‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 45 sur 54 · TRAITEMENT MÉDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MÉDICAL

Nous serons extrêmement bref sur le traitement médical de la crise, en général totalement impuissant. Nous renvoyons pour cette question à la thèse de Tronc et à l’article de Cade et Leriche paru dans le Journal médical français du 15 juillet 1912.

Au cours de la crise, on a préconisé les moyens les plus divers. En application locale, les compresses chaudes, la glace, tous les moyens de révulsion connus, les courants continus, les rayons X.

Par la bouche ou le rectum, l’opium et ses alcaloïdes, tous les succédanés de ce médicament ont été recommandés. Il faut faire ici une place à part à la morphine que l’on doit toujours essayer en injection hypodermique, malgré les inconvénients que présente cette médication.

On a aussi essayé les inhalations de nitrite d’amyle qui auraient donné quelques bons résultats. (Pal, Heitz et Norero.)

Nous citerons, un peu moins brièvement, les derniers traitements proposés.

Rôüner a rapporté au Congrès dedelheee qu'il a employé l’adrénaline, six gouttes de la solution à L/1000 dans 20 centimètres cubes d’eau à plusieurs reprises, | jusqu'à cessation des crises. Le résultat a été très bon. | Il est amusant de constater qu’à ce même Congrès, Schuster déclare avoir employé contre les crises gastriques, alternativement, la morphine ou l’eau pure et que les résultats ont été aussi bons d’une facon que de l’autre.

Kôünig (de Greifswald) a tenté d’anesthésier les racines postérieures pendant la crise. Pour celà, il fit, lors d'une crise violente, une injection de 100 centimètres cubes d’une solution de novocaïne adrénaline à 0,50 0,0, dans le dos, entre la sixième et la dixième vertèbre dorsale de chaque côté, au point d'émergence des nerfs. Le malade fut immédiatement soulagé. Ultérieurement, lors d'une nouvelle crise, on répéta la même médication. L'effet fut moins immédiat, mais le malade fut néanmoins très soulagé.

Depuis déjà quelque temps on cherche à agir directement sur les éléments nerveux.

On a préconisé d’abord la ponction lombaire évacuatrice jusqu'à 30 centimètres cubes. Donath et Touche en ont retiré de bons résultats. Babinski, Ravaut, Gastinel et Velter, Sainton, ont obtenu des résultats très inconstants, Mouriquand et Cotte ont vu, après cette intervention, survenir des accidents syncopaux très alarmants.

On a essayé, en plus, d’injecter dans le canal rachidien divers médicaments. Achard, Marinesco, Marie et Guillain, Achard et Laubry ont essayé la cocaïne et ont obtenu quelques améliorations. Sapatch-Sapotchinsky prétend avoir eu sept cas de guérison sur huit cas traités. Par contre, Faisans et Debove n’ont pas vu survenir d'amélioration.

Meltzer et Auer ont préconisé l'injection de sulfate de magnésie. Cette méthode a été expérimentée par Marinesco, Gradinesco, Roger et Baumel. Ces auteurs semblent en avoir retiré des résultats assez bons, voir. même durables.’

Lhermitte et Levy signalent un cas de guérison par une injection de fibrolysine. Sappey rapporte dans sa thèse un cas de crise gastrique amélioré par un traitement mercuriel rachidien. D'autre part, Tinel a eu un cas de mort avec méningite aseptique et coagulation du liquide cephalo-rachidien par une injection de 5 centimètres cubes d’électro-mercurol.

Toutes ces injections (sulfate de magnésie, traitement mercuriel) s’accompagnent de phénomènes réactionnels intenses et d’hyperleucocytose qui, pour Roger et Baumel, favoriseraient la résorption du processus de méningite radiculaire chronique. :

Heym, partant du principe que les crises gastriques sont causées par une accumulation de toxines, injecte du cacodylate de soude. Il a traité ainsi sept cas de tabes avec accès douloureux et a eu des améliorations à partir de la troisième injection.

Claude H. et Cottoni L. ont arrêté une crise par une

injection intraveineuse d’arsénobenzol; depuis, la même médication a été sans résultat.

Enfin, tout récemment, Tinel a obtenu de très bons résultats par les injections intraveineuses d'Enésol à haute dose (30 centimètres cubes par injection). Dans l'intervalle des crises lés efforts doivent porter contre le tabes qui devra être soigné d’une façon aussi énergique que possible. Siles crises sont accompagnées d’un état dyspeptique, l'estomac devra être soigné avec le plus grand soin. En général, le régime lacté devra être institué. (Achard, J.-Ch. Roux.) ,

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