‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 47 sur 54 · TOR · texte numérisé non relu

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la malade est prise de vomissements et de douleurs qui durent

seulement un ou deux jours.

La crise débute par des douleurs extrêmement vives au niveau

du dos et de l’épigastre; elles s’accompagnent d’une sensation

très douloureuse de striction et dé brûlure.

L'intolérancé gastrique estabsolue pourtoute espèce d'aliments. Les vomissements surviennent aussitôt après la douleur et sont

incoercibles.

La crise disparaît brusquement, la malade éprouve une véritable sensation de bien-être. Elle peut alors manger n'importe quel aliment sans douleur ni vomissement. Depuis 6 mois, l’état

de la malade a empiré, les crises reviennent maintenant presque

tous Les deux jours. Dans l'intervalle, elle conserveune sensation douloureuse de striction épigastrique. Aussi setrouve-t-elle dans un état d’amaigrissement et d’affaiblissement extrême.

En dehors de ses crises, la malade a des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs, bien marquées depuis 6 mois.

A cette même époque, sont apparus des troubles de la démarche. Les jambes deviennent maladroïtes et engourdies. La malade éprouve la sensation de marcher sur du coton.

Elle a remarqué aussi qu'elle jetait ses jambes à gauche et à droite. Elle n’est jamais tombée.

Examen physique. — La motricité est intacte aux membres inférieurs comme aux membres supérieurs. La force musculaire est conservée, mais peu intense, à cause d’une grosse atrophie des jambes et des cuisses. Hypotonie très marquée au niveau des membres inférieurs. Il existe une incoordination légère et du signe de Romberg.

Les réflexes achilléens et rotuliens sont abolis. Réflexe abdominal bien conservé. |

Les réflexes des membres supérieurs sont conservés. Pas de Babinski, pas de clonus du pied.

Signe d'Argyll-Robertson très net, un peu d'inégalité pupillaire, myosis.

Quelques troubles de la miction, la malade est obligée de

pousser pour uriner.

Sensibilité. — Au niveau des membres inférieurs, diminution : et même disparition de la sensibilité de la région antéro-externe ‘à de la jambe. ‘A

Au niveau des membres supérieurs, hypoesthésie de la face antéro-externe de l’avant-bras. 8 5

Au niveau du tronc, zone d'hypoesthésie de la IV° à la X* dorsale. | ; 12

La malade se cachectisant de plus en plus, on décide une intervention. | : “TR

OPÉRATION. — Le 21 mai 1912, par le D' Sauvé, qui pra M tiqua l’arrachement des IV, Ve, VIe, VII, VIII: et IXe nerfs

intercostaux. La malade qui a paru très affaiblie par l'opération, |

a succombé trois heures après, sans que l’on puisse se rendre compte s’il y avait simple schock opératoire ou asphyxie due au. pneumothorax. "+

AUTOPSIE. — À l’autopsie, on a constaté, en effet, un pneumothorax d'un seul côté à gauche, mais le poumon droit, uni à la paroi par une symphyse pleurale, était atteint de tuberculose avancée. Aucune autre lésion n’a été rencontrée qui puisse expliquer la mort; il n'existait, en particulier, aucune hémorragie rachidienne ou pleurale. :

Système nerveux. -— Il s’agit, ici, d’un tabes à évolution assez avancée, aussi les lésions anatomiques sont un peu plus complexes que dans les deux cas précédents. |

Les racines postérieures lombaires et sacrées sont déjà très malades ; leur dégénérescence dans la moelle ne se manifeste pas seulement par la dégénérescence de la bandelette externe, mais aussi par un éclaircissement appréciable des zones radiculaires postérieures et des champs postéro-externes. |

Cependant les lésions deviennent encore, dans ce cas, beaucoup plus marquées, à partir de la IX dorsale ; à ce niveau les racines postérieures sont complètement sclérosées; les cordons postérieurs sont extrêmement atrophiés, de même que les cornes postérieures ; les bandelettes externes, les champs postéroexternes, les zones radiculaires postérieures et antérieures sont dégénérées.

| Par contre, à la région cervicale, les lésions des racines postérieures deviennent discrètes ; leur dégénérescence intra-médul- Jaire est minime: mais on voit, comme tout à l’heure, apparaître - nettement, en même temps qu'un éclaircissement marqué du : cordon de Goll, au bord interne du cordon de Burdach, et se - prolongeant jusqu’au bulbe, la même dégénérescence que dans » les cas précédents, plus accentuée même, et correspondant encore aux lésions des racines dorsales supérieures, mais associée cette . fois à un éclaircissement notable du champ des fibres longues

des régions lombaire et dorsale inférieures qui remplissent le : faisceau de Goll, et coexistant même avec une altération légère des fibres cervicales.

Li vi

Voici donc trois cas à peu près superposables, où se rencontre, avec le syndrome des crises gastriques, une majoration, presque une véritable systématisation des lésions tabétiques sur les racines postérieures de la région dorsale, avec dégénérescence de leurs fibres longues jusqu’au bulbe.

Observation IV.

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