les a trouvé chez 5,2 0/0 de tabétiques. Cependant Eichhorst les à notées dans 36 0/0 des cas, mais comme la plupart des auteurs nous trouvons ce chiffre un peu fort. . Plusieurs auteurs ont observé que les crises gastriques étaient plus fréquentes dans certaines formes de tabes. Buzzard prétend que les crises gastriques surviennent plus fréquemment chez les tabétiques qui plus tard font des troubles articulaires. Sur trente malades présentant cette manifestation, quatorze ont eu des crises gastriques, c’est-à-dire 46,70/0. Eichhorst ne confirme pas Buzzard. Par contre il a été frappé de ce fait, que les tabétiques, atteints de crise gastrique, étaient tourmentés par de très violentes douleurs fulgurantes. Trousseau avait déjà fait cette remarque et en a cité un cas. | Il est de notion courante que la femme syphiitique est plus exposée que l'homme à devenir tabétique et que chez elle le tabes est particulièrement grave. Il est intéressant de noter aussi que chez la femme, la crise gastrique est remarquablement fréquente. P. Marie et Foix constatent que les 2/3 de leurs malades en ont eu eten ont encore, tandis que les autres crises viscérales n'ont été observées que dans 80/0 des cas. Enfin, on a remarqué aussi que les crises gastriques étaient plus fréquentes chez les tabétiques atteints d'affection gastrique, ainsi que chez les femmes enceintes.

Il ne semble pas que l’âge des malades puisse avoir

ee CEA

une grande influence sur cette manifestation. Friedenwald et Leitz ont observé les crises chez des malades d'âge très différents. Leur statistique porte sur des individus de 29 à 64 ans. La plupart des observations restent dans ces limites, qui sont celles du tabes.

De même que le tabes, la crise gastrique est rare chez les personnes jeunes. On l’a pourtant signalée dans des cas de tabes héréditaires, débutant chez des jeunes gens

(18 ans, Camus et Chiray, in Tronc).

Date d'apparition — Ce qui est certain, c’est que la crise gastrique apparait le plus souvent à la période préataxique.

Determann, après examen de 132 cas de tabes incipiens, trouve que les douleurs fulgurantes et les crises viscérales sont les symptômes initiaux les plus fréquents et Goldstein se range à son avis. Sur 224 cas de tabes, A. Fournier a vu douze fois le début se faire par des troubles gastro-intestinaux, soit 6,6 0/0 des cas. Sur 42 cas, Friedenwaldet Leitz, ont vu cinq fois la maladie débuter par des crises gastriques, soit 11,9 0/0 des cas et Rüstel dans 8 0/0 des cas. Kron cependant, publie une statistique un peu moins favorable à cette idée. Sur 256

hommes les crises gastriques sont apparues sept fois

comme symptôme initial et trois fois sur 134 cas fémi-

nins. En tout, les crises gastriques ont été symptôme initial, dix fois sur 390 cas. C’est à peu près une proportion de 3 0/0. Erb donne une proportion encore plus faible, dix fois sur 400 cas, soit 2,5 0/0.

On a observé aussi que la crise gastrique peut rester

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